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Promotion de la femme : suite donnée à la quatrième Conférence mondiale sur les femmes

18-10-2001 Déclaration

Suite donnée à la quatrième Conférence mondiale sur les femmes et à la vingt-troisième session extraordinaire de l'Assemblée générale intitulée « Les femmes en l'an 2000: égalité entre les sexes, développement et paix pour le XXIe siècle ». Assemblée générale des Nations Unies, 56e session. Déclaration du Comité international de la Croix-Rouge, New York, le 18 octobre 2001.

Monsieur le Président,
 

Les urgences humanitaires ont un impact différent sur les hommes et les femmes, les adultes et les enfants. Il est vital de le reconnaître et d'y répondre de manière adéquate, afin de s'assurer que les effets des conflits armés sur ces différentes types de victimes ne s'aggravent davantage. Dans ce contexte, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a maintes fois exprimé son inquiétude devant la situation des femmes et appelé pour une attention accrue sur leur sort.
 

Le CICR s'est engagé, lors de la XXVIIe Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, à agir pour promouvoir le respect des femmes dans les conflits armés. Il a également initié, il y a trois ans, une étude sur l'impact des conflits sur les femmes, basée sur la connaissance et l'expérience qu'il a acquises en travaillant avec et en faveur des femmes dans différents contextes.
 

L'étude, intitulée Women Facing War , vient d'être publiée. Le Comité espère que ce travail permettra une meilleure prise de conscience de l'impact des conflits actuels sur les femmes et, tout aussi important, de la protection qui leur est accordée en vertu du droit international. En effet, promouvoir les normes légales pertinentes prévues, en particulier, par le droit international humanitaire, mais également, dans une certaine mesure, par les droits de l'homme et le droit des réfugiés est un préalable indispensable à leur application.

 
 

Monsieur le Président,
 

L'étude tire un certain nombre de conclusions dont le CICR aimerait en partager quelques-unes avec vous aujourd'hui.
 

Tout d'abord, elle montre que les femmes ont une expérience de la guerre à plusieurs niveaux : comme combattantes, comme membres de la population civile ou de part leur condition même de femme. Pour un grand nombre d'entre-elles, la guerre signifie la séparation, la perte de membres de la famille et de moyens de subsistance, un risque accru de violence sexuelle, de blessures, de privations et de mort. La guerre les force à assumer un rôle inhabituel, à renforcer leurs capacités d'adaptation et à en développer de nouvelles. L'étude révèle également que les femmes affrontent les conflits avec un courage et une ténacité remarquables en dépit des terribles dangers et pertes auxquels elles doivent faire face. Il est donc important, afin de mieux les protéger et les assister, qu'elles soient plus directement impliquées dans les mesures prises en leur nom.
 

Bien qu'il soit communément admis que la guerre a des limites, celles-ci sont régulièrement dépassées . Les femmes sont de plus en plus en péril. L'expérience prouve que leur sécurité n'est plus garantie par le respect dû à leur sexe. Les violations croissantes des règles du droit suscitent une question fondamentale : Comment faire respecter la distinction entre civils et combattants afin de prévenir l'augmentation du nombre d'abus ? Répondre à cette question est un défi pour tous.
 

L'étude montre également que si l'on considère les divers régimes légaux applicables, en particulier le droit international humanitaire et celui des droits de l'homme, les règles existantes couvrent globalement les besoins des femmes dans des situations de conflits armés de manière adéquate. L'essentiel réside donc dans la mise en oeuvre des normes en vigueur. A cet égard, les mécanismes de renforcement du droit et la répression des violations sont d'un e importance cruciale. Les récents développements - tant au niveau national qu'international - menés dans la poursuite des responsables de crimes de guerre sont une étape décisive dans la lutte contre l'impunité.

 
 

Monsieur le Président,
 

Le CICR est pleinement engagé à assister et protéger les femmes par tous les moyens qui sont à sa disposition. Cependant, il appartient à tous d'améliorer le sort des femmes dans la guerre. Il est temps que le droit international humanitaire, dont le but est de limiter le niveau de violence dans les conflits, soit mis en pratique.
 

Je vous remercie.