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Colombie: l'action du CICR de janvier à septembre 2002

30-10-2002 Point sur les activités

  Situation à fin septembre 2002  

     

  SITUATION GENERALE

Le conflit s’est intensifié depuis le début de l’année et la situation ne semble pas s’améliorer.
 
Les déplacements forcés, aussi bien de personnes que de communautés entières, sont de plus en plus fréquents à travers le pays. La situation de la population locale se détériore dans les zones de conflit, les parties belligérantes généralisant le blocus qu’elles imposent sur les vivres et les médicaments.
 
  Au cours du premier semestre 2002, près de 100 000 nouveaux déplacés internes (plus de 21 000 familles) ont bénéficié d’une assistance alimentaire et non alimentaire, ce qui représente une progression de 80 % par rapport à l’année précédente.  

Le CICR visite actuellement 3 850 détenus, parmi lesquels 710 ont été enregistrés ou visités pour la première fois cette année. En outre, la délégation fait des démarches confidentielles auprès des autorités concernées au sujet d’allégations de violations du droit international humanitaire (DIH). Plus de 500 nouvelles allégations ont été portées à la connaissance du CICR au premier semestre 2002.

Le CICR est présent en Colombie depuis 1980. Par le biais des 17 antennes (délégation, sous-délégations, bureaux) qu’il compte dans le pays, il couvre toutes les régions touchées par le conflit et entretient des contacts avec toutes les parties belligér antes.

  PERSONNEL : 279 collaborateurs, dont 59 expatriés.

     

  ACTIVITÉS DE PROTECTION  

     

  Prisonniers et détenus  

À l’heure actuelle, le CICR visite 3 850 détenus dans 110 lieux de détention. Depuis le début de cette année, 710 détenus ont été visités ou enregistrés pour la première fois.

Pour contribuer au rétablissement ou au maintien des liens familiaux, le CICR a pris en charge les frais de voyage de 1 558 personnes, qui ont pu ainsi rendre visite à des proches en détention.

En plus d’apporter une assistance médicale directe aux détenus gravement malades, le CICR soutient les efforts engagés par les autorités pénitentiaires pour mettre en place des programmes de santé pour l’ensemble de la population carcérale.

Le CICR n’a pas encore été autorisé à visiter les membres des forces armées et de la police aux mains de groupes de la guérilla mais il a pu, dans 36 cas, faciliter l’échange de messages Croix-Rouge avec leurs proches.

  Population civile  

Les délégués du CICR continuent à faire des démarches confidentielles auprès des parties au conflit au sujet d’allégations de violations du droit international humanitaire, pour mettre un terme à de tels actes et éviter qu’ils ne se reproduisent.

Depuis le début de l’année, le CICR a soumis aux parties au conflit 504 allégations qui avaient été portées à sa connaissance ; par ailleurs , il assure le suivi de 365 autres cas signalés antérieurement.

Parallèlement aux démarches qu’il fait auprès des parties au conflit sur la question des prises d’otages, le CICR mène, à la demande des familles et si la situation le permet, des activités humanitaires en faveur des otages. Le CICR s’emploie en particulier à :

  • les localiser ; 

  • rétablir les liens familiaux grâce à l’échange de messages Croix-Rouge (28 au cours du premier semestre 2002) ;

  • leur procurer des médicaments – et même à leur rendre visite avec un médecin – s’ils souffrent de problèmes de santé graves ; 

  • faciliter, en sa qualité d’intermédiaire neutre, le retour dans leur foyer après leur libération (plus de 40 cas depuis janvier 2002).

     

  ASSISTANCE  

     

  Secours  

Durant le premier semestre, 97 531 nouveaux déplacés internes (21 628 familles) ont bénéficié d’une assistance alimentaire et non alimentaire, ce qui représente une progression de 80 % par rapport à l’année précédente.

Pendant la même période, des vivres et des secours non alimentaires ont été remis à 3 896 people (1 185 familles) vivant dans des zones de conflit, notamment celles qui sont soumises aux blocus imposés par les parties belligérantes. Quelque 990 personnes réinstallées ou ayant regagné leur foyer (278 familles) ont bénéficié de projets générateurs de recettes dans le secteur de l’agriculture ou reçu des vivres et des secours non alimentaires.

Dix-neuf projets dits « à impact rapide » – notamment, quatre écoles, une cantine scolaire, un poste de santé, une bibliothèque et un centre communautaires, et deux projets générateurs de recettes – ont été menés à bien dans les régions rurales de huit departamentos (régions administratives). En outre, 29 projets de ce genre sont en cours dans 17 autres sites.

  Santé  

Des unités de santé mobiles sont à l’œuvre à Urabá (Croix-Rouge de Norvège), Sur de Bolivar (Société canadienne de la Croix-Rouge), Caquetá (Croix-Rouge allemande) et Putumayo (Croix-Rouge suédoise), où elles dispensent des soins médicaux aux communautés vivant dans les zones de conflit. Pendant la période considérée, ces unités ont donné quelque 9 400 consultations médicales et plus de 1 700 consultations dentaires. Près de 5 400 personnes ont été vaccinées. En outre, les unités ont mené des activités de promotion de la santé et de prévention des maladies, et tenu 238 séances d’information pour plus de 8 000 personnes. 

Cette année, le CICR a intensifié son programme d’accompagnement du personnel médical gouvernemental dans les zones de conflit, afin que les communautés rurales puissent bénéficier de soins de santé. Après avoir obtenu des parties au conflit les garanties de sécurité nécessaires, le CICR accompagne les équipes du ministère de la santé. Six opérations de ce genre ont été conduites dans les départements de Cauca, Córdoba, Sucre, Cesar et Norte de Santander, où quelque 1 600 consultations ont été données et 2 395 personnes ont été vaccinées.

     

  COMMUNICATION ET PROMOTION DU DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE  

Par le biais de ses services consultatifs, le CICR a soutenu la ratification du Statut de Rome de la Cour pénale internationale ainsi que l'adoption d'une législation nationale en vue de la mise en œuvre du traité d'Ottawa sur les mines antipersonnel. D'autres projets en cours visent la ratification de traités internationaux relatifs aux droits de l’enfant et aux biens culturels.

En vue de renforcer la mise en œuvre du DIH par les organismes d'État compétents, la délégation a organisé 18 séminaires de deux jours à l'intention de 500 juristes du Bureau du procureur général et de celui du défenseur du peuple.

Le CICR œuvre en outre à l'intégration du DIH dans la doctrine et l'instruction des forces armées. Il est aussi en train de négocier un plan global d'intégration avec le ministère de la Défense et l'état-major des forces armées.

Une démarche analogue est conduite auprès des forces de police qui pourraient être amenées à jouer un rôle dans le cadre du conflit armé. C'est ainsi que 20 instructeurs en DIH des unités anti-insurrectionnelles ont été formés cette année.

Sur le terrain, des contacts eu lieu régulièrement et des séances de diffusion sur le mandat du CICR et le DIH ont été organisées pour 2 300 officiers des forces armées – chefs de division, de brigade ou de bataillon – et 600 officiers de police. Des séances du même type ont été tenues à l'intention des combattants de la guérilla et des autodefensas , afin de faire mieux connaître et accepter le CICR et son action.

Des projets visant à inclure le DIH dans les programmes d'études universitaires, à travers la formation des enseignants, sont en cours dans sept universités à Cali, Tunja et Armenia. Un appui technique est fourni au titre de la révision des programmes et de l’intégration du droit humanitaire.

Pour promouvoir le débat sur les questions humanitaires et encourager une analyse objective du conflit par les principaux médias, le CICR a fait des présentations à quelque 700 journalistes dans huit centres régionaux ainsi qu’aux étudiants d'une faculté des sciences de la communication de Medellín.