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Visites du CICR aux personnes privées de liberté : un mandat reçu de la communauté internationale, exercé partout dans le monde

27-02-2004

 

    Pourquoi visiter les prisonniers ?       |       Rôle du CICR       |       But des visites      
   
 

  Pourquoi visiter les prisonniers ?  

   

Visiter les personnes privées de liberté dans le cadre d’un conflit armé est l’une des principales activités de protection du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

  Le principe des visites est le suivant : les personnes qui sont faites prisonnières ou sont détenues pendant un conflit, ou du fait de celui-ci, sont considérées par ceux qui les ont capturées comme des ennemis. Elles doivent donc bénéficier de l’intervention d’un organisme neutre et indépendant qui s’assurera qu’elles sont traitées humainement et incarcérées dans des conditions correctes, et qu’elles ont la possibilité d’échanger des nouvelles avec leur famille.  

     

Pendant la Première et la Seconde Guerres mondiales, d’innombrables prisonniers – allemands, américains, britanniques, français ou d’autres nationalités – ont bénéficié de ces visites et ont reçu des colis et des messages envoyés par leurs proches. Cette action est toujours menée aujourd’hui, par exemple, à travers les visites aux prisonniers de guerre du conflit entre l’Éthiopie et l’Érythrée, ou au Sahara occidental.

 

   
Humanité, impartialité, neutralité.... 
Le droit international humanitaire – y compris les Conventions de Genève et tous les autres traités protégeant les personnes en temps de conflit – souligne qu’aucune distinction ne doit être faite entre les parties ; qu’il n’y a pas de degrés de traitement humain réservés à certains groupes en fonction de leurs mérites supposés ; qu’il n’y a pas de « bonnes » ou de «mauvaises » victimes, de victimes « méritantes » ou de victimes « indignes » : tous les prisonniers ont droit à un traitement humain. 

  Le rôle du CICR      

Le CICR a été créé il y près de 140 ans pour s’occuper des problèmes d’un groupe spécifique de victimes de la guerre : les soldats blessés. Très vite, cependant, l’institution, dont la neutralité était largement reconnue, a pu établir des listes des prisonniers de la guerre franco-prussienne de 1870. Le simple fait de transmettre ces listes a permis de rassurer des familles qui vivaient dans l’angoisse, et reste au cœur de l’action du CICR en temps de guerre.

Au fil des années, le CICR a intensifié ses activités dans ce domaine, et la communauté internationale lui a explicitement donné pour mandat de veiller à ce que les règles précises qui sont énoncées dans les Conventions de Genève de 1949 soient mises en œuvre. Les prisonniers de guerre sont spécifiquement protégés par ces règles.

Le CICR a aussi le droit reconnu d’offrir ses services en vue de visiter une autre catégorie de personnes détenues lors de conflits et de troubles internes – les détenus que l’on appelle «de sécurité » ou « politiques ». Dans l’immense majorité des cas, le CICR a pu convaincre les parties en guerre à travers le monde de traiter ces détenus conformément aux principes humanitaires définis dans les Conventions de Genève, auxquelles presque tous les pays du monde ont adhéré.

Ce principe a permis au CICR, en tant qu’intermédiaire spécifiquement neutre dans les conflits, d’insister sur la nécessité d’obtenir l’accès aux prisonniers de toutes les parties, que ce soit les forces de maintien de la paix des Nations Unies en Bosnie, les soldats américains en Yougoslavie, ou les soldats britanniques en Irak, pour ne citer que quelques exemples. C’est ce même principe qui régit l’action que mène le CICR en visitant les taliban et les membres d’Al-Qaida aux mains des forces américaines ou afghanes – ni plus, ni moins.

L’expérience a prouvé que le respect des règles humanitaires fondamentales en temps de guerre, outre qu’il prévient ou du moins limite les atrocités, contribue à rétablir la confiance et facilite la réconciliation à l’issue du conflit. Le non-respect de ces règles, en revanche, peut créer un cercle vicieux de cruauté, dans leque l il n’y a pas de vainqueurs.

 

 

  Le but des visites du CICR  

   

Il faut bien préciser que les visites du CICR ne visent pas à obtenir la libération des prisonniers (sauf dans des cas particuliers, pour des raisons strictement médicales et humanitaires).

Les procédures habituelles du CICR, qui sont clairement exposées aux autorités détentrices avant les visites, comprennent l’enregistrement des prisonniers; une évaluation de toutes les installations réservées aux prisonniers ou utilisées par eux ; un entretien sans témoin avec chacun ou avec l’ensemble des prisonniers, pour débattre des problèmes que pourraient poser la manière dont ils sont traités ou les conditions de détention; la distribution de formulaires standard, qui seront utilisés pour rédiger un message à l’intention des proches (après approbation des autorités détentrices, le message sera, dans la mesure du possible, transmis par le CICR). Avec l’accord des prisonniers, les problèmes sont immédiatement soumis aux autorités, pour tenter de les résoudre. 

  Les rapports écrits que le CICR élabore après chaque visite sont remis aux autorités détentrices et ne sont pas destinés à être publiés – en effet, il est plus facile de résoudre les problèmes à travers un dialogue constructif, fondé sur la confiance réciproque, que sous les feux des médias, ce qui comporte inévitablement un risque de politisation. C’est la raison pour laquelle le CICR ne fait pas de déclaration publique sur des questions telles que d’éventuels problèmes relatifs au transport des prisonnie rs ou aux conditions de détention.