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Le CICR et le conflit sino-japonais (1937-1939)

08-02-2005

Lorsque le conflit latent entre le Japon et le Chine éclate à nouveau, faisant endurer de terribles souffrances à la population civile, le CICR n’est pas autorisé à visiter la plupart des prisonniers, et son appel aux belligérants afin qu’ils épargnent les civils ne sera pas entendu.Le CICR et l'entre-deux-guerres

Le 7 juillet 1937, les troupes chinoises et des soldats japonais - présents depuis 1932 en Mandchourie - s'affrontent près du pont Marco Polo, dans la banlieue de Pékin. Cet accrochage est le prélude à une guerre qui verra l'armée japonaise occuper de vastes territoires en Chine, mais sans jamais réussir à briser la résistance des armées nationaliste et communiste chinoises, et ce malgré les bombardements répétés et indiscriminés auxquels se livra massivement son aviation.   L'action du CICR   Dès août 1937, le CICR offre ses services et ceux des Sociétés nationales soeurs aux Croix-Rouges des deux belligérants; la Société nationale japonaise décline cette offre. Le Comité international décide alors d'envoyer un délégué, Charles de Watteville, à Shangaï. Ce dernier sera remplacé, en novembre 1937, par le Dr Louis Calame, médecin suisse domicilié en Chine.

Visites des hôpitaux et des centres d'accueil  

Durant le conflit, les délégués visitent régulièrement les hôpitaux civils et militaires - situés tant dans les principales villes qu'en arrière des lignes de front - , les centres d'accueil pour les réfugiés et les centres de distribution organisés par la Croix-Rouge chinoise et des organismes d'assistance. Le Dr Calame se rendra, en été 1938, à l'occasion de gigantesques inondations du Fleuve Jaune, dans les provinces du nord de la Chine pour un voyage d'information et pour y constater les dégâts. A l'exception de ce périple de près de 10.000 kilomètres et de la visite à l'île d'Amoy (voir ci-dessous), le CICR ne sera toutefois jamais présent dans les territoires occupés par l'armée japonaise.

Action en faveur des personnes détenues et des populations civiles  

Dans le domaine de la protection des captifs, les résultats des démarches effectuées par le CICR auprès des belligérants - dont l'un, le Japon n'avait pas ratifié la Convention de 1929 relative au traitement des prisonniers de guerre - seront insignifiants. Les délégués ne sont autorisés à visiter qu'une centaine de prisonniers chinois, militaires et civils, détenus sur l'île d'Amoy; 32 autres prisonniers chinois répartis dans deux camps japonais, et 21 captifs japonais. De même, l'appel du CICR, lancé en mars 1938, conjurant les belligérants d'éviter tout bombardement aérien visant des populations civiles de l'arrière de la ligne de front, ainsi que des localités ne constituant pas des objectifs strictement militaires, restera sans écho de la part des gouvernements auxquels ce texte était adressé.

 


Photos

Guerre sino-japonaise 1937-1938. Shangai. Camion de la Croix-Rouge transportant des sinistrés.  

Guerre sino-japonaise 1937-1938. Shangai. Camion de la Croix-Rouge transportant des sinistrés.
© ICRC / hist-03505-25

Guerre sino-japonaise 1937-1938. Shanghai. Bombardement de la gare du Sud.  

Guerre sino-japonaise 1937-1938. Shanghai. Bombardement de la gare du Sud.
© ICRC / hist-03332-06.jpg