Liban/Israël : ce sont les civils qui payent le prix du conflit
15-08-2006 Conférence de presse
Jakob Kellenberger, président du CICR, a déclaré que les civils étaient les premières victimes du conflit entre Israël et le Hezbollah. Dans une conférence de presse organisée à Genève au retour de sa visite au Moyen-Orient, M. Kellenberger a réclamé un meilleur accès aux personnes qui ont le plus besoin d’aide humanitaire au Sud-Liban.
Sélection de photos du Liban et d'Israël (haute résolution)
Lors de la conférence de presse qui a été organisée quelques heures après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, le président Kellenberger s’est félicité de l’évolution de la situation.
« Mon grand espoir est que la situation que l’on connaît depuis ce matin nous permette d’accéder plus facilement à tous les civils qui ont besoin d’aide. »
L’objectif du CICR au Liban d’ici la fin de l’année est de venir en aide à au moins 200 000 déplacés et résidents vulnérables en leur apportant de la nourriture et d’autres secours essentiels.
L’institution a comme autre objectif de distribuer de l’eau potable à un million de personnes, et d’apporter un soutien à des installations médicales utilisées par 600 000 personnes.
La semaine dernière, après s’être entretenu à Beyrouth avec le président Lahoud, le premier ministre Siniora et le président du Parlement Nabih Berri, le président du CICR s’est rendu au sud, dans la ville de Tyr, pour voir par lui-même les difficultés auxquelles la mission humanitaire est confrontée alors qu’elle tente d’accéder aux personnes touchées par le conflit.
Parmi les malades et les personnes âgées, beaucoup n’ont pas pu quitter leur maison et ont besoin de secours immédiats.
Dans les entretiens qu’il a eus ensuite, en Israël, avec le premier ministre Ehud Olmert, ainsi qu’avec d’autres membres influents du gouvernement israélien, M. Kellenberger a rappelé avec insistance combien il était urgent que l’aide humanitaire parvienne jusque dans les villes et les villages du Sud-Liban.
M. Kellenberger a déclaré que M. Olmert lui avait assuré que tout serait fait pour permettre cet accès. Après leurs entretiens, un bateau du CICR a pu accoster à Tyr, le 12 août, pour décharger les secours qu’il transportait, et quelques heures après le cessez-le-feu, le CICR a pu effectuer plusieurs missions dans différents endroits du Liban, y compris au Sud-Liban.
L’accès à Tyr par la mer, notamment, devenait urgent, après la destruction des principaux ponts et routes conduisant vers le sud.
Le CICR, en collaboration avec la Croix-Rouge libanaise, a aussi continué d’évacuer les malades et les blessés, et d’extraire des corps des décombres. Suite aux récents incidents, au cours desquels des ambulances de la Croix-Rouge libanaise ont été touchées, M. Kellenberger a dit avoir insisté, pendant sa visite, pour que la mission sanitaire soit respectée.
Le président Kellenberger a déclaré avoir rappelé aux parties au conflit qu’elles avaient l'obligation de respecter les règles relatives à la conduite de la guerre, telles que définies dans le droit international humanitaire, et tout particulièrement celles qui ont trait à la population civile.
En Israël, il a rencontré les familles des trois soldats israéliens capturés par le Hamas et le Hezbollah. Le CICR a demandé à ce que les soldats soient traités avec humanité ; il a aussi réclamé à les voir, mais sans succès jusqu'à présent. Le président a déclaré que cette requête serait énergiquement renouvelée.
Entre-temps, dans les territoires occupés et autonomes, le CICR a pu, depuis les entretiens du président en Israël, reprendre son programme de visites familiales, qui permet aux personnes incarcérées dans des lieux de détention israéliens de recevoir les visites de leurs proches.
La visite du président Kellenberger au Liban et en Israël a eu lieu du 6 au 11 août.
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