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Yougoslavie : les familles de disparus au Kosovo peuvent consulter le nouveau « livre des objets personnels »

08-02-2001 Communiqué de presse 01/05

L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et le CICR ont annoncé, le 6 février 2001, une nouvelle initiative commune dans le cadre des efforts qu'ils déploient pour faire toute la lumière sur le sort des personnes portées disparues suite à la violence ethnique et au conflit qu'a subis le Kosovo. L'OSCE a publié un «livre des objets personnels» pour le Kosovo, qui contient 750 photos de vêtements et d'objets personnels récupérés sur quelque 200 corps qui ont été retrouvés pendant l'année 2000. Le CICR est chargé de mettre ce livre à la disposition des familles des disparus, au Kosovo mais aussi en Serbie et au Monténégro. Selon le CICR, on serait toujours, en janvier 2001, sans nouvelles de 3587 personnes originaires du Kosovo et appartenant à toutes les ethnies.

Le CICR avait publié le premier «livre des objets personnels» l'année dernière en Bosnie-Herzégovine. Jusqu'à présent, des familles ont reconnu des objets qui appartenaient à plus de 80 personnes portées disparues, ce qui a permis de procéder à l'identification formelle des corps. Ces livres complètent d'autres initiatives visant à retrouver la trace des disparus et d'identifier les dépouilles mortelles. Le service de recherches du CICR recueille les demandes formulées par les familles de disparus, soumet les listes aux autorités compétentes et établit une concordance entre ces informations et celles obtenues par d'autres sources. Au Kosovo, cette méthode a permis de mettre 1206 personnes (dont 941 prisonniers visités par le CICR) en contact avec leur famille.

La principale source susceptible de fournir des informations reste les autorités locales ou les groupes armés, auxquels incombent la responsabilité finale d'élucider le sort des disparus. Malheureusement, avec le temps, il est de moins en moins probable que l'on retrouve d'autres survivants. Par ailleurs, l'identification des corps exhumés est une entreprise ardue compte tenu des moyens dont on dispose : pour le seul Kosovo, quelque 600 corps exhumés attendent toujours d'être identifiés. «Le problème des personnes portées disparues est peut-être l'héritage le plus pénible des conflits passés pour la population des Balkans», a déclaré Andreas Wigger, chef des opérations du CICR dans les Balkans au siège de l'institution, à Genève. «Pour le CICR, c'est une priorité absolue, et nous pensons qu'il ne peut y avoir de retour à la paix et à la stabilité aussi longtemps que les familles ignoreront ce qu'il est advenu de leurs proches.»