Yalemwork : « Grâce à l’orthopédie, des familles entières sortent de la pauvreté… »
27-05-2005 Éclairage
Yalemwork Yitayew Kebede, 22 ans, est la première et la seule technicienne orthopédiste d’Éthiopie. Elle a été formée par le CICR à Addis-Abeba et commencera bientôt à travailler dans un nouveau centre de rééducation physique, à Bahir Dar.
Grâce à l’orthopédie, des familles entières sortent en effet de la pauvreté, dans une certaine mesure, du moins. Une prothèse, ou tout autre appareil orthopédique, permet aux gens de subvenir aux besoins de leur famille et d’être utiles à leur communauté et à la société, beaucoup plus aisément. Aussi insignifiant que cela puisse paraître, parcourir une longue distance à pied pour aller chercher de l’eau est une manière utile de contribuer à la vie familiale. Quoi qu’il en soit, je sais bien que cela change la vie de pouvoir remarcher.
En tant que femme, il m’a fallu du courage pour me lancer et devenir la première (et la seule !) technicienne orthopédiste d’Éthiopie. Aujourd’hui, je suis très contente, mais, compte tenu des codes de conduite traditionnels en vigueur dans notre société, ça n’a pas toujours été évident : pendant la formation, tout d’abord, d’être la seule fille au milieu de garçons ; puis, lorsque j’ai commencé à exercer, avec les patients de sexe masculin. Petit à petit, j’ai surmonté mes appréhensions. Surtout qu’ensuite, j’ai eu le plaisir de voir combien les patientes femmes étaient reconnaissantes d’être prises en charge par une personne de leur sexe.
Épreuves et souffrances
Pour devenir technicien orthopédiste, il faut de solides connaissances théoriques et pratiques. C’est un métier pluridisciplinaire, qui exige de la personne qui l’exerce non seulement d’être capable de choisir l’appareil à prescrire de manière adéquate, mais également de savoir le fabriquer et d’avoir les compétences suffisantes pour former à son tour d’autres techniciens. Un orthoprothésiste devra aussi pouvoir se mettre dans la peau de la personne qui a connu des épreuves et des souffrances de tout genre, pour mieux la comprendre. C’est une profession qui demande donc d’avoir non seulement de la cervelle, mais aussi du cœur et de l’esprit.
Les difficultés qu’une femme doit surmonter tout au long de la formation pourraient bien décourager plus d’une Africaine de choisir cette profession. Je dois toutefois reconnaître qu’avec un peu de recul, c’est d’autant plus gratifiant.
J’aimerais donc encourager d’autres femmes africaines handicapées à se lancer et à saisir l’occasion de devenir orthoprothésistes. Je suis convaincue que leur expérience personnelle du handicap pourrait être une véritable stimulation et qu’elles seraient très à leur place pour aider les autres à su rmonter les difficultés liées à leur infirmité.
J’ai personnellement eu beaucoup de chance d’avoir pu suivre le programme de formation soutenu par le CICR. La chance, tout d’abord de faire des études, mais avant tout de pouvoir aujourd’hui alléger les souffrances de mes semblables et les aider à mieux vivre. »
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