Niger : le nord Tillabéry entre violences et secheresse
16-09-2011 Images pour les TV Ref.. V-F-CR F01099-A
Plus de 27 000 agriculteurs et éleveurs nigériens ont reçu récemment du CICR une ration alimentaire de 3 mois et des semences améliorées permettant d'obtenir rapidement des récoltes. Les communautés vivant dans la région de Tillabéri, au Nord de la capitale Niamey, sont parmi les plus vulnérables au Niger.
• Ces images seront disponibles sur la Video Newsroom du CICR le 19 septembre 2011
Informations complémentaires: Didier Revol, CICR Genève tél.: + 41 79 217 32 82, courriel
Plus de 27 000 agriculteurs et éleveurs nigériens ont reçu récemment du CICR une ration alimentaire de 3 mois et des semences améliorées permettant d'obtenir rapidement des récoltes. Les communautés vivant dans la région de Tillabéri, au Nord de la capitale Niamey, sont parmi les plus vulnérables au Niger. Agriculteurs et éleveurs font face à une insécurité alimentaire récurrente dans un contexte de sécheresse persistante : depuis plusieurs années, le bétail a été décimé et les récoltes ne suffisent plus à nourrir la population.
L'insécurité, rampante depuis le début des affrontements en 2008 entre communautés est aggravée par la prolifération des armes dans la région. Depuis, un climat de peur freine les échanges commerciaux et l'activité agricole. Les agriculteurs ont parfois abandonné leurs champs les plus éloignés des villages tandis que les marchés ruraux, lieux d'échanges économiques et sociaux entre agriculteurs et éleveurs, étaient désertés. Pour leur part, les éleveurs qui ont fui les affrontements ont dû laisser derrière eux leur bétail, unique moyen de subsistance.
En 2010, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) décidait d'augmenter considérablement son aide démarrrée en 2008 aux populations d'agriculteurs et d'éleveurs touchées par les effets conjugués de la violence et des mauvaises récoltes. Depuis le début des programmes d'assistance, près de 200'000 personnes dans cette région du Niger ont reçu de l'organisation une aide alimentaire, des semences ou encore des biens de première nécessité.
Alors que les violences entre agriculteurs et éleveurs se sont estompées, des affrontements entre éleveurs nigériens et maliens dans la même région ont fait une cinquantaine de morts ces derniers mois. Le vol de bétail et des contentieux liés à l'accès à l'eau et aux terres sont au cœur des disputes. Récemment, les gouvernements du Niger et du Mali ont entrepris des efforts de pacification pour réconcilier les deux communautés. Pour les populations, cette période de répit pourrait être de courte durée si les récoltes attendues dans les prochaines semaines ne répondent pas aux besoins alimentaires des populations. Des précipitations faibles ou trop abondantes ont déjà perturbé la saison agricole. Des attaques de rongeurs, de criquets et de chenilles hypothéquent également les récoltes futures.
Sujet
A TIZEGOROU, un village d'agriculteurs situé à 207 kilomètres de la capitale Niamey, Hamani Almoundou, 45 ans, d'origine zarma, n’arrive plus à nourrir sa famille du fait des sécheresses récurrentes et de la dégradation des terres. Il a vécu les violences intercommunautaires et il parle des répercussions du conflit : les morts ; l’insécurité, qui rend inaccessibles les terres éloignées du village ; le ralentissement des échanges et la raréfaction des denrées sur les marchés.
Hamani est un des bénéficiaires du soutien du CICR. Dès la réception de ses semences au site de distribution, il s'empresse de se rendre aux champs. Il ne manque pas d'espace pour cultiver, mais la terre donne peu. Il espère obtenir une récolte en deux mois grâce aux semences reçues ce jour, si la pluie veut bien être suffisamment abondante.
A ARNÉ, les éleveurs nomades peulhs habitent dans une dizaine de cases en paille. Plusieurs familles y vivent, en tout 160 personnes selon le chef de village. Lors du tournage, le village abritait surtout des femmes et des enfants. Le chef de village explique que les hommes sont partis faire paître les bêtes, souvent très loin du village. Les sécheresses récurrentes ont quasiment anéanti au fil des ans le bétail. Certains pasteurs combinent élevage et agriculture pour améliorer le quotidien mais les saisons des pluies aléatoires rendent souvent vains tous leurs efforts.
Boubacar Tiousso, chef du village, explique la peur qu'ils ont vécu lors des affrontements, leur fuite pour sauver leur vie, la perte d'animaux…mais aussi les conséquences des sécheresses, les animaux décimés, la famine qui menaçait. Enfin, il parle de récentes attaques contre des éleveurs et de sa peur de voir se répéter les violences passées.
Découpage des plans
Village de Tizegorou
00 00 Véhicule CICR arrivant à Tizegorou
00 05 Pano sur village
00 12 Hamani Almoundou, agriculteur du village de Tizegorou, sème dans son champ aidé de sa famille (3 plans)
00 32 ITW Hamani Almoundou agriculteur, village de Tizegorou (zarma - 23”)
“Des gens de ce village sont morts.
Ils ont été enterrés juste derrière.
Le cimetière est tout près d’ici.
00 45 On a subi à la fois la violence et le manque de nourriture.
Cela nous a plongés dans un désarroi total, sans aucune solution possible. Maintenant la situation commence à se normaliser.”
00 55 Plan large du village
00 58 Femmes autour du puits (2 plans)
01 04 Femme s'éloignant du puits portant seaux d'eau
01 09 ambiance dans une rue du village de Tizegorou (PM)
01 14 Hamani allant vers le site de distribution (4 plans)
01 34 Plan large de distribution
01 38 Volontaire Croix-Rouge nigérienne expliquant aux villageois ce qu'ils vont recevoir.
01 42 Gros plans sur bénéficiaires (3 plans)
01 48 ITW Mamadou Ali Maazou (zarma - 36”), volontaire Croix-Rouge nigérienne
“Toute personne recensée recevra 130 kg de mil pour nourrir sa famille en cette période de soudure.
En plus de cette ration, il y a des semences améliorées.
Ces semences sont de bonne qualité car elles poussent vite.
Elles sont adaptées aux zones où les pluies sont rares.
Elles produisent vite.
En moins de deux mois, elles donnent de bonnes récoltes.”
02 24 Des hommes sortant des sacs de céréales du magasin
02 30 Hamani Almoundou apposant son empreinte digitale sur le registre des distributions
02 36 Hamani chargeant l'assistance reçue sur une charrette et rentrant chez lui (3 plans)
02 57 Différents plans du site de distribution (3 plans)
03 15 Hamani sortant de chez lui avec sa femme et sa fille (PM)
03 23 Hamani et sa famille marchant, arrivant dans son champ
03 26 Hamani bêchant
03 29 semences de mil dans une calebasse
03 31 La fille d'Hamani semant
03 44 ITW de Hamani Almoundou, agriculteur, village de Tizegorou (zarma - 40”)
“Tout ce que vous voyez là, c'est mon champ.
Il s'étend aussi loin que porte le regard.
Il est suffisamment grand, mais ce sont les sols qui ne sont pas fertiles.
Les pluies ne suffisent pas, la saison des pluies est trop courte pour nous permettre d'en tirer profit.
Les semences qu'on vient de recevoir du CICR sont vraiment de bonne qualité.
Elles produisent vite, elles nous permettront d'améliorer le rendement.
De la manière dont j'ai semé, avec un peu de pluie, je pourrais produire en deux mois assez pour nourrir ma famille.”
Village de Arné
04 24 Plan large d'un troupeau de vaches avec ânes sur pâturages asséchés (2 plans)
04 40 ITW de Boubacar Tiousso, chef de village de pasteurs de Arné (haoussa - 38”)
"Plus au nord, dans la brousse, on a entendu parler d'affrontements.
Mais cela ne nous a pas encore affectés.
Il y a deux ans, lorsqu'il y a eu ces violences, les gens ont fui, tout le monde a eu peur,
très peur.
Nous avons couru la nuit, nous avons couru le jour.
Une partie du bétail a été perdue.
Certains sont partis et jusqu'à présent ils ne sont pas revenus."
05 18 Plan large de bétail (vaches et et ânes)
05 21 Femme en habit traditionnel attache un sac sur le dos d'un âne.
05 24 Puits avec bétail autour
05 26 Plans moyens sur bétail (3 plans)
05 35 Homme trayant une vache
05 39 Autre plan de bétail avec berger
05 42 Deux hommes puisent de l'eau et l'apportent aux vaches
05 53 Vaches s'abreuvant
05 57 Interview de Boubacar Tiousso, chef de village de pasteurs de Arné (haoussa - 30”)
Quand la pluie est arrivée, la psychose nous a empêchés de semer et nous n'avons rien pu faire.
Et quand la saison sèche est arrivée, nous n'avions rien pour nous nourrir, rien à manger ! Nous avons dû vendre nos bêtes pour nourrir nos familles.
06 27 Femmes attendant le début de la distribution de semences
06 30 Hommes apposant leur signature sur le registre des distributions (3 plans)
06 43 Volontaire Croix-Rouge nigérienne (plan serré)
06 45 Bénéficiaires prenant sacs de semences
06 48 Bénéficiaires sortant de l'entrepôt (2 plans)
06 56 Cases d'habitation au milieu des pâturages ( 2 plans)
07 03 Femmes pilant le mil devant cases (2 plans)
07 07 Homme préparant le thé (2 plans)
07 15 Petite fille en habit traditionnel à l'intérieur de la case
07 18 Berger avec chèvres et vaches avec cases dans le fond.
07 27 FIN
Informations complémentaires :
Oumarou Daddy Rabiou, CICR Niamey, tél. : + 227 96 66 99 12
Steven Anderson, CICR Genève, tél : + 41 22 730 20 11 / + 41 79 536 92 50
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