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Népal : qu’est-il advenu des disparus ?

26-08-2008 Éclairage

Le conflit armé au Népal qui opposait le gouvernement au parti communiste népalais (maoïste) a pris fin à la conclusion de l’accord de cessez-le-feu en 2006. Dans ce pays, le CICR oeuvre à élucider le sort des personnes disparues au cours du conflit. Récit de Moheindu Chemjong.

     

    ©ICRC/K. Kayastha / np-e-00213      
   
    Familles de personnes portées disparues      
        Le conflit armé a cessé, mais ses conséquences d’ordre humanitaire persistent. L’une d’entre elles, c’est la tragédie des personnes disparues. C'est une tragédie pour la personne qui disparaît, mais aussi pour les familles qui sont plongées dans l’incertitude, qui supposent que leurs proches sont morts, mais qui sont incapables de faire leur deuil ou de tourner la page, et qui, en l’absence de preuves, sont tourmentées pa r d’innombrables possibilités inacceptables – une prison secrète, ou même une nouvelle vie dans un autre pays.

La souffrance n’est pas seulement émotionnelle, souvent elle peut avoir des conséquences financières catastrophiques. L'impact qu’a cette tragédie sur les familles est durable et présente de multiples facettes.

Ram Janaki Tharu de Rajapur, dans le district de Bardiya, fait partie des centaines de Népalais dont un enfant a disparu. « Même s’il est très difficile de pleurer la perte d’un être cher, il est encore plus douloureux de ne pas pouvoir faire son deuil », dit-elle en sanglotant. Elle se souvient très bien de la nuit où son fils a été emmené. Depuis lors, elle a frappé à de nombreuses portes auprès des autorités et a dépensé les économies de toute une vie dans une vaine recherche.

     
     
   
    Qui sont les disparus ?
  •     Au Népal, le CICR entend par disparu toute personne dont on est sans nouvelles du fait du conflit armé dont le pays a été le théâtre entre le 13 février 1996 et le 21 novembre 2006, et dont la famille attend toujours au moins un ou plusieurs des éléments suivants :    
  • une réponse satisfaisante de la part des autorités qui permette de faire la lumière sur le sort de ces personnes ;    
  • un document officiel du gouvernement attestant la disparition (sous forme de déclaration de décès, de certificat de décès ou d'octroi d'un statut spécial) ;    
  • un soutien du gouvernement pour l’obtention d’indemnités ;    
  • en cas de décès avéré, des informations sur le lieu où les dépouilles ont été inhumées, et la possibilité de les récupérer ;    
  • une réparation en justice.      
           
À la recherche de réponses

Le CICR a redoublé d’efforts pour aborder la question des personnes portées disparues à l’échelle mondiale. Pour aider des personnes comme Ram à trouver des réponses aux questions que soulève la disparition de proches, le CICR déploie toute une série d’activités humanitaires.

L’institution défend le droit des familles de savoir ce qu’il est advenu de leurs membres disparus. Elle rappelle aux parties impliquées dans le conflit passé – les autorités et le parti communiste népalais (maoïste) – qu’elles sont tenues de fournir des informations susceptibles de faire la lumière sur le sort des personnes disparues. Elle rappelle également aux autorités qu’elles ont le devoir de soutenir les familles des disparus.

En collaborant avec la Croix-Rouge du Népal et d’autres Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, le CICR recueille les demandes des familles qui souhaitent retrouver des proches qui ont disparu lors du conflit armé. Grâce à ses contacts avec d’anciennes parties au conflit, des individus ou des institutions, le CICR rassemble des informations pour retrouver leur trace.

Le CICR sensibilise également la population aux problèmes rencontrés par les familles des disparus. Il encourage chacun à fournir tout renseignement qui pourrait aider à trouver des réponses.

  Une tâche herculéenne  

Il reste b eaucoup à faire pour essayer de résoudre cette question humanitaire pressante et aider les familles à connaître le sort de leurs proches. Les organisations internationales jouent un rôle important dans ce processus, mais elles conviennent toutes que ce sont les autorités nationales qui doivent montrer la voie.

Prévenir les disparitions de personnes lors d’un conflit armé ou d’une situation de violence, et élucider le sort de celles qui ont disparu, est une tâche ardue. Celle-ci est rendue encore plus compliquée par l’absence de volonté politique de la part des acteurs directement concernés- autorités gouvernementales et parties au conflit – et par le manque de coopération de ceux qui pourraient les persuader d’agir.

  Tout le monde est concerné  

Il faut unir nos forces afin d’œuvrer ensemble pour l’humanité, et renforcer les partenariats, aux niveaux local et gouvernemental, pour faire face aux défis complexes qui se posent dans le domaine humanitaire. Des efforts doivent être déployés dans le monde entier pour résoudre le problème des disparitions dues à un conflit armé ou à d’autres situations de violence – ce qui permettra de regrouper les familles séparées par de tels événements. Ce n'est que lorsqu'on accordera à ce problème la priorité qui lui revient que la société pourra commencer à cicatriser ses plaies. À ce moment-là, c’est l’essor d’un Népal nouveau qui pourra véritablement commencer.