Libéria : des années après la fin du conflit, les besoins en assistance persistent
10-11-2010 Communiqué de presse 10/204
Monrovia / Genève (CICR) – Le manque de soins de santé, d’eau potable et d’assainissement est l'une des principales difficultés auxquelles les Libériens font aujourd’hui face. « Sept ans après la fin du conflit armé, la population a toujours besoin d’assistance humanitaire », déclare Karin Hofmann, chef de la délégation du CICR au Libéria.
Une étude menée en 2009 confirme que le conflit a eu des effets dévastateurs sur quasiment tous les Libériens : des 500 personnes sondées, presque toutes (96%) ont été confrontées à la violence.
Depuis la fin de la guerre, en 2003, le CICR a progressivement adapté son opération, privilégiant les projets en faveur des plus démunis aux activités d’assistance et de protection à grande échelle. L’institution travaille principalement à soutenir les programmes que mène la Croix-Rouge nationale du Libéria dans les domaines de la préparation aux situations d’urgence, de la santé communautaire, de la promotion des principes humanitaires et du rétablissement des liens familiaux, renforçant ainsi son partenariat avec la Société nationale.
Pour commémorer les 20 ans de son action humanitaire ininterrompue dans le pays, le CICR inaugure, le 11 novembre, une exposition de photos au Musée national de Monrovia. D’autres événements seront organisés conjointement par le CICR et la Société nationale dans la capitale pour rendre hommage à la fois aux victimes du conflit armé et aux collaborateurs de la Croix-Rouge qui ont travaillé sans relâche pour atténuer leurs souffrances.
« Les photos mettent en évidence l’impact durable d’un conflit armé qui a déchiré le pays pendant plus d'une décennie, ainsi que les souffrances inouïes du peuple libérien, explique Mme Hofmann. Pendant les batailles féroces dont Monrovia a été le théâtre, des milliers de personnes ont reçu une assistance, les blessés ont été évacués et soignés, et les hôpitaux approvisionnés en médicaments et en matériel médical. » Le CICR a également visité des personnes privées de liberté, afin d'observer leurs conditions de détention et le traitement qui leur était réservé. Enfin, l’institution a constamment rappelé aux parties au conflit qu’elles devaient respecter les règles de la guerre, mais celles-ci les ont plus souvent ignorées qu'observées.
« Beaucoup de Libériens se rappellent encore des affiches de plus de 2 000 enfants séparés de leurs parents qu’ils ont vues placardées dans les lieux publics », ajoute Mme Hofmann, alors qu'elle commente une des photos de l’exposition. « Ces photos étaient souvent pour les parents le premier indice leur révélant que leur enfant était vivant. C’était aussi la première étape d’un processus permettant de réunir des enfants avec leurs familles vivant dans un pays voisin. »
Les jeunes qui, à l’époque, ont enduré tant de souffrances constituent la moitié de la population libérienne actuelle. Certains d'entre eux participeront à des jeux destinés à mettre en lumière l'importance des principes humanitaires. Après le Musée national de Monrovia, l’exposition sera présentée tour à tour à Voinjama, Zwerdu, Saniquellie, Gbarnga et Tubmanburg.
Informations complémentaires :
Carla Bou Kheir, CICR Monrovia, tél. : +231 65 19 967 ou +231 77 55 65 33
Steven Anderson, CICR Genève, tél. : +41 79 536 92 50 ou +41 22 730 20 11
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