Page archivée: peut contenir des informations obsolètes
  • Envoyer
  • Imprimer

Armes à dispersion : le CICR demande aux États d'adopter un traité fort à Dublin

14-05-2008 Communiqué de presse 08/79

Genève (CICR) – Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a déclaré aujourd'hui que les États qui se préparent à négocier un nouveau traité interdisant les armes à dispersion (armes à sous-munitions) – cause de maux inacceptables infligés aux civils – doivent agir avec détermination pour maîtriser le fléau que représentent ces armes.

Plus de 100 États se réuniront lors d’une conférence diplomatique qui aura lieu du 19 au 30 mai à Dublin, une étape essentielle du processus qui a été engagé à Oslo en février 2007 et qui, depuis, n'a cessé de prendre de l'ampleur.

« Les armes à dispersion sont des armes qui n'arrêtent jamais de tuer », a affirmé le président du CICR, Jakob Kellenberger, qui devrait prendre la parole à l'ouverture de la conférence de Dublin. « En menant son action pour les personnes touchées par un conflit armé, le CICR a souvent été le témoin des effets horribles de ces armes sur les civils. Les États devraient maintenant conclure un traité qui interdira les armes à dispersion imprécises et non fiables, prévoira leur enlèvement et apportera une assistance à leurs victimes. »

Certaines de ces armes peuvent disperser jusqu'à 650 sous-munitions explosives sur une superficie de plus de 30 000 m². Elles sont malheureusement connues pour être imprécises et ne pas exploser à l'impact comme prévu.

Dans plus de 20 pays, des sous-munitions non explosées ont effectivement rendu de vastes zones aussi dangereuses que des champs de mines. Cet héritage meurtrier peut encore perdurer pendant des générations. Le Laos, par exemple, pays le plus touché au monde, lutte toujours pour venir à bout de cet héritage estimé à 270 millions de sous-munitions larguées dans les années 60 et 70. Des dizaines de millions n'ont pas explosé à l'impact et continuent de tuer chaque jour.

Sans une action internationale urgente concertée, le nombre des victimes d’armes à dispersion pourrait augmenter bien plus que celui des victimes de mines antipers onnel, mines qui sont maintenant interdites par 156 États. Des milliards d’armes à dispersion sont de nos jours stockées par des États. De nombreux modèles sont anciens, imprécis et non fiables. Mais contrairement aux mines antipersonnel, qui étaient aux mains de presque toutes les forces armées, seuls quelque 75 États possèdent actuellement des armes à munitions.

« Nous avons maintenant la possibilité d’agir pour éviter des souffrances humaines à une échelle potentiellement massive, a ajouté M. Kellenberger. Les États doivent saisir l'occasion exceptionnelle qui leur est donnée ici d'empêcher les armes à dispersion de tuer et de mutiler un nombre incalculable d'autres civils. »

  Informations complémentaires :  

  Claudia McGoldrick, CICR Genève, tél.: +41 22 730 2063 ou +41 79 217 3216  

     

     

     

  Cliquez ici pour des faits, des chiffres et d'autres ressources documentaires sur les armes à dispersion.