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Du numéro matricule au code génétique : la manipulation du corps des tués de la guerre en quête d'identité

31-12-2002 Article, Revue internationale de la Croix-Rouge, 848, de Luc Capdevila et Danièle Voldman

L'article retrace l'histoire récente des tués de la guerre à travers leur identification et leur dénombrement ainsi que le traitement réservé aux dépouilles. Aujourd’hui des fosses sont ouvertes et les anthropologues et les médecins examinent les restes des cadavres afin d’établir les conditions du décès. Dans cette perspective, les tombes de soldats inconnus risquent d'être remplacées par des monuments à la mémoire de civils non-identifiés.

     

Luc Capdevila et Danièle Voldman,
Luc Capdevila est chercheur au Centre de Recherche Historique sur les Sociétés et les Cultures de l'Ouest européen (Université-Rennes 2) et Danièle Voldman est directrice de recherche à l'Institut d'Histoire du Temps Présent (CNRS). Ils viennent de publier un ouvrage intitulé, Nos morts. Les sociétés occidentales face aux tués de la guerre (XIX - XX siècles), Payot, Paris, 2002. 
                   
Résumé 
    À partir du milieu du XIXe siècle, les grands principes du traitement des cadavres et d’une comptabilité des morts du champ de bataille étaient inscrits dans les codes militaires réglementant les armées en campagne. Les autorités militaires et civiles procédèrent à la collecte officielle des effets des morts et à leur enregistrement : les corps devaient être recherchés, identifiés, protégés des pillages et des mauvais traitements. À partir du début des années 1920, en Europe et aux États-Unis, sont apparues des tombes contenant des restes non identifiés, pleurés sous le nom de “soldats inconnus” et progressivement des trésors d’intelligence et d’énergie furent mobilisés pour assurer, dans toute la mesure du possible, un traitement individualisé des corps des morts. Les procédures mises en places étaient peu à peu étendues aux civils. Aujourd’hui dans les Balkans, ou en Argentine, des fosses sont ouvertes, des restes sont exhumés, des anthropologues et des médecins examinent corps, restes et ossements, afin d’établir les conditions du décès, mais les tombeaux des soldats inconnus risquent néanmoins d'être remplacés par des monuments à la mémoire des civils non-identifiés.  
       
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