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Des enfants perdus retrouvent leur famille un an après le début du conflit

18-01-2012 Images pour les TV Ref.. V-F-CR-F-01096-A

À la suite du second tour des élections présidentielles, fin 2010, les tensions et les violences se sont transformées en véritable conflit armé en Côte d'Ivoire. Lorsque les combattants sont entrés dans son village, Célestine Toualy, 17 ans, a attrapé son neveu Mohammed, de 7 ans, et s'est enfuie en courant. Avec 170 000 autres Ivoiriens, ils ont traversé la frontière du Libéria, le pays voisin.

  • Images pour les télévisions, diffusées sur Eurovision News à partir de 6 heures GMT,
    jeudi 19 janvier 2012
  • Images disponibles à la même date sur le site « Video Newsroom » du CICR

Informations complémentaires : Didier Revol, CICR, Genève (courriel)

 

Voir aussi :

À la suite du second tour des élections présidentielles, fin 2010, où les deux candidats ont revendiqué la victoire, les tensions et les violences se sont transformées en véritable conflit armé en Côte d'Ivoire. Dans le chaos, des centaines d'enfants ont perdu contact avec leur famille.

Lorsque les combattants sont entrés dans son village, Célestine Toualy, 17 ans, a attrapé son neveu Mohammed, de 7 ans, et s'est enfuie en courant. Avec 170 000 autres Ivoiriens, ils ont traversé la frontière du Libéria, le pays voisin. « C’est la guerre qui a fait qu'on est venus ici, explique Célestine. Dans notre village, ils ont abîmé nos maisons. Ils ont volé nos matelas, tout. »

Célestine et Mohammed sont arrivés au camp de réfugiés de Bahn pieds nus, épuisés et perdus. Ils n'avaient aucune idée de ce qui était arrivé à leur famille et étaient trop effrayés pour rentrer chez eux.

Un organisme chargé de la protection des enfants a demandé à une autre réfugiée, Henriette Blesseu, mère de cinq enfants, de prendre soin de Célestine et de Mohammed. Henriette explique : « Un enfant, c’est un enfant. Quand tu es une femme, même si ce n’est pas l’enfant d’une amie, c’est bien de le nourrir comme le tien. C’est pourquoi j’ai accepté, parce qu’elle n’a plus de mère. Sa maman est morte. Donc j’ai eu pitié d’elle et j’ai accepté ».

Bien que ne connaissant pas Henriette au début, les deux enfants se sont attachés à elle au fil des nombreux mois qu'ils ont passés ensemble dans le camp. Célestine dit : « Elle me considère comme son propre enfant. Elle s’est bien occupée de nous ».

Les conséquences d'un conflit armé ou d'une catastrophe ne se limitent pas aux blessures physiques : dans l'agitation, la panique et la terreur, les familles peuvent se disperser en quelques minutes, qui se transforment parfois en longues années d'angoisse et d'incertitude sur le sort des enfants, de la conjointe ou du conjoint, ou des parents.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et la Croix-Rouge nationale du Libéria ont enregistré quelque 600 enfants non accompagnés qu'ils s'emploient à ramener dans leur famille en Côte d'Ivoire. Mais cela prend du temps.

Timo Luege, délégué du CICR, déclare : « L'une des plus grosses difficultés avec les regroupements familiaux, en particulier quand il s'agit d'enfants en bas âge, c'est d'obtenir des informations. Parfois, ces enfants ne connaissent pas le nom de leurs parents. Pour eux, c'est simplement maman et papa, mais on ne peut pas rechercher quelqu'un qui s'appelle maman ou papa. »

En utilisant les dessins qu'ont fait les enfants de leur village et en leur demandant ce dont ils se souviennent, la Croix-Rouge essaie de circonscrire les recherches.

En attendant de rentrer dans leur pays, les enfants suivent gratuitement des cours à l'école installée dans le camp de réfugiés. Les organismes chargés de la protection des enfants mettent également en œuvre des programmes récréatifs et organisent des séances de soutien psychosocial pour préparer les enfants à rentrer chez eux. Bien que les enfants aient hâte de revoir leur famille, le regroupement familial peut être déroutant. Quand la Croix-Rouge dit à Célestine que son oncle a été retrouvé et qu'elle peut rentrer chez elle, la jeune fille est partagée.

Célestine explique : « Rentrer dans mon pays, c’est pas le problème, mais pouvoir aller à l’école, c’est autre chose. Mon oncle là-bas, il n’a pas assez d’argent, il ne peut pas m’en donner tous les jours ».

Avant d'organiser un regroupement familial, le CICR a besoin de l'accord des parents proches et de l'enfant. Célestine veut partir mais elle est triste de quitter Henriette : « Quand je la regarde, elle ressemble à maman. Donc pour la laisser cela me fait pitié ».

S'étant chargé d'autres cas de regroupement familial, Timo Luege sait combien cette situation peut être compliquée et déroutante pour les enfants. « Nous devons agir dans l'intérêt supérieur de l'enfant. Alors nous nous asseyons avec eux pour nous assurer qu'ils veulent réellement rentrer chez eux. Nous ne voulons exercer de pressions sur personne. Parfois, ces enfants craignent de rentrer, peut-être parce qu'ils ont vu des choses qui les ont effrayés. »

Dans le village de Célestine et Mohammed, la famille et les voisins attendent avec impatience le retour des enfants et se sont rassemblés pour les accueillir. La Croix-Rouge a également réussi à retrouver Albert Toualy, le père de Célestine et le grand-père de Mohammed. Albert se rappelle le jour où il a vu les deux enfants pour la dernière fois : « Il y avait des tirs qui venaient de partout. Tout le monde a commencé à s'enfuir. Beaucoup de gens cherchaient leurs enfants, mais les enfants s'étaient éparpillés en courant. Je ne savais pas du tout où ils étaient allés ».

Lorsque Célestine et Mohammed arrivent après un voyage de six heures, la foule entonne une chanson. Albert dit : « C'était une telle joie pour moi d'apprendre que mes enfants avaient été retrouvés. La femme qui s'est occupée d'eux dans le camp est comme mon dieu sur Terre. J'aimerais lui dire merci et remercier Dieu aussi ».

En parlant de Célestine, Albert dit : « C'est mon enfant, elle ira à l'école et mon petit-fils aussi. Mes enfants à l'école, ce sera comme une bénédiction pour moi ».

Célestine, pour qui le retour à la maison signifiait aussi renoncer à certaines choses, est très heureuse de pouvoir réaliser son vœu le plus cher, à savoir continuer d'aller à l'école. Ce ne sera pas non plus la dernière fois qu'elle verra le CICR, car l'institution effectuera des visites de suivi pour s'assurer qu'elle et Mohammed se sont bien réinsérés dans leur communauté.

LISTE DES PLANS

Camp de réfugiés de Bahn, Libéria
0:00 Plans d'ensemble du camp de Bahn

0:29 Divers plans de Célestine se faisant tresser les cheveux

0:56 SOUNDBITE Célestine Toualy (in French)
“C’est la guerre qui a fait qu'on est venus ici. Dans notre village, ils ont abimé nos maisons.  Ils ont volé nos matelas, tout."

01:10 Divers plans de Henriette cuisinant

01:30 SOUNDBITE (French) Henriette Blesseu, (in French)
”Un enfant, c’est un enfant. Quand tu es une femme, même si ce n’est pas l’enfant d’une amie, c’est bien de le nourrir comme le tien. C’est pourquoi j’ai accepté parce qu’elle n’a plus de mère. Sa maman est morte. Donc j’ai eu pitié d’elle et j’ai accepté."

01:55 Divers plans de Henriette, de Céléstine et de la famille en train de manger

02:39 SOUNDBITE Célestine Toualy (in French)
"On doit remercier la dame parce que elle s’occupe bien de nous ici. Elle a fait tout pour nous. Elle me considère comme son propre enfant. Elle s’est bien occupée de nous."

02:51 Henriette

02:55 Divers plans de Célestine faisant la vaisselle

03:10 Arrivée du CICR

03:22 Divers plans du bureau de la Croix-Rouge dans le camp

03:44 Célestine et Timo se saluent.

03:51 SOUNDBITE: Timo Luege, Protection delegate, ICRC Liberia (in English):
" Un des grands défis avec les réunions de famille, en particulier avec de jeunes enfants,
c'est quand vous cherchez des informations sur leurs parents. Parfois, ils ne connaissent pas  le nom de leurs parents. Pour eux, c'est juste maman et papa... Des papas et des mamans, il y en a dans tout le pays ! "  

04:09 École du camp et enfants en train de chanter

04:37 SOUNDBITE Célestine Toualy (in French)
“Rentrer dans mon pays, c’est pas le problème, mais pouvoir aller à l’école, c’est autre chose. Mon oncle là-bas, il n’a pas assez d’argent, il ne peut pas m’en donner tous les jours."

04:53 Timo explique à Célestine et à Mohammed (en français)
« Mon collègue va t’aider avec ta valise, et après on prendra la route jusqu’à la frontière. Là-bas on retrouvera notre collègue de la Croix-Rouge de Côte d’Ivoire. »

05:08 SOUNDBITE: Célestine Toualy (in French):
“Pour la laisser ici, ce me fait pitié. Quand je la regarde, elle ressemble à Maman. Donc pour la laisser cela me fait pitié."

05:19 Divers plans du centre d'appel de la Croix-Rouge

05:39 SOUNDBITE Timo Luege, ICRC Protection delegate, Liberia (in English):
" Tout est fait dans l'intérêt des enfants. On se réunit avec eux pour être sûr qu'ils veulent rentrer. On ne veut pas faire pression sur eux. Parfois, les enfants ont peur de rentrer parce qu'ils repensent à des choses effrayantes qu'ils ont vues. "

05.50 Divers plans de Célestine préparant son bagage

06:23 Divers plans de la foule réunie pour dire au revoir à Célestine

06:40 La foule aide Célestine à porter ses affaires jusqu'au véhicule du CICR.

07:00 Célestine et Henriette se disent au revoir, en larmes.

07:20 Intérieur du véhicule du CICR, Célestine en pleurs

Voyage vers la Côte d'Ivoire
07:36 Véhicules du CICR

07:49 Dans la voiture, Célestine sourit.

07:56 Divers plans de la traversée de la frontière entre le Libéria et la Côte d'Ivoire

08:13 Véhicules du CICR

Village de Dohouba, ouest de la Côte d'Ivoire
08:23 Divers plans de villageois accueillant Célestine en chantant (le père de Célestine, Albert, porte un chapeau blanc)

09:09 SOUNDBITE Albert Toualy, Célestine's father (in Yakouba):
" J'étais fou de joie quand on m'a dit que mon enfant avait été retrouvé. "

09:18 SOUNDBITE Albert Toualy, Célestine's father (in Yakouba):
" La femme qui a pris soin de mon enfant dans ce camp, c'est ma bienfaitrice ! Je voudrais les remercier, elle et Dieu. "

09:26 SOUNDBITE Albert Toualy, Célestine's father (in Yakouba):
"C'est ma fille et elle ira à l'école, comme mon petit-fils. Moi je ne suis pas allé à l'école, c'est pour ça que je ne parle pas le français. Quand mes enfants seront instruits, ce sera une bénédiction."

09:38 Plan large du groupe

09:42 Plan large de la fumée et du village

09:46 Photo de la famille réunie avec Mohammed, Célestine et Albert

09:50 FIN

 

Rétablissement des liens familiaux en Côte d'Ivoire, 2011

  • Le CICR a rétabli le contact entre près de 420 enfants non accompagnés et leur famille, et reçu 223 demandes de regroupement familial.
  • Il a réuni 43 enfants avec leurs parents.
  • Il a également distribué 703 messages Croix-Rouge à des civils et en a collecté 582 provenant aussi de civils dans le pays.
  • L'institution a reçu 139 demandes de recherche de personnes émanant de Côte d'Ivoire et 144 de l'étranger, afin de retrouver des proches originaires de Côte d'Ivoire, principalement de l'ouest du pays et d'Abidjan.

Le CICR et le rétablissement des liens familiaux

  • Le travail mené par le CIRC pour rétablir des liens familiaux commença en 1870, quand l'institution obtint des listes de prisonniers français détenus par les forces allemandes et qu'il put rassurer les familles. Depuis lors, la recherche de personnes séparées de leurs proches par un conflit armé ou une catastrophe naturelle est devenue une partie importante du travail de protection du CICR, et fait intervenir le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge dans un réseau mondial.
  • Ces activités sont fondées sur le droit international humanitaire, qui impose que les autorités impliquées dans un conflit armé fassent tout leur possible pour aider les membres séparés de leur famille à reprendre contact avec leurs proches. L'Agence centrale de recherches du CICR et ses partenaires peuvent offrir leurs services pour aider les autorités concernées à remplir leurs obligations ; mais le plus souvent ils prennent en charge l'aspect pratique du travail et traitent avec toutes les parties en respectant strictement le principe de neutralité.

 

En 2010, le CICR a :

  • distribué plus de 305 000 messages Croix-Rouge, ce qui a permis à des membres de familles dispersées d'échanger des nouvelles – 51 000 de ces messages provenaient de détenus ou leur étaient destinés ;
  • facilité 21 000 appels téléphoniques entre des membres de familles séparés les uns des autres ;
  • enregistré plus de  2 000 enfants non accompagnés, dont 627 anciens enfants soldats ;
  • réuni plus de 1 600 enfants avec leur famille ;
  • publié sur le site www.familylinks.icrc.org les noms de plus de 64 000 personnes qui essayaient de reprendre contact avec leurs parents proches et amis, ou qui étaient recherchées par des proches.

Plus de 832 000 personnes ont contacté les bureaux du CICR à travers le monde pour bénéficier de conseils ou de services liés à la protection ou au rétablissement des liens familiaux.

Informations complémentaires :

Steven Anderson, CICR Genève, +41 79 536 92 50, courriel

Noora Kero, CICR Libéria, +231 777 556 533, courriel

Layal Horanieh, CICR Côte d'Ivoire, +225 09 39 94 04, courriel


Céléstine y Mohammed están sentados en el Land Cruiser del CICR que los lleva de regreso a su aldea.
  • Copyright: CICR, accès libre
  • Année: 14 - 16 décembre 2011
  • Lieux de tournage: Libéria / Côte d'Ivoire
  • Durée: 9'50"
  • Disponible en : Son : anglais, français, yacouba
  • Référence: V-F-CR-F-01096-A

Format: Mpeg2 / 16:9 anamorphique / SD