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Fonction policière et protection de la personne humaine

03-12-2008 Éclairage

Pour contribuer à prévenir les violations des droits de l'homme par les forces de police et de sécurité, et garantir la protection des personnes en toute circonstance, le CICR réalise diverses activités au Mexique et au Panama visant à l'intégration des normes des droits de l'homme et des principes humanitaires applicables à la fonction policière dans la formation et l'entraînement des fonctionnaires chargés de l'application de la loi.

Le CICR s'emploie à enseigner les normes des droits de l'homme et les principes du droit humanitaire au moyen du programme Servir et protéger . « Ce programme s'inscrit dans une stratégie globale dont le but est d'intégrer ces normes et ces principes dans la doctrine, l'éducation, l'entraînement et le système disciplinaire des forces de police et de sécurité, afin que la vie et la dignité des personnes soient strictement respectées à tout moment », explique Sylvie Junod, déléguée du CICR pour le Mexique, l'Amérique centrale et les Caraïbes hispanophones.

     
    ©SSP      
   
Agents de la police fédérale durant un cours dispensé par le CICR.      
         

  Formation des fonctionnaires chargés de l'application de la loi  

Au Mexique, le CICR a travaillé avec la police fédérale chargée de la prévention et le Secrétariat à la Sécurité publique du District fédéral pour la formation d'instructeurs des droits de l'homme et des principes humanitaires applicables à la fonction policière. Actuellement, le CICR collabore avec le Secrétariat à la Sécurité publique fédérale (SSP fédérale) afin d'intégrer ces normes dans l'éducation, l'entraînement, la doctrine et le système de sanctions, ainsi que dans la formation de nouveaux instructeurs, conformément à l'accord de coopération signé par les deux institutions en juin 2008.

Les activités de coopération ont commencé par la mise en place, en septembre et octobre, de deux cours portant sur la formation d'instructeurs des droits de l'homme et des principes humanitaires applicables à la fonction policière. Ces cours ont rassemblé des délégués, des conférenciers nationaux membres d'organisations sociales, gouvernementales et non gouvernementales, ainsi que des instructeurs internationaux agréés par le CICR, provenant d'autres pays latino-américains où l'institution réalise des programmes similaires.

L'officier Héctor Quilantán, membre de la police fédérale et instructeur international agréé par le CICR, a souligné à quel point il était important que les cours soient dispensés par des instructeurs issus de la police et formés par le CICR : « L'ouverture à la connaissance est facilitée par l'expérience, le langage commun et l'affinité professionnelle, dans la mesure où il s'agit d'un policier qui s'adresse à d'autres policiers. »

En outre, les fonctionnaires chargés de l'application de la loi comprenne nt qu'il est important de connaître ces droits pour la force qu'ils génèrent. « Celui qui sait se faire respecter et apprécier sera un professionnel qui saura protéger les autres. L'important, ce n'est pas seulement la connaissance théorique ou doctrinaire de ces principes, mais c'est aussi le fait de savoir les appliquer dans l'exercice de la fonction policière », a ajouté le major Luis Hernán Cayo Santillán de la police nationale péruvienne, qui est aussi un instructeur agréé par le CICR qui était invité au premier cours.

Dans le cadre de la coopération avec la SSP fédérale, une vidéoconférence sur l'emploi   légitime de la force dans les opérations policières a été réalisée le 4 octobre dernier par Pascal Progin, délégué du CICR auprès des forces de sécurité en Amérique latine. La conférence a eu lieu dans les locaux du Secrétariat à la Sécurité publique fédérale et a été transmise par satellite et via Internet à plus de 2 500 agents dans plus de 120 détachements. Y ont également assisté des représentants d'organisations de la société civile et d'universités.

  La police panaméenne suit une formation pour travailler avec les réfugiés de la province de Darién  

Au Panama, la délégation régionale, en coordination avec la police nationale des frontières du Panama et la Croix-Rouge de Panama, ont programmé en octobre 2008 la mise en place de deux cours sur les droits de l'homme et les principes humanitaires applicables à la fonction policière, l'un dans la ville de Panama et l'autre dans la ville de Meteti.

     
 
   
    Un grand nombre de Colombiens fuient les violences dans leur pays et se réfugient dans la province frontalière de Darién, au Panama. Le CICR, en collaboration avec la Croix-Rouge de Panama, réalise des missions régulières d'assistance médicale et de rétablissement des liens familiaux afin de répondre aux besoins de cette population touchée par le conflit armé en Colombie.      
            « Ces cours avaient pour objectif de sensibiliser les officiers et sous-officiers de la police des frontières aux droits de l'homme et aux principes humanitaires liés à la fonction policière, et de les aider dans leur travail avec des outils qui leur permettent de répondre aux besoins des réfugiés sur le plan des droits de l'homme », affirme Pascal Progin, délégué du CICR auprès des forces de sécurité en Amérique latine.
 

Le CICR est conscient que la meilleure protection que l'on puisse offrir, c'est de veiller au respect des principes fondamentaux d'humanité dans les opérations conduites par les forces de sécurité et de police. C'est la raison pour laquelle l'éducation aux droits de l'homme et aux principes humanitaires ne peut se limiter à des activités de diffusion et qu'il « est nécessaire d'intégrer ces normes dans la doctrine, l'éducation et l'entraînement, y compris dans le système disciplinaire, le but étant d'enquêter sur d'éventuels abus dans le recours à la force et de les punir, afin d'atteindre pleinement l'objectif fixé », explique Dénes Benczédi, coordonnateur de la communication de la délégation du CICR pour le Mexique, l'Amérique centrale et les Caraïbes hispanophones.

En outre, le CICR a entamé une réflexion sur les conséquences humanitaires des situations de violence intérieure, les besoins de la population touchée et l'action humanitaire que le CICR pourrait entreprendre pour atténuer l es souffrances des personnes les plus vulnérables. L'institution s'engage à poursuivre la collaboration avec ses interlocuteurs privilégiés – autorités politiques, forces armées, forces de sécurité, milieux universitaires, journalistes et organisations de la société civile – pour mieux comprendre ces phénomènes et mener son action humanitaire neutre et indépendante dans des situations de violence.