Les citoyens oubliés d'Irak
14-03-2011 Images pour les TV Ref.. V F CR-F-0173-A
Images à l’usage des télévisions. Plus de trois décennies de guerre et de conflit interne ont semé le désespoir en Irak. Des millions d’hommes et de femmes ne peuvent plus subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles parce qu’ils souffrent d’un lourd handicap ou ont perdu leurs principaux moyens de subsistance
- Images disponibles sur le site « Video Newsroom » du CICR (www.icrcvideonewsroom.org) le lundi 14 mars, 02 heures GMT assorties d’un communiqué de presse et d’une liste des plans. Faciles à visualiser et à télécharger. Informations complémentaires : Didier Revol, CICR, Genève, tél. : + 41 79 217 32 82, ou
- Pour plus d’informations, veuillez consulter le communiqué de presse : Une vie meilleure grâce aux initiatives microéconomiques du CICR
Date, lieu : novembre 2010, Irak
Durée : 9’55’’
Format : 16/9
Production : Mike Mount
Caméraman : Paul Anderson
Son : anglais, arabe, kurde
Droits : CICR accès libre
Réf. CICR : V F CR-F-0173-A
Plus de trois décennies de guerre et de conflit interne ont semé le désespoir en Irak. Des millions d’hommes et de femmes ne peuvent plus subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles parce qu’ils souffrent d’un lourd handicap ou ont perdu leurs principaux moyens de subsistance. En dépit des efforts déployés par le gouvernement pour mener des programmes d’action sociale, beaucoup ne reçoivent pas le soutien dont ils ont besoin pour s’en sortir.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) estime qu’aujourd’hui en Irak, environ un million de femmes doivent s’occuper seules de leurs familles parce que leurs maris ont été tués, ont disparu ou ont été arrêtés. En outre, des dizaines de milliers d’hommes et de femmes dans le pays ne sont pas en mesure d’assurer leur subsistance et celle de leurs proches à cause d’un handicap.
Les services essentiels sont mis à rude épreuve dans le pays et ne sont bien implantés que dans les grandes agglomérations. En outre, il y a souvent peu de fonds et de services disponibles pour aider ceux qui peinent à trouver de la nourriture et des vêtements pour leurs familles. La situation est pire encore pour les populations des zones rurales et des régions en proie à l’insécurité, qui n’ont en général pas accès aux services publics.
Plusieurs organisations s’emploient à renforcer l’assistance fournie par le gouvernement dans le pays et à donner au plus grand nombre de personnes possible les moyens de mener une vie meilleure. Le CICR s’efforce d’aider le s soutiens de famille les plus vulnérables à retrouver des moyens de subsistance, en permettant aux plus défavorisés de créer de petites entreprises afin de générer des revenus dans le cadre de ce qu’il appelle des « initiatives microéconomiques » (IME).
Ces efforts ont donné de bons résultats. Certaines personnes ont réussi à sortir de la précarité alors même que leur avenir semblait sans espoir au vu des séquelles que ces trois décennies de guerre ont laissées dans leur pays et leur propre existence.
Néanmoins, les personnes qui se trouvent dans une situation désespérée ne reçoivent pas toutes l’aide dont elles ont besoin. Les autorités locales et nationales font ce qu’elles peuvent avec le budget dont elles disposent, mais ce n’est pas suffisant pour atteindre une grande majorité des personnes dans le besoin. Tant que la situation en Irak reste instable, bon nombre de ces personnes et leurs proches resteront livrés à eux-mêmes et continueront de souffrir.
« Ces gens ont le sentiment d’être un fardeau pour leurs familles, parce qu’ils n’ont aucun revenu. Il nous semble donc judicieux de soutenir les IME, les activités génératrices de revenus, pour leur permettre de gagner un peu d’argent et de subvenir à leurs besoins », explique Bal Bhujel, un délégué du CICR chargé des IME en Irak.
« Avec cet argent, ils peuvent acheter de la nourriture, envoyer leurs enfants à l’école (…), et ils ont le sentiment d’être des membres à part entière de la société et de leurs familles, de ne plus être une charge pour les autres », précise Bal Bhujel.
SUJETS DE LA VIDÉO
Une aide qui fait cruellement défaut
Iman Jasim vit dans les environs de la ville d’Amara (sud de l’Irak). Il y a quatr e ans, son mari a été enlevé. Depuis lors, sa famille est sans nouvelles de lui et Iman suppose qu’il a été tué par ses ravisseurs.
Depuis la disparition de son mari, Iman s’occupe seule de ses huit enfants, dont un souffre d’un handicap mental lourd. Elle a été contrainte de retirer ses fils aînés de l’école pour qu’ils travaillent au marché local.
« J’ai laissé mes trois fils quitter l’école pour travailler, explique Iman. Ils ramènent peu d’argent à la maison, environ 5 000 à 10 000 dinars (3 à 7 dollars américains) par semaine. C’est tout ce qu’ils gagnent. »
Iman précise qu’elle ne peut pas travailler parce qu’elle a trop d’enfants en bas âge et un fils handicapé, dont elle doit s’occuper, et qu’elle ne trouve donc pas de travail. Depuis qu’elle a quitté le quartier dans lequel elle vivait depuis longtemps, elle ne peut plus compter sur la générosité de ses voisins. Bien qu’elle soit inscrite auprès des services sociaux locaux, elle n’a toujours pas reçu d’aide financière et ignore pourquoi.
Iman est désespérée, comme tant d’autres en Irak.
Une petite aide financière qui change la vie
Dans une zone reculée dans les environs de la ville d’Amara (sud de l’Irak), Zahra Fathil a dû faire face à la disparition de son mari et d’un de ses fils, qui ont été tués par une mine alors qu’ils travaillaient dans un champ. Enceinte de jumeaux et mère de huit autres enfants, Zahra a vécu quelque temps aux dépens de son beau-frère, qui n’avait pas grand-chose à lui offrir.
Comme ce soutien était loin d’être suffisant, Zahra a eu l’idée de monter une petite échoppe d’alimentation à proximité de sa maison. Grâce à des microcrédits alloués par le CICR, elle a pu s’approvisionner en marchandises et acheter l’équipement nécessaire pour tenir son échoppe.
Zahra déclare qu’avec l’aide de son fils cadet, qui assure la comptabilité, elle gagne plus d’argent qu’elle ne l’aurait pensé et qu’elle peut désormais offrir un petit-déjeuner à ses enfants, un luxe auquel ils avaient dû renoncer depuis un certain temps.
Loin d’être riche, Zahra est néanmoins l’une des rares personnes à avoir pu conjurer le spectre de la misère, qui planait sur elle et sa famille.
« Assez d’argent pour toute la famille »
À Erbil (nord de l’Irak), Hassan Majid Rasul, 59 ans, assure à nouveau la subsistance de sa famille en travaillant comme vendeur ambulant. En 1986, il a perdu l’usage de ses jambes après que les forces armées ont attaqué sa voiture par erreur. Il ne pouvait alors plus subvenir aux besoins de ses proches. Ses fils ont dû quitter l’école et trouver du travail sur le marché local pour nourrir la famille.
Cloué à un fauteuil roulant et incapable de bouger sans l’aide d’un proche, Hassan passait souvent ses journées assis à côté de ses enfants ou près du portail de sa maison. Un jour, des médecins l’ont convaincu de se faire amputer des jambes pour pouvoir utiliser des prothèses et réapprendre à marcher. Cette décision n’a pas été facile à prendre, mais Hassan a finalement retrouvé sa mobilité et pu remarcher avec ses fils, qui travaillaient toujours au marché.
En 2008, le CICR a fourni à Hassan une moto à remorque qu’il peut conduire avec ses prothèses. Il s’est alors lancé dans le commerce de poulets, de melons et d’autres marchandises qu’il transporte et vend avec sa moto, parvenant enfin à gagner l’argent dont il avait désespérément besoin.
« Après avoir reçu cette moto, ma situation financière s’est améliorée. Aujourd’hui, je gagne entre 40 000 et 50 000 dinars irakiens (42 dollars) par semaine, autrement dit as sez d’argent pour toute la famille. »
« Maintenant, je peux aller vendre mes marchandises tout seul, alors qu’avant je passais mes journées assis à côté de mes enfants. Je peux vendre des poulets, puis faire un tour à moto avec mes petits-enfants juste pour le plaisir. »
Liste des plans
Amara, Irak
00:00 Panoramique vertical sur une flaque d’eau d’égout, puis sur une rue poussiéreuse
00:09 Plan moyen de quatre ouvriers qui transportent des briques et construisent un mur
00:12 Plan large de la rue avec les mêmes ouvriers et un passant
00:15 Plan moyen d’un amas de boue et de déchets au premier plan, et d’une femme et d’enfants qui entrent dans une maison à l’arrière-plan
00:21 Vue de l’extérieur de la maison d’Iman Jasim tandis que ses enfants courent la rejoindre à l’entrée
00:31 Plan moyen d’Iman Jasim assise dans sa maison avec trois de ses enfants, regardant une photo de son mari
00:35 Plan serré de la main d’Iman
00:39 Plan serré du visage d’un des trois enfants d’Iman assis à côté d’elle
00:42 Plan serré d’une photo du mari d’Iman vendant des marchandises sur un marché
Interview d’Iman Jasim, veuve (en arabe) : « S’ils avaient su qu’il (mari d’Iman) avait huit enfants. Pourquoi l’ont-ils enlevé, qu’est-ce qu’ils lui ont fait ? Qu’est-ce qu’ils diront à Allah lorsqu’ils seront devant lui ? »
00:46 Plan moyen d’Iman tenant la photo de son mari, assise près de ses enfants
00:56 Plan serré de deux des fils d’Iman assis à côté d’elle
01:00 Plan moyen d’Iman tenant la photo de son mari
01:05 Visages d es enfants
01:12 Plan serré de la main d’Iman tenant des dinars irakiens
01:16 Plan moyen d’Iman assise sur le sol donnant de l’argent à ses enfants pour qu’ils aillent acheter des tomates au marché
01:24 Interview d’Iman Jasim, veuve (en arabe ) : « Il y a quatre ans, les autorités d’Amara m’ont envoyé une lettre. Une commission est venue ici pour remplir les formalités nécessaires pour obtenir une pension. Pendant quatre à cinq mois, j’ai attendu de connaître le montant de la pension que je devais recevoir. Aujourd’hui, je n’en sais toujours rien. »
01:35 Plan moyen des enfants entrant dans la maison avec la nourriture achetée au marché et d’Iman qui prend les petits sacs et les pose sur le comptoir
01:49 Iman apportant dans une pièce un large plat contenant de la nourriture qu’elle sert à ses enfants assis en cercle sur le sol ; Iman et ses enfants en train de manger
02:21 Plan moyen par la fenêtre poussiéreuse d’une femme portant l’habit noir traditionnel accompagnée de ses enfants, tandis qu’une voiture passe devant eux.
02:25 Traveling avant par la fenêtre sur la même femme avec ses enfants
02:30 Iman passant le portail métallique de la maison ; une autre femme la salue
02:35 Plan serré du visage d’Iman parlant à l’autre femme
02:43 Plan moyen d’Iman descendant la rue, passant devant la caméra, puis s’éloignant.
Près d’Amara, Irak
02:57 Plan large d’une route très boueuse et sale bordée de bâtiments de briques
03:01 Plan moyen d’un chien passant dans la rue
03:09 Plan moyen de Zahra Fathil marchant dans la poussière et rentrant chez elle
03:23 Interview de Zahra Fathil, veuve (en arabe) : « Nous avions des terres agricoles qu’il labourait pour y cultiver du blé. Mon mari et un de mes fils ont été tués par une mine. Ils étaient en train d’irriguer le champ quand elle a explosé. »
03:48 Vue plongeante du ventilateur de plafond sur Zahra et ses enfants qui jouent dans la pièce ; son beau-frère est assis contre le mur et joue aussi avec eux
04:00 Plan moyen d’une photo du mari de Zahra
04:04 Plan serré de la photo du mari de Zahra
04:08 Plan large de Zahra et de ses enfants qui jouent dans la pièce ; son beau-frère est assis contre le mur et joue aussi avec eux
04:12 Interview de Zahra Fathil, veuve (en arabe ) : « Personne ne peut nous aider. Toute ma famille vit à Amara et je n’ai pas les moyens de m’installer là-bas. Il (beau-frère de Zahra) nous a accueillis dans cette pièce. Je peux compter sur lui, mais il n’a pas les moyens de nous aider parce qu’il n’a pas de travail. »
04:48 Plan moyen de Zahra donnant à manger à ses jumeaux à même le sol
04:52 Divers plans de Zahra et de son beau-frère en train de jouer avec les enfants
05:22 Divers plans de l’extérieur de l’échoppe de Zarah et des environs
05:31 Plan moyen de l’intérieur de l’échoppe de Zahra montrant un réfrigérateur et des rayons remplis de marchandises
05:35 Plan moyen du fils de Zahra vérifiant les boissons dans un réfrigérateur
05:47 Plan moyen de l’intérieur de l’échoppe montrant certaines marchandises en vente
05:50 Plan moyen du fils de Zahra vendant des boissons à des enfants
06:00 Interview de Zahra Fathil, veuve (en arabe ) : « C’est mieux qu’avant. Maintenant, je peux faire plus de choses et j’ai suffisamment d’argent pour que mes enfants prennent un petit-déjeuner. »
06:10 Plan moyen des enfants qui achètent des boissons depuis l’extérieur de l’échoppe.
06:18 Vue plongeante sur Zahra dans l’échoppe tandis qu’elle compte l’argent déposé dans une caisse en carton.
Erbil, Irak
06:28 Plan moyen de Hassan Majid Rasoul descendant de sa moto et marchant vers un étalage de melons
06:34 Divers plans de Hassan et d’autres personnes chargeant des melons dans sa remorque
06:56 Plan moyen de Hassan s’éloignant de l’étalage de melons sur sa moto
07:04 Divers plans de Hassan au volant de sa moto
07:18 Divers plans de Hassan vendant des melons à des clients sur le bord de la route
07:47 Interview de Hassan Majid Rasoul, vendeur ambulant (en kurde) : « Maintenant, je peux aller vendre mes marchandises tout seul, alors qu’avant je passais mes journées assis à côté de mes enfants. Je peux vendre des poulets, puis faire un tour à moto avec mes petits-enfants juste pour le plaisir. »
08:15 Interview de Hassan Majid Rasoul, vendeur ambulant (en kurde) : « Après avoir reçu cette moto, ma situation financière s’est améliorée. Aujourd’hui, je gagne entre 40 000 et 50 000 dinars irakiens (42 dollars) par semaine, autrement dit assez d’argent pour toute la famille. Inch'Allah, nous vivons mieux ».
08:40 Plan moyen de Hassan entrant dans le centre orthopédique du CICR
08:45 Plan moyen de Hassan durant une séance de réadaptation physique en présence de son thérapeute
09:06 Plan moyen de Hassan à l’intérieur du centre alors qu’il ôte ses jambes artificielles
09:15 Pla n moyen de Hassan à l’intérieur du centre alors qu’il marche avec ses prothèses sous le regard du thérapeute
09:21 Interview de Bal Bhujel, délégué du CICR chargé des initiatives microéconomiques (IME), Erbil (anglais) : « Ces gens ont le sentiment d’être un fardeau pour leurs familles, parce qu’ils n’ont aucun revenu. Il nous semble donc judicieux de soutenir les IME, les activités génératrices de revenus, pour leur permettre de gagner un peu d’argent et de subvenir à leurs besoins. Avec cet argent, ils peuvent acheter de la nourriture, envoyer leurs enfants à l’école et leur offrir une vie meilleure, et ils ont le sentiment d’être des membres à part entière de la société et de leurs familles, de ne plus être une charge pour les autres. »
09:55 FIN
Informations complémentaires :
Dorothea Krimitsas, CICR Genève, tél. : + 41 22 730 25 90 ou + 41 79 251 93 18
Layal Horanieh, CICR Irak, tél. : 964 790 191 692
Graziella Leite Piccolo, CICR Irak, tél.: 964 780 91 31 626
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