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L'action du CICR au Burundi en 2004

01-03-2005

Les accords de paix et de cessez-le-feu signés entre le gouvernement et différents partis et mouvements politico-militaires commencent à produire des effets sur la situation sécuritaire et humanitaire du Burundi. Le CICR a profité de ce climat favorable pour se redéployer sur tout le territoire du pays.

Situation générale
 

Les différents accords de paix et de cessez-le-feu signés entre le gouvernement et différents partis et mouvements politico-militaires commencent à produire des effets sur la situation sécuritaire et humanitaire du Burundi. Une grande partie du pays est, pour le moment, épargné par la violence, et les productions agricoles retrouvent petit à petit un niveau normal. Le cheptel se reconstitue. L'irrégularité de la pluviosité en 2004 est néanmoins à l'origine de la diminution des récoltes dans certaines provinces du pays.

Le CICR a profité de l'amélioration du climat politique pour se redéployer sur tout le territoire où il s'applique, en collaboration avec les structures nationales (REGIDESO et DGHER), à approvisionner les milieux urbains et ruraux en eau potable. Il donne également son appui à quelques associations paysannes dont le but est d'améliorer la sécurité économique des familles les plus vulnérables, durement affectées par plus de dix ans de conflit armé.

 

© CICR 
   
 
           
Protection des personnes civiles et victimes de guerre 
   
Rétablissement des liens familiaux 
En 2004, 147 enfants ont été réunis avec leur famille au Burundi et à l'étranger. Pour les deux premiers mois de 2005, sept enfants ont pu retrouver leur famille. Le travail se poursuit pour trouver au Burundi les familles de 331 enfants non accompagnés se trouvant dans des camps de réfugiés en Tanzanie ; dans ce cadre, un programme a été lancé à la radio nationale du Burundi.

Vingt-trois enfants soldats burundais démobilisés au Sud-Kivu (RDC) ont également été réunifiés avec leurs familles au Burundi.

Depuis le début de l'année 2004, plus de 4000 Messages Croix-Rouge ont été échangés.

 
Assistance en faveur de femmes victimes de violences sexuelles 
La rédaction du Manuel de formation pour la prise en charge globale des victimes de violences sexuelle par les prestataires de soins a été validée ainsi qu'un protocole national de la prise en charge médicale et une approche multidisciplinaire. En s'appuyant sur le manuel, L'équipe " Femme et violence " du CICR a participé pendant 5 jours à la formation de 30 formateurs du ministère de la Santé.

L'équipe " Femme et violence " a également formé 130 agents communautaires dans les quartiers Nord de Bujumbura pour lutter contre les violences sexuelles.

 
Assistance aux hôpitaux 
Le CICR a fourni une assistance en matériel pour la prise en charge des blessures de guerre, des césariennes et du VIH/SIDA à 6 hôpitaux des provinces Bujumbura, Kayanza, Ngozi et Gitega. Il assiste les hôpitaux de Bujumbura en matériel de soins et continue à superviser les soins aux blessés issus de l'attaque du camp de réfugiés de Gatumba, à la frontière avec la République démocratique du Congo.  
Eau et assainissement 
 

Le CICR collabore avec les structures nationales oeuvrant en milieu rural (DGHER) ou urbain (REGIDESO) pour approvisionner la population en eau potable.

 
Milieu rural 
Province de Ngozi (Nord)
 
Dans la commune de Busiga, le réseau Nyamitotoma, l'alimentation électrique, les captages de sources et les ouvrages de génie civil ont été réhabilités (6000 bénéficiaires). Le captage de sources a été réalisé pour le réseau Kigina en commune de Mwumba (10'000 bénéficiaires).
 

Province de Gitega
 

Le captage de sources dans la commune de Ryansoro (7000 bénéficiaires) est achevé. La construction de sources aménagées s'est poursuivie. Le centre de santé de Buhinda, en commune Itaba, a été réhabilité et une extension de l'adduction d'eau a été réalisée jusqu'à l'école primaire du même site (4000 bénéficiaires).

Province de Bururi
 

La conduite d'approvisionnement du réseau de Shohwe (commune de Rutovu) a été réparée (2000 bénéficiaires), tandis que la réalisation d'une extension et la réhabilitation des ouvrages de génie civil ont été étudiées.

 
Milieu urbain 
Province de Bururi (Sud)  
© CICR 
   
Station de pompage de Kamenge. 
        Sur le site de la commune de Rumonge, deux forages d'une profondeur d'environ 50 mètres ont été réalisés (50000 bénéficiaires) et un réservoir métallique surélevé de 240 mètres cubes construit. Une installation mobile de traitement de l'eau et deux réservoirs ont été installés dans les quartiers touchés par le choléra.
 

Province de Kayanza (Nord)
 

Une station de pompage et des réservoirs ont été construits. La connexion avec le réseau déjà existant donne à 25'000 bénéficiaires de l'eau en suffisance.

Bujumbura (Ouest)
 

En prévision d'une augmentation de la demande en eau potable dans les quartiers Mutanga-Nord et Kamenge, en ville de Bujumbura, la construction du nouveau bâtiment de la station de pompage est achevé.

 
Sécurité économique 
   
© CICR / Thierry Gassmann réf. BI-N-00069-23 
   
 
         

Après évaluation, le CICR a défini cinq projets visant à améliorer la sécurité économique de la population dans les communes de Buraza (Gitega), Gahombo (Kayanza) et Mwumba (Ngozi), en étroite collaboration avec l'administration locale et la population. Deux marais ont été aménagés de sorte que les exploitants puissent aussi les cultiver pendant la saison des pluies. Les 1515 ménages concernés ont bénéficié de semences, d'engrais, d'outils et d'une ration de nourriture (ration de protection de semences) pour la saison 2005 A.

Trois centres semenciers ont été établis en collaboration avec des associations locales afin d'améliorer la disponibilité en semences de qualité. En plus de semences, ces associations ont reçu des engrais et du matériel agricole afin d'assurer leur propre fonctionnement. Elles sont encadrées par le CICR et l'agronome communal. Neuf cents ménages parmi les plus vulnérables ont bénéficié d'une assistance agricole (semences, engrais, outils et ration de protection de semences) pour la saison 2005 A.

Le CICR a ainsi distribué à 2'564 ménages, pour la saison 2005, 43 tonnes de semences vivrières (pommes de terre, haricots, maïs et riz), 108 tonnes de semences maraîchères (tomates, aubergines, poivrons, choux et piments), 61 tonnes d'engrais, 85 tonnes de fumier, 2564 houes et 128 tonnes de farine de maïs, plus de 5 tonnes de haricots et 25'640 litres d'huile de palme. Une deuxième distribution de nourriture a été effectuée en décembre 2004 pour 2264 ménages vulnérables.

 
Personnes privées de liberté 
   
© CICR / Thierry Gassmann réf. BI-N-00077-15 
   
 
         

Les délégués du CICR ont visité les prisons centrales et les lieux de détention transitoire sous la responsabilité de la Direction générale des affaires pénitentiaires (DGAP), de la gendarmerie, de la police de sécurité publique (PSP) et de la police Judiciaire des parquets (PJP) avec pour objectif d'évaluer les conditions matérielles et le traitement des détenus.

Le CICR a continué à assister 80 pour cent de la population carcérale avec des médicaments de base dans 6 prisons. L'organisation a aussi travaillé avec les autorités et le personnel de santé pour améliorer l'accès des détenus aux soins de santé. Avec la Society of Women against Aids in Africa, elle a poursuivi un programme de sensibilisation à la problématique du VIH/SIDA dans les trois plus grandes prisons et a œuvré pour que les détenus aient accès au dépistage volontaire et à la prise en charge médicale.

Le CICR a réhabilité une partie des infrastructures (toilette s, systèmes d'évacuation des eaux usées, stockage d'eau et cuisines) dans les prisons de Bubanza, Bujumbura, Bururi, Muramvya, Rumonge et Rutana. Des équipes de détenus ont été formées pour assurer la maintenance des lieux dans les prisons de Bubanza et de Muramvya. Les prisons ont été reçues du matériel d‘assainissement et leur désinsectisation annuelle a été facilitée. Des savons et des couvertures ont été distribués à tous les détenus. Ceux parmi eux qui souhaitaient participer au programme d'alphabétisation dans les prisons ont reçu des cahiers.

 
Prévention 
   
Forces armées et police 
Le CICR a poursuivi sa collaboration avec le ministère de la Défense en facilitant l'envoi de quatre officiers en Italie pour suivre des cours de DIH au centre de San Remo. Au Burundi, deux séminaires sur le DIH ont été animés à l'intention de 56 officiers des Forces armées.
 

Le groupe de travail chargé de rédiger le règlement des Forces armées pour l'intégration du DIH dans l'instruction militaire a reçu et continue de recevoir le soutien du CICR.

Avec l'appui du CICR, deux séminaires d'une semaine chacun ont été organisés par le ministère de la Sécurité publique à l'intention de 24 élèves officiers de l'École nationale de police et de 18 membres de l'état-major intégré de la police. Vingt-six formateurs de la nouvelle police nationale ont, quant à eux, bénéficié de dix jours de formation en janvier 2005 sur le contenu des modules de la publication Servir et Protéger éditée par le CICR.

Des responsables de lieux de détention, dans différentes provinces du pays, ont assisté à des séances de présentation du droit international humanitaire (D IH) en relation avec les droits des personnes détenues.
 

 
Société civile 
L'intégration du programme Explorons le droit humanitaire dans l'enseignement du civisme à l'école secondaire se poursuit. Trois cent vingt-neuf enseignants des écoles secondaires publiques ont été formés au contenu et à la méthodologie d'enseignement de ce programme en 2003 et 150 autres l'ont été en 2004. Les kits complets EDH ont été remis à chacun des 17 directeurs provinciaux de l'enseignement, ainsi qu'aux quatre inspecteurs régionaux, afin que le suivi dans les écoles soit facilité.
 

Grâce au soutien du CICR, deux cadres du ministère de l'Éducation nationale ont pu participer en juillet 2004 à la Conférence panafricaine des responsables de l'Éducation sur le programme Explorons le droit humanitaire (EDH), à Johannesburg en Afrique du Sud.

Les universités privées commencent à allouer des moyens pour l'enseignement du DIH, comme le fait déjà concrètement l'Université du Burundi depuis quelques années. Une bibliothèque constituée de livres de DIH a été remise à chacune des cinq universités qui en ont fait la demande.

 
Coopération avec la Croix-Rouge du Burundi 
 

L’objectif du programme de coopération avec la Croix-Rouge du Burundi (CRB) est, en collaboration avec la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge, de lui donner les moyens d'être un véritable auxiliaire des pouvoirs publics et un partenaire fiable dans la future mise en œuvre de projets.

Depuis fin 2004, la CRB est en plein processus de restructuration. Toutes les provinces ont été visitées pour informer l es représentants des communes sur la Croix-Rouge en général et sur le futur de la Société nationale.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a établi en 1993 une délégation permanente au Burundi. Elle a son siège à Bujumbura et dispose de trois sous-délégations, à Gitega, à Ngozi et à Rumonge. Elle emploie 25 expatriés et 133 employés locaux (2005).