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Colombie : Activités de janvier à décembre 2001

04-03-2002

  Visites aux détenus  

     

Le CICR visite les personnes détenues en relation avec le conflit armé, en vue d'évaluer le traitement auquel elles sont soumises et les conditions matérielles de détention. Il fait des démarches confidentielles auprès des autorités compétentes pour s'assurer que le traitement réservé aux détenus et les conditions de détention sont conformes au droit international humanitaire (DIH).

En plus de visiter les lieux de détention, le CICR conduit un programme d’assistance en faveur des détenus, auxquels il fournit ponctuellement du matériel visant à améliorer leurs conditions de détention (articles d’hygiène, matériel récréatif). En outre, le CICR aide à maintenir les liens entre les personnes privées de liberté en relation avec le conflit et leurs proches, dont il prend en charge les frais de déplacement.

Bien que le CICR n’ait pas accès, pour le moment, aux personnes détenues par les groupes de guérilleros, il a pris part, en juin 2001, à la libération de 359 membres de la Fuerza Pública qui se trouvaient aux mains des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie).

Détenus visités par le CICR

3 793

Lieux de détention permanents ou provisoires visités

158

Détenus de sécurité enregistrés ou visités

2 248

Membres de la Fuerza Pública libérés par la guerilla e remis au CICR

  370  

  Messages Croix-Rouge échangés entre membres de la   Fuerza Pública   et leur famille  

  104  

Personnes ayant bénéficié d’une aide financière pour rendre visite à des proches détenus

2 848

Détenus de sécurité libérés ayant bénéficié d’une assistance pour retourner dans leur foyer

91

  Traitements médicaux pris en charge pour des détenus incarcérés dans des prisons du pays  

  51  

Détenus visités pour des raisons de santé

1 005

Détenus ayant bénéficié de l'un des trois projets communautaires menés au sein des prisons

2 391

     

  Protection de la population civile  

     

Le CICR réunit des informations sur les cas de violations du DIH (exécutions sommaires, disparitions de civils, prises d’otages, menaces et déplacements de population, notamment) en vue de les soumettre aux responsables présumés, dans l’espoir de modifier le comportement des membres des groupes armés.

Ces activités de protection sont menées par les délégués, sur le terrain essentiellement, où ils ont des contacts réguliers avec les victimes et les parties au conflit.

Lors de prises d’otages par les groupes armés, le CICR, en sa qualité d’intermédiaire neutre, s'emploie, à des fins strictement humanitaires, à rétablir les liens familiaux grâce aux échanges de messages Croix-Rouge. Il peut également être appelé à fournir une assistance médicale et assurer une présence en cas de libération.

Cas des violations du DIH répertoriés/traités verbalement ou par écrit:

Répertoriés

705

Traités

1 068*

Otages remis au CICR par des groupes de la guérilla ou d’autodéfense

148

Enlèvements dont le CICR a reçu confirmation des groupes armés

62

Messages Croix-Rouge échangés entre des otages et leurs proches

45

* Ces chiffres englobent les dossiers ouverts avant 2001.

  Assistance humanitaire  

     

Le nombre élevé de victimes du conflit armé a incité le CICR à mettre en place différents programmes d’assistance. Afin de répondre aux besoins des personnes déplacées (en masse et cas individuels), le CICR offre, pendant la phase de l’urgence et en fonction de l'évaluation qu'il fait de la situation, une assistance alimentaire et non alimentaire.

En outre, il soutient des projets générateurs de recettes destinés à améliorer les conditions de vie des populations qui se sont réinstallées ou ont regagné leur lieu d'origine. Il apporte également une assistance aux populations locales qui ont été victimes d’événements violents tels que des attaques.

S’il accorde la priorité à l’assistance d’urgence, le CICR élabore également toute une gamme de projets visant à soutenir les efforts que déploie la population civile pour améliorer ses conditions de vie. Y figurent notamment les projets à impact rapide(PIR), qui sont réalisés avec la participation de la communauté bénéficiaire et sont axés sur la mise en place d'infrastructures (écoles, postes de santé) et leur amélioration. Entre janvier et décembre 2001, le CICR a engagé 29 nouveaux projets. Par ailleurs, 29 projets lancés l’année précédente ont été menés à bonne fin. Au total, 45058 personnes en ont bénéficié.

Pour que la population déplacée puisse bénéficier d’aides complémentaires, le CICR coordonne ses activités avec d’autres organisations humanitaires, internationales et nationales, dont le Réseau de solidarité sociale (RSS), l'organisme gouve rnemental chargé de l’assistance aux déplacés. La complémentarité intervient aussi bien en ce qui concerne les types d’assistance fournie (alimentaire, non alimentaire, psychosociale, logement, instruction, papiers d’identité, etc.), que lors des différentes phases de l’assistance (d’urgence, provisoire ou en vue du relèvement). Depuis 1999, le CICR offre des conseils techniques à la «structure de responsabilité décentralisée» de la RSS, à laquelle collaborent des ONG actives dans le pays, ainsi que la Unidad de atención y orientación (Unité d’assistance et d’orientation).

Personnes déplacées assistées (en masse)

66 519

Personnes déplacées assistées (individuellement)

41 053

Personnes réinstallées/rentrées chez elles assistées

4 428

Résidents assistés

2 035

Total des personnes assistées

114 035

Personnes menacées ayant reçu une aide pour se rendre dans un lieu plus sûr

1 631*

* Ce chiffre est inclus dans la statistique relative à la population déplacée

Voir aussi: Assistance humanitaire d’urgence fournie par le CICR en 2001 (tableaux et graphiques)

  Programmes de santé
 

Le CICR offre une assistance médicale aux victimes du conflit armé interne qui n'ont pas accès aux programmes de soins de santé primaires du gouvernement ou dont l’état nécessite des traitements complémentaires.

Les personnes déplacées peuvent bénéficier d'une assistance pendant six mois; celle-ci peut durer jusqu’à deux ans dans le cas des civils blessés.

Les unités de santé mobiles de l'institution facilitent l'accès des personnes résidant dans des zones de conflit aux services de soins de santé primaires. Ces unités interviennent dans les régions d’Atrato, d'Urabá, de Caguán et de Caquetá, dans l’ouest du département de Putumayo et dans le sud de celui de Bolivar.

Civils blessés ayant bénéficié d’une assistance médicale

222

Personnes déplacées malades ayant bénéfi cié d’une assistance médicale

475

Consultations médicales

14 649

Traitements dentaires

3 571

Personnes vaccinées

15 733

Total de personnes ayant reçu des soins dans le cadre de programmes de santé communautaire

33 953

  Diffusion du droit international humanitaire (DIH) – Communication  

     

Pour mieux faire respecter le DIH et en promouvoir la mise en œuvre, le CICR conduit des activités de diffusion diverses auprès, notamment, des parties au conflit, des autorités, des médias et de la population civile.

En outre, le CICR conseille les autorités colombiennes en matière d'intégration du DIH dans le droit national.

Le CICR encourage également l’incorporation du DIH dans les programmes de formation et les procédures opérationnelles des forces armées et de la police nationale. De même, il contribue à la formation d’instructeurs militaires et de police, qui pourront à leur tour assurer celle des membres des forces armées et de la police nationale au droit de la guerre.

Lors des contacts réguliers qu’ils entretiennent avec les groupes armés irréguliers, les délégués du CICR s'attachent à diffuser les principes et les règles du DIH en organisant des discussions et des ateliers.

Le CICR dispense également une formation en DIH aux professeurs d’université, afin qu'ils puissent inclure cette branche du droit dans leur enseignement. Il apporte en outre son concours à des cours de troisième cycle universitaire, des séminaires et des conférences.

En coopération avec la Croix-Rouge colombienne, le CICR mène des projets conjoints de diffusion auprès de la Fuerza Pública , de la jeunesse et de la population civile des zones touchées par le conflit armé.

Le CICR organise des ateliers sur le DIH à l’intention des journalistes, mettant ainsi à leur disposition des informations qui leur permettent de mieux faire connaître le DIH. Enfin, il tient des conférences pour les étudiants en journalisme des différentes facultés des sciences de la communication du pays.

 

 

Nombres de participants

Ateliers, cours et séminaires à l’intention de membres des forces armées et de police

205

9 276

Séances de diffusion auprès des groupes de la guérilla et d’autodéfense

109

2 419

Ateliers de premiers secours/DIH à l’intention de groupes armés

20

315

Séminaires et ateliers s’adressant à des professeurs et des étudiants

63

3 796

Ateliers s’adressant à des journalistes

12

205

Conférences pour les étudiants en journalisme

7

500

  Bureaux du CICR  
 

Afin que ses délégués puissent répondre au mieux aux besoins des victimes du conflit armé, le CICR dispose, en plus de sa délégation de Bogotá, de sous-délégations et de bureaux dans les localités suivantes: Apartadó, Barrancabermeja, Bucaramanga, Cali, Cúcuta, Florencia, Medellín, Pasto, Popayán, Puerto Asís, Saravena, Valledupar, Villavicencio et Yopal.

Bureaux

16

Délégués

57

Collaborateurs colombiens

203

 
 

  Historique  

     

  Mars 1969 : le gouvernement colombien autorise le CICR à visiter les personnes détenues en relation avec le conflit armé (détenus de sécurité).

  Mai 1980 : l'État et le CICR signent un accord de siège, qui sera ratifié par la loi 42 de 1981.

  Novembre 1990 : les autorités colombiennes acceptent que le CICR joue un rôle d'intermédiaire dans la libération de membres des forces de sécurité ( Fuerza Pública ) capturés par la guérilla.

  Août 1991 : la police nationale s’engage à communiquer au CICR les noms des personnes arrêtées en relation avec le conflit armé.

  Octobre 1991 : la Coordinadora guerrillera Simón Bolívar accepte de communiquer au CICR les noms des personnes détenues par les guérillas qui la composent.

  Novembre 1994 : le gouvernement autorise le CICR à établir des contacts avec les mouvements de la guérilla, mais refuse que l'institution noue des contacts avec les groupes d’autodéfense.

  Février 1996 : le Protocole II entre en vigueur en Colombie. Le gouvernement et le CICR signent un proto cole d’accord aux termes duquel le CICR peut se déplacer dans tout le pays, maintenir, à des fins humanitaires, des contacts avec tous les groupes armés, et fournir une assistance humanitaire à tous les civils touchés par le conflit.

  Février 1996 : les autorités militaires et civiles s’engagent à communiquer au CICR les noms des personnes arrêtées sous l'inculpation de délits politiques et à lui assurer l’accès aux lieux de détention, tant permanents que provisoires.