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Le conflit de la Haute-Silésie (1921)

01-02-2005

À la fin de la Première Guerre mondiale, les communautés polonaise et allemande de Haute-Silésie – région située entre les deux pays – entrèrent en conflit sur la question de leur futur statut. Cette situation conduisit le CICR à intervenir en qualité d’intermédiaire neutre, et ce, en dépit de l’absence de cadre juridique.

Une commission interalliée, constituée par les puissances alliées, s’efforça de rétablir l’ordre. Elle ne parvint cependant pas à résoudre les problèmes humanitaires qui se présentaient, notamment ceux liés au sort des prisonniers de l'une et l'autre parties et celui, incertain, des civils isolés par les combats

La Commission interalliée et les deux partis adverses marquèrent leur accord pour que le CICR intervienne. Quant aux commandants d’origines allemande et polonaise, ils acceptèrent aussi de respecter les dispositions de la Convention de Genève de 1906, alors qu’ils n’étaient pas strictement tenus de le faire.

Deux délégués furent envoyés dans la région, où ils purent visiter les prisonniers, en particulier les détenus de souche polonaise qui avaient été transférés en Allemagne. Leurs conditions de détention se révélèrent tellement mauvaises que le CICR demanda leur libération. La Commission ne pouvant pas, pour des raisons juridiques, être associée aux opérations de libérations, c’est le CICR qui les organisa. Elles permirent à quelque 1 800 prisonniers des deux camps de retrouver la liberté.

Les délégués du CICR travaillèrent en outre aux cotés des Croix-Rouges allemande et polonaise pour répondre à des demandes de recherches concernant des prisonniers ou des personnes portées disparues. Sur plus de 5 600 cas, plus de 5 000 furent résolus avec succès.

Pour alléger la situation difficile des civils allemands qui n'avaient pas accès aux distributions de vivres, les délégués du CICR assurèrent l’évacuation par trains spéciaux des femmes et des enfants, ainsi que des malades et des personnes âgées.

Bien que de courte durée, l’intervention du CICR en Haute-Silésie préfigurait le genre d’activités que l’institution serait toujours davantage appelée à mener dans les situations de conflit interne, qui toucheraient de plus en plus souvent la population civile.