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Les détenus originaires de Gaza privés de visites familiales

23-06-2011 Images pour les TV Ref.. V-F-CR-F-01095-A

En juin 2007, les autorités israéliennes ont annoncé qu’elles suspendaient les visites familiales aux Palestiniens originaires de Gaza détenus en Israël. Cette décision, qui est intervenue une année après la capture du soldat israélien Gilad Shalit par des groupes armés palestiniens, prive les détenus et leurs familles d’un lien d’une importance vitale et coupe les détenus du monde extérieur.

Informations complémentaires: Didier Revol, CICR Genève, tél. : + 41 79 217 32 82 or courriel

En juin 2007, les autorités israéliennes ont annoncé qu’elles suspendaient les visites familiales aux Palestiniens originaires de Gaza détenus en Israël. Cette décision, qui est intervenue une année après la capture du soldat israélien Gilad Shalit par des groupes armés palestiniens, prive les détenus et leurs familles d’un lien d’une importance vitale et coupe les détenus du monde extérieur. Ces quatre dernières années, plus de 700 familles de Gaza ont ainsi été empêchées de voir leurs proches maintenus en détention.

Conformément au droit international humanitaire, les personnes détenues par Israël dans le cadre du conflit armé ont le droit de recevoir la visite de membres de leurs familles. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) demande instamment à Israël, pour des raisons humanitaires, de lever la suspension de ces visites familiales, afin que tous les détenus originaires de Gaza puissent en bénéficier à nouveau.

Le CICR considère ces contacts entre détenus et leurs proches sous l’angle exclusivement humanitaire. La décision prise par les Israéliens touche tout particulièrement les enfants, dont les liens avec leurs parents détenus risquent de s’effilocher, voire de se rompre. Le CICR, qui   facilite ces visites familiales à partir de la Cisjordanie et de Gaza depuis plus de 40 ans, n'a cessé d'adresser des demandes aux autorités israéliennes pour qu'elles autorisent leur reprise.
Les familles de détenus, notamment des mères, des veuves et des enfants, organisent une fois par semaine une manifestation de solidarité devant le bureau du CICR à Gaza. Elles brandissent des photos de leurs proches incarcérés dans des lieux de détention israéliens, dans l'espoir de parvenir ainsi à persuader les autorités de lever la suspension de ces visites.
Le CICR rappelle aussi régulièrement au Hamas l’obligation qui lui incombe en vertu du droit international humanitaire d’épargner la vie de Gilad Shalit, de le traiter avec humanité et de lui permettre de maintenir des contacts réguliers et sans restrictions avec sa famille.
Le bouclage de la bande de Gaza par Israël au lendemain de la prise du pouvoir par le Hamas en 2007 a considérablement restreint l’accès des Palestiniens à Israël, touchant de manière particulièrement dure ceux d’entre eux qui souhaitent rendre visite à des proches détenus dans des prisons israéliennes.  
Pour plus de détails sur la position du CICR concernant la détention de Gilad Shalit, consultez le communiqué de presse qui sera publié jeudi 23 juin dans la matinée sur www.cicr.org.

Sujet de la vidéo

La vie de Najya Mesleh a basculé à tout jamais il y a 18 ans lorsque, une nuit, des soldats israéliens ont fait irruption dans la maison où elle vivait avec son mari et ont arrêté celui-ci. Les faits se sont produits deux semaines avant leur premier anniversaire de mariage. Elle était alors enceinte de leur premier enfant.

Après l’arrestation de son mari, elle a continué à vivre avec sa belle-famille, jusqu’à ce que leur maison soit détruite lors de l’opération militaire contre Gaza (2008-2009). Aujourd’hui, elle partage une petite maison avec sa vieille mère malade à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. De temps en temps, elle va rendre visite à la famille de son mari et retrouve ses nièces.

Au début, pendant les quelques premières années, Najya était autorisée à toucher les mains de son mari à travers les treillis métalliques, lorsqu'elle allait lui rendre visite. Pour elle, cela comptait énormément. Par la suite, les autorités pénitentiaires israéliennes ont décidé de remplacer ces treillis par une épaisse vitre de verre, rendant le contact physique impossible. Puis, invoquant des raisons de sécurité, elles lui ont interdit de venir voir son mari. C’était quelque temps avant la suspension totale des visites familiales en 2007. Najya rêve d’avoir un jour un enfant de son mari. Espérant qu’il sera un jour libéré, elle a décidé de l’attendre.

Cela ne faisait même pas une année qu’ils étaient mariés quand son mari a été arrêté et emprisonné. Depuis, elle n’a plus jamais eu l’occasion de se retrouver dans l’intimité avec lui. Quant à sa grossesse, elle s’est terminée par une fausse couche, provoquée par les circonstances éprouvantes auxquelles elle a alors dû faire face. Elle a sans doute perdu les plus belles années de sa vie à attendre le retour de son mari. Quelque part, elle sait qu'elle ne pourra jamais lui donner un enfant ni connaître les joies de la maternité. Elle ne lui a plus rendu visite depuis maintenant quatre ans. Lui a été condamné à une peine de 99 ans de prison.

Jumana Abu Jazar est une magnifique petite Palestinienne aux grands yeux noirs et au sourire angélique. Bien qu’elle n'ait que dix ans, elle a déjà connu beaucoup d'épreuves. En 2010, son père a été arrêté par des soldats israéliens alors que sa mère était enceinte d'elle. Quatre mois après la naissance de Jumana, sa mère est tombée gravement malade et elle est morte. Jumana a alors été confiée à un oncle, mais il a été tué par l'armée israélienne dans la ville de Rafah, quelques années plus tard.

Aujourd’hui, Jumana habite chez sa grand-mère, qui est âgée et malade. Chaque jour, elle va à l’école, et elle rêve de devenir médecin ou avocate : médecin, parce que sa mère est morte d'une insuffisance rénale et qu'elle veut soigner les gens qui souffrent de ce genre de troubles ; avocate, pour pouvoir défendre les personnes qui sont en prison.

Jumana a grandi en l’absence d’un père qu’elle n’a vu qu’à deux reprises ; la dernière fois, c’était en 2006. « La dernière fois que je l’ai vu, j'avais six ans. Mon père est en prison, ma mère est morte, mon grand-père est mort et mon oncle Ayman a été tué par les soldats israéliens. Je suis sa seule fille. Quand mon papa sera finalement libéré, la première chose que je ferai sera de l'embrasser et de lui demander de m'emmener à l'école comme le font les autres parents avec leurs enfants. Et puis, il se réjouira avec moi quand je recevrai mon certificat d’études », confie Jumana.

 

Fait et chiffres
• Le CICR visite quelque 8 000 Palestiniens incarcérés dans des lieux de détention israéliens.
• Plus de 700 de ces détenus sont originaires de Gaza et sont actuellement privés de visites familiales.
• En vertu du droit international humanitaire, Israël doit permettre aux détenus palestiniens de recevoir des visites de leurs proches, lorsque c’est possible.
• Le CICR facilite les contacts entre les détenus palestiniens et leurs familles à partir de Cisjordanie et de Gaza depuis plus de 40 ans.
• En juin 2007, les autorités israéliennes ont suspendu le programme de visites familiales en faveur des Gazaouis.
• Plus de 30 proches de détenus sont morts depuis la suspension du programme, sans avoir pu dire adieu à leurs êtres chers.

 

Liste des plans:

00:00     Vues de la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.

00:25     La grand-mère de Jumana préparant un sandwich pour sa petite-fille.

00:39    Jumana s’adressant à une photo de son père. Bande son (arabe): « Au revoir papa, je vais à l’école ; prie pour moi. »

00:44   Jumana et ses compagnons en route vers l’école.

00:49   Gros plan sur l’école de Jumana.

00:54  Jumana et ses camarades frappant dans leurs mains à l’unisson, puis se dirigeant en rangs vers leur classe.

01:03   Enseignante écrivant au tableau noir ; long plan sur les élèves assis à leurs pupitres.

01:08   Jumana prenant des notes dans son cahier.

01:19   Jumana et ses camarades répondant aux questions de la maîtresse.

01:25   Jumana et sa grand-mère sortant de chez elles.

01:33   Jumana et sa grand-mère descendant lentement la rue en direction d’un arrêt de bus.

01:37   Jumana et sa grand-mère montant dans  le bus.

01:42   Fermeture des portes du  bus.

01:45   Long plan sur le bureau du CICR en ville de Gaza ; arrêts de bus en face du bâtiment.

01:54  Jumana, sa grand-mère et Najya descendant du bus et traversant la rue.

02:06  Logo du CICR, puis gros plan sur les familles de détenus arborant des photos de leurs proches lors d’un des sit-in organisés chaque lundi.  

02: 19 Gros plan sur la photo d’un détenu palestinien brandie par une femme lors du sit-in.

02:25   Gros plan sur des femmes palestiniennes arborant des portraits de leurs proches détenus lors du sit-in ; en fond sonore, la voix de Jumana : « Cher papa, sois patient ; les chaînes seront brisées ; les chaînes seront brisées. »

02:30 Gros plan sur le visage de Jumana.

02:35  Bande sonore (arabe – 11") - Jumana: « Où est mon père ? Où est mon père ? Où est mon père ? Où sont les gens, où sont les gens pour m'écouter ? Je veux voir mon père. Je veux vivre comme les autres enfants. »

02:46  Plan élargi sur les familles de détenus arborant des photos de leurs proches devant le bureau du CICR.

02:51  Bureau du CICR : Jumana scandant des slogans de soutien aux détenus gazaouis.

02:56 Gros plan sur Jumana arborant une photo de son père.

03:03  Jumana sautant à la corde sous le regard de sa petite cousine.

03:16  Bande sonore (arabe – 28") - Jumana: « Quand Jimmy Carter est venu à Gaza, je lui ai parlé ; je lui ai dit que mon père était en prison, que ma mère était morte, que mon grand-père était mort, et que mon oncle, que j'appelais "papa", était mort en martyr. Mon père n’a personne d’autre que sa fille, et moi je n’ai personne d’autre que Dieu et que mon père. Un jour, je lui ai demandé : " Es-tu capable d’attendre dix ans pour revoir la seule fille que tu as ? " Il a répondu : " Non ! Non ! ", et il s'est mis à pleurer. »

03:44  Bande sonore (arabe – 15") -  Grand-mère de Jumana : « Alaa, mon fils, où es-tu ? Alaa, tu me manques tant ! Jumana me demande de tes nouvelles tous les jours, mon cher fils. Qu’est-ce que je peux bien te dire?  Que je t’adresse mes chaleureuses salutations à toi, mon fils, et à tous ceux qui sont derrière des barreaux. »

03:59  Najya gravissant une colline à Gaza.

04:04  Najya au sommet de la colline regardant vers la mer.

04:09  Gros plan sur Najya marchant au bord de la mer à Gaza.

04:14  Najya assise sur un rocher et regardant vers le large.

04:18 Gros plan sur Najya pénétrant dans la chambre de sa mère avec le plateau du petit-déjeuner ; sa mère est assise à même le sol.

04:22 Gros plan sur le plateau du petit-déjeuner, puis sur Najya et sa mère mangeant et buvant du thé.

04:31 Bande sonore (arabe) – Najya en conversation avec sa mère.

04:36 Najya prenant un cadre avec la photo de son mari et la mettant dans son sac.

04:42 Najya sortant de chez elle et fermant la porte.

04:48 Najya descendant la rue en direction de l’arrêt de bus.

04:54 Najya arrivant à l’arrêt, saluant ses amies, puis attendant le bus.

05:04 Najya montant à bord du bus qui vient d’arriver.

05:14 À l’intérieur du bus, Najya saluant Jumana.

05:21 Najya parlant à d’autres femmes à bord du bus.

05:36 Najya scandant des slogans lors du sit-in du lundi devant le bureau du CICR ; elle arbore la photo de son mari. Bande sonore (arabe) – Najya : « La prison a pris beaucoup de mon temps. La prison a pris beaucoup de mon temps. Je veux voir mes enfants. Je veux voir mes enfants », martèle-t-elle en se faisant l’écho des revendications des détenus.

05:49 Bande son (arabe – 32") – Najya : « Nos souffrances se sont accrues en 2003, lorsqu’une vitre de verre est venue s’ajouter au treillis métallique qui séparait déjà les détenus de leurs proches. Cela a mis une barrière émotionnelle entre eux et nous. Avant, nous avions le plaisir de pouvoir toucher les mains ou les doigts de ceux que nous aimons. Mais nous avons été privés de ce contact. Avant, une mère pouvait embrasser son fils ; un petit enfant pouvait donner un baiser à son père. »

06:21 Bande son (arabe – 31") – Najya : « À cette époque de l’année, il y a beaucoup d’examens. Je vois plein d’enfants qui vont à l’école (…), et je me dis que j’aimerais tellement avoir un garçon ou une fille qui remplisse mes journées et me fasse sentir mère. Mais je n'ai rien de tout ça et cela me fait très mal. » 06:40 « La première fois que j’ai entendu l’histoire de Jumana et de son père emprisonné, j’ai été tellement émue que je me suis effondrée. »

06:52    Bande sonore (arabe – 29") – Najya : « Quand elle s’est mise à me parler, Jumana m’a dit que son père était en prison, que sa mère était morte, ainsi que son oncle et son grand-père, qui s’étaient occupés d’elle. Alors, je me suis demandé comment un enfant pouvait survivre sans père et sans mère. Moi, je suis une femme sans mari et une mère sans enfants. Lorsque j’ai entendu ça, je l’ai prise dans mes bras. » (Voir plan suivant)

07:21 Najya s’effondre en serrant Jumana dans ses bras lors du sit-in devant le bureau du CICR.

07:42 Juan Pedro Schaerer, chef de la délégation du CICR pour Israël et les territoires occupés  (anglais – 33") : « Notre position est assez claire. Israël a l’obligation de permettre aux familles de rendre visite aux personnes originaires de Gaza qu'il détient ; le droit international humanitaire est très clair à cet égard. S’agissant des membres de la famille directe – pères, mères et enfants –, ils ont le droit de pouvoir rester en contact avec leurs proches qui sont détenus par les forces de sécurité israéliennes, et il n’est pas acceptable que des personnes âgées meurent sans avoir la possibilité de revoir une dernière fois leur fils détenu. »

08:16 Juan Pedro Schaerer, chef de la délégation du CICR pour Israël et les territoires occupés  (anglais – 29") : « En ce qui concerne Gilad Shalit, la situation n’est pas acceptable non plus, au regard du droit international humanitaire. Cela fait plus de cinq ans qu’il est détenu sans pouvoir être en contact avec sa famille. Le CICR n'a jamais pu le visiter pour observer ses conditions de détention. Nous demandons de toute urgence au Hamas de lui permettre d'échanger des nouvelles avec sa famille. »

08:45 (À partir d’ici jusqu’à la FIN, images d’archives du CICR datant de 1997 et de 2004.) Gros plan sur des cartes remplies par des collaborateurs du CICR en vue d’une visite familiale.  

08:51 Couple de personnes âgées prenant une carte.

08:55 Couple de personnes âgées à bord d’un bus, en route pour la prison où un de leurs proches est détenu.

08:59 Arrivée du bus à un poste de contrôle.

09:06 Passagers descendant du bus.

09:10 Soldat vérifiant les cartes d’identité palestiniennes.

09:17 Proches attendant à l’extérieur de la prison.

09:23 Proches s’embrassant à travers le treillis métallique.

09:34 Détenus s’entretenant avec leurs proches par téléphone, une vitre de verre les séparant.

09:50 Prisonniers au téléphone (visages floutés).

09:53 Prisonnier prenant congé des siens après une conversation par téléphone interposé.

09:56 FIN

 

Informations complémentaires :
Hicham Hassan, CICR Genève, tél. : + 41 79 53 69 257  
Umar Phiri, CICR Gaza, tél. : +972 599 60 30 15
Cecilia Goin, CICR Jérusalem, tél. : +972 52 601 91 50
Nadia Dibsy, CICR Jérusalem, tél. : +972 52 601 91 48
Ran Goldstein, CICR Tel Aviv, tél. : +972 52 275 75 17


  • Copyright: CICR, accès libre
  • Année: Juin 2011
  • Lieux de tournage: Bande de Gaza / Israël
  • Durée: 9'56
  • Disponible en : Son : anglais, arabe
  • Référence: V-F-CR-F-01095-A

Format : Mpeg2 / 16:9 anamorphique / SD