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Droits de l'enfant

27-04-2001 Déclaration

57ème session de la Commission des droits de l'homme de l'ONU, Point 13 de l'ordre du jour - 27 avril 2001. Déclaration du Comité international de la Croix-Rouge

Monsieur le Président,

Il y a un an, nous nous réjouissions de l'engagement pris par les Etats d'apporter une amélioration à la situation des enfants touchés par les conflits armés. Le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant concernant l'implication d'enfants dans les conflits armés a été adopté. Le nombre de signatures et de ratifications est encourageant.

La communauté internationale démontre sa volonté d'arriver à la Session Spéciale de l'Assemblée Générale de l'ONU en septembre 2001 avec des propositions concrètes et des résultats visant au respect du droit.

A cet effet, Conférences et séminaires se succèdent. Le CICR participe activement à ces Conférences, rappelant sans cesse la responsabilité qui incombe à la communauté internationale et aux Etats de faire connaître et de mettre en oeuvre le droit international relatif à la protection des enfants.

Par la diffusion, certes, de la Convention relative aux droits de l'enfant et du Protocole facultatif, mais aussi et surtout, du droit international humanitaire spécifique aux situations de conflits armés : outre les quatre Conventions de Genève de 1949 et leurs Protocoles Additionnels de 1977 qui assurent aux enfants une protection générale, plus de 25 articles du droit humanitaire leur assurent une protection spéciale.

Comment sinon, faire respecter un droit s'il est ignoré ?

Le CICR est une institution avant tout opérationnelle et pragmatique. Dans cet esprit nos services consultatifs ont augmenté leur soutien aux Etats, ajoutant la Convention relative aux droits de l'enfant, Article 38 et le Protocole Facul tatif concernant l'implication d'enfants dans les conflits armés à leurs activités de mise en oeuvre du droit international humanitaire.

De même le CICR en appelle aux Etats pour que soit signé et ratifié rapidement le Statut de la Cour Pénale Internationale qui qualifie de crime de guerre le recrutement d'enfants de moins de 15 ans.

Les programmes de diffusion du CICR continuent d'être affinés pour inclure la problématique des enfants dans l'enseignement du droit humanitaire aux forces armées, aux forces de police ainsi qu'aux groupes armés non gouvernementaux. Des programmes de diffusion à la jeunesse sont mis en oeuvre, intitulés " explorons le droit international humanitaire " , ou portant à l'attention des enfants le danger que représentent les mines.

L'approche holistique des problèmes des enfants est soutenue par nos opérations sur le terrain où le CICR maintient une approche globale de protection et d'assistance aux victimes des conflits tout en étant attentif aux besoins spécifiques des enfants.

Seul, le respect du droit humanitaire peut prévenir des situations telles que les déplacements de populations qui exposent les enfants à tant de risques et de souffrances et seule une protection assurée à l'ensemble de sa communauté peut assurer à l'enfant sécurité et santé, physique et mentale.

En vertu de ce principe, le CICR poursuit ses activités de secours, d'assistance médicale, d'assistance nutritionnelle, orthopédiques. Il a enregistré près de 300 enfants blessés ou tués par des mines en Bosnie et plus de 540 en Afghanistan. Ces chiffres, pour l'année 2000, ne représentent qu'une petite partie de la réalité. Dans le cadre de ses activités de protection dans le milieu carcéral, le CICR a visité en 2000, 230'590 personnes détenues dans 65 pays, dont 302 filles et 2351 garçons de moins de dix-huit ans. Le CICR continue ses activités d'enregistrement d'enfants non accompagnés et a réuni 2578 personnes à leurs familles. Il développe avec les Sociétés nationales et avec les autres organisations des mécanismes renforçant ce travail et favorise l'échange d'informations au sein du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Des projets de réhabilitation psychosociaux sont en cours sur le terrain, en coopération avec des Sociétés nationales. Pour n'en citer qu'un seul, nous pouvons mentionner le programme développé avec le Croissant-Rouge algérien pour aider les enfants traumatisés par la violence.

Pour conclure, Monsieur le Président, alors que le CICR et le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, maintiennent pour objectif l'élévation de l'âge universel de recrutement à 18 ans, nous insistons sur l'importance d'obtenir dès maintenant le respect des normes du droit international humanitaire : que l'on ne trouve plus d'enfant de moins de quinze ans portant une arme.  

     

     

Merci Monsieur le Président.