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Afghanistan: inquiétude quant à la menace croissante des mines

04-10-2001 Communiqué de presse 01/39

L'Afghanistan est un des pays les plus infestés de mines terrestres et de munitions non explosées. Tandis que des milliers d'Afghans fuiraient les villes pour trouver refuge dans les zones rurales ou se diriger vers les frontières du pays, le CICR craint qu'une telle situation entraîne une forte augmentation du nombre des victimes de mines.

« Depuis le début de la crise actuelle, nous n'avons reçu aucune information concernant d'éventuelles victimes », a déclaré Laurence Desvignes, chef de l'unité du CICR chargée de la prévention contre les dangers des mines. « Et pourtant, beaucoup tentent aujourd'hui de franchir les zones frontières jonchées de mines, ce qui augmente les risques de manière incontestable. » Des conflits antérieurs, comme en Bosnie ou au Kosovo, avaient d'ailleurs déjà révélé que les mines terrestres constituaient une très grave menace, au moment où de très nombreuses personnes se déplaçaient, en particulier sur le bas-côté des routes.

De mars 1998 à décembre 2000, la délégation du CICR en Afghanistan a enregistré 2812 cas de personnes victimes de mines ou de munitions non explosées, dont la moitié étaient des enfants. L'année dernière, il est apparu que près d'un quart des victimes de mines dans le pays étaient des personnes en déplacement, soit parce qu'elles fuyaient la guerre ou la sécheresse, soit en raison de leur mode de vie nomade.

En Afghanistan, les activités du CICR liées aux mines portent principalement sur les soins médicaux, la rééducation physique et les programmes de prévention. Depuis 1994, l'institution soutient le Croissant-Rouge afghan dans ses efforts visant à sensibiliser dava ntage les communautés les plus vulnérables aux dangers que représentent les mines et les munitions non explosées. En étroite coopération avec des organismes spécialisés dans le déminage et d'autres organisations humanitaires, le CICR favorise une approche communautaire où la sensibilisation s'inscrit dans le cadre d'activités humanitaires plus générales.

« En plus des activités de sensibilisation proprement dites, nous nous efforçons de pourvoir à la subsistance de la population afin d'éviter qu'elle ne soit tentée de prendre des risques, a expliqué Laurence Desvignes. Nous espérons que cela aura un impact favorable sur le nombre de victimes. »

Le Croissant-Rouge afghan et le CICR recueillent 85% au moins de l'ensemble des données concernant les victimes des mines dans le pays. Cela est essentiel pour les organismes de déminage et les institutions des Nations Unies, qui sont ainsi en mesure d'identifier et de surveiller les régions les plus touchées, de marquer les zones minées et de mener des activités de prévention contre les dangers des mines, de manière plus efficace.

Avec le soutien du CICR, le Croissant-Rouge afghan a mis en place des équipes mobiles d'intervention rapide chargées de mieux faire connaître les dangers relatifs aux mines et aux munitions non explosées dans les zones touchées. De nombreuses victimes ont été traitées dans des hôpitaux et autres établissements médicaux auxquels le CICR prête son assistance. En outre, le CICR a installé des centres d'appareillage orthopédique à Kaboul, Herat, Mazar-i-Sharif, Jalalabad, Faizabad et Gulbahar ; les victimes de mines terrestres et autres personnes handicapées y reçoivent gratuitement des membres artificiels, des appareils orthopédiques et bénéficient d'une rééducation physique. En 2000, le personnel de l'institution en Afghanistan a produit 4 600 membres artificiels, 6 360 appareils orthopédiques, 10 680 paires de cann es anglaises et 865 fauteuils roulants.

C'est en Afghanistan que le nombre de personnes ayant bénéficié du programme de rééducation physique du CICR a été le plus élevé l'année passée, pour ce genre de programmes dans le monde.