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Libye : les volontaires du Croissant-Rouge et le personnel médical en danger

17-05-2011 Point sur les activités

Les combats qui font rage à Misrata et dans d’autres villes de Libye entravent l'acheminement de l’aide médicale aux civils et font des victimes parmi le personnel de santé.

Le Croissant-Rouge libyen indique qu’au cours des quatre derniers jours, trois de ses ambulances ont été touchées lors de trois incidents distincts, entraînant la mort d’un membre du personnel infirmier et blessant un patient et trois volontaires. De plus, le CICR a reçu des allégations concernant l'usage abusif des emblèmes de la croix-rouge et du croissant-rouge pour appuyer des opérations militaires et l'utilisation des ambulances pour transporter des armes et des porteurs d'armes.

« Toutes les parties au conflit doivent s’abstenir de nuire aux blessés, au personnel médical, aux véhicules médicaux et aux installations médicales », a déclaré Georgios Georgantas, chef adjoint des opérations du CICR pour l'Afrique du Nord et de l’Ouest. « Le personnel médical et les ambulances doivent pouvoir atteindre les blessés. Nous rappelons aux autorités et à tous les porteurs d’armes qu’ils doivent respecter les services médicaux et les emblèmes du croissant rouge et la croix rouge. »

Les deux principaux hôpitaux de Misrata ont du mal à faire face à l’afflux de blessés, situation qui est aggravée par le fait que de nombreux médecins spécialistes et le personnel infirmier ont fui la ville. « Le traitement des cas critiques est difficile, et il est actuellement impossible de traiter les patients atteints de cancer et les personnes souffrant de maladies chroniques », a expliqué le médecin du CICR Gabriel Salazar. Une équipe du CICR a visité la semaine dernière l’hôpital Al Hikma et l’hôpital du Croissant-Rouge libyen, distribué des kits de matériel chirurgical et des assortiments de pansements. L'équipe a évacué 108 civils de Misrata à Benghazi. Au to tal, 35 de ces patients ont été hospitalisés, dont 25 blessés de guerre.

  Les civils menacés par les munitions non explosées à Misrata  

« Les combats dans les rues de Misrata ont laissé un spectacle de désolation. L'ampleur des destructions est impressionnante et une grande quantité de munitions non explosées jonche le sol, dit Herby Elmazi, délégué du CICR chargé de l’opération de déminage visant à réduire ces risques en Libye. « Nous avons évalué durant trois jours la situation à Misrata et je puis confirmer que la contamination par les armes dans la ville fait peser sur la population civile des risques considérables », a-t-il expliqué. Il est urgent de procéder à l’enlèvement de ces engins, et nous espérons commencer cette opération la semaine prochaine. Notre approche consistera à former des volontaires locaux et à leur fournir des équipements adéquats pour qu’ils puissent nettoyer les zones les plus touchées de la ville et permettre aux civils de se déplacer en toute sécurité. »

Pendant ce temps, l’équipe de déminage du CICR poursuit ses activités à Ajdabiya, travaillant en étroite collaboration avec les volontaires du Croissant-Rouge libyen. À ce jour, 300 engins non explosés ont été enlevés des maisons et des rues, ce qui a permis à un grand nombre de familles de rentrer chez elles en toute sécurité en dépit de la situation instable.

L’accès à l’eau demeure problématique à Misrata. Les habitants continuent de s'approvisionner à partir de l’usine de dessalement et des puits locaux. L'équipe du CICR continuera à suivre de près la situation de l’eau au cours des prochains mois. On trouve encore du carburant mais la situation pourrait changer dans les deux ou trois mois à venir. Le CICR a fourni des équipements électriques à la compagnie générale d'électricité de la Libye en ville afin qu'elle puis se effectuer des réparations.

Lors de sa visite de trois jours à Misrata, l'équipe du CICR a distribué des vivres et autres secours essentiels à environ 300 ressortissants étrangers vivant dans le camp administré par des volontaires du Croissant-Rouge libyen.

Les délégués ont également visité et enregistré 185 détenus dans les deux lieux de détention relevant de l’opposition armée libyenne. Plus de 170 messages « sain et sauf » ont été recueillis et seront remis aux familles des détenus qui attendent anxieusement de recevoir des nouvelles.

     

  Soutien au Croissant-Rouge libyen  

Depuis le début du conflit, les volontaires du Croissant-Rouge libyen ne ménagent aucun effort pour venir en aide aux civils. En tant que partenaires du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, le CICR et le Croissant-Rouge libyen coopèrent pour aider les personnes déplacées à l'intérieur de leur pays, rétablir le contact avec les membres des familles dispersées, sensibiliser les civils (surtout les enfants) au danger des munitions non explosées et informer l'équipe de déminage du CICR des zones à dépolluer de toute urgence.

Le CICR a soutenu le Croissant-Rouge libyen dans la formation de sensibilisation aux dangers des mines de 16 volontaires de différentes branches locales de l'est de la Libye, qui à leur tour, formeront leurs collègues et sensibiliseront les civils aux risques auxquels ils sont exposés dans leurs zones. À ce jour, plus de 1 800 personnes ont assisté à des séances de sensibilisation aux mines, dont 200 enfants.

Le CICR a également fourni au personnel du Croissant-Rouge libyen à Benghazi et à Misrata des téléphones satellitaires afin que les familles dispersées puissent rétab lir le contact avec leurs proches. À ce jour, plus de 4 500 appels téléphoniques ont été passés en Libye et à l'étranger.

Enfin, le CICR a donné 15 véhicules à diverses branches locales du Croissant-Rouge libyen afin de permettre aux volontaires d’exécuter les programmes mis au point conjointement avec le CICR et de renforcer la capacité opérationnelle du Croissant-Rouge libyen en général. 

  Assistance aux frontières  

Dans le sud-est de la Tunisie, le CICR, le Croissant-Rouge tunisien et la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge continuent d’apporter une assistance aux civils en provenance de Libye. Selon le HCR, quelque 4 600 ressortissants étrangers bloqués sont toujours dans le camp de Choucha proche du passage frontalier de Ras Jdir. Par ailleurs, le nombre de réfugiés hébergés dans le camp de Remada près de la frontière à Dehiba est tombé à 1 600, bon nombre de réfugiés étant hébergés dans des familles d'accueil.

Depuis la fin février, plus de 56 000 appels téléphoniques ont été passés grâce au CICR, ce qui a permis aux personnes ayant fui vers la Tunisie de rétablir le contact avec leurs familles. Au cours des derniers jours, l’institution a distribué quelque 5 000 couvertures et 2 750 trousses d'hygiène au Croissant-Rouge tunisien à Sfax pour que la Société nationale puisse les distribuer aux réfugiés libyens dans les camps frontaliers.

Au poste frontalier de Salloum en Égypte, le CICR et le Croissant-Rouge égyptien ont servi la semaine dernière des petits déjeuners à quelque 1 100 personnes en moyenne par jour. Durant la même période, les personnes bloquées à la frontière ont passé plus de 300 appels téléphoniques à leurs familles. En outre, le CICR continue d'aider les personnes qui ne sont ni égyptiennes, ni libyennes à obtenir les papiers nécessaires p our retourner dans leur pays.

     

     

     

     

  Informations complémentaires :  

  Dibeh Fakhr, CICR Benghazi, tél. : +870 772 390 124  

  Marçal Izard, CICR Genève, tél. : +41 22 730 24 58 ou +41 79 217 32 24