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Bolivie : mission du CICR dans le Cochabamba après la recrudescence de la violence sociale

07-02-2002 Communiqué de presse 02/06

Ces dernières semaines, la campagne d'éradication forcée des cultures de coca lancée par le gouvernement bolivien dans la région de Chapare (département de Cochabamba) a provoqué une augmentation de la violence et se heurte à la résistance des paysans de l'endroit. Vers le milieu de janvier ont eu lieu de nouveaux affrontements entre manifestants cultivateurs et membres des forces de sécurité qui ont fait plusieurs morts et de nombreux blessés. Les autorités ont arrêté un nombre important de personnes accusées d'avoir participé à ces actes de violence. Une équipe de la délégation régionale du CICR à Buenos Aires s'est rendue dans la région du 28 au 31 janvier pour y évaluer la situation humanitaire.

Conformément au mandat de l'institution et sur la base d'un accord permanent conclu avec les autorités boliviennes, les délégués ont visité 54 détenus, dont six femmes. Après avoir constaté les conditions de détention dans les divers centres d'incarcération, les délégués ont fourni une aide matérielle aux détenus.

Les délégués se sont entretenus avec les autorités locales (le préfet de Cochabamba et le directeur de la police nationale, notamment). Ils ont aussi rencontré les chefs paysans de la région et le président des syndicats de « cocaleros » (paysans producteurs de coca), qui à ce moment faisait la grève de la faim pour protester contre sa récente expulsion de la Chambre des députés.

Lors de ces rencontres, les délégués ont souligné les préoccupations du CICR quant aux implications humanitaires des derniers événements. Ils ont insisté sur la nécessité de respecter pleinement les règles et principes d'humanité applicables dans ces situations, et en particulier les normes relatives à l'usage de la force dans les opérations de maintien de l'ordre, au traitement qui doit être réservé aux personnes détenues et au respect dont doivent bénéficier les blessés et les véhicules dûment identifiés qui les transportent. Les délégués ont également pris contact avec la section locale de la Croix-Rouge bolivienne et son groupe de secouristes, lesquels interviennent en cas de manifestation ou d'accrochage entre organisations paysannes et forces de l'État.