Libye : une campagne radio alerte la population sur les dangers des engins non explosés
22-11-2011 Communiqué de presse 11/236
Tripoli / Genève (CICR) – Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et le Croissant-Rouge libyen lancent aujourd'hui une campagne radio de trois semaines destinée à alerter la population sur les risques que représentent les débris de guerre explosifs.
Le danger existe à différents endroits du pays mais la campagne vise principalement les personnes qui peu à peu rentrent chez elles à Syrte et Bani Walid. À la suite des combats intenses qui y ont été livrés jusqu'au mois dernier, il reste de nombreux engins qui polluent ces deux villes.
« Dans ces zones urbaines, la menace que représentent principalement les petites armes non explosées telles que les grenades, les roquettes et les obus de mortier, est grande pour les civils, dit Jennifer Reeves, une déléguée du CICR. À Syrte, rien que la semaine passée, deux enfants qui jouaient avec un de ces engins, et un jeune homme qui débarrassait sa maison endommagée ont été grièvement blessés. De nombreuses personnes ignorent les dangers que représentent certaines munitions qui peuvent exploser au moindre contact. » Au cours du mois qui vient de s'écouler, des dizaines de civils ont été tués ou mutilés dans le pays dans des circonstances similaires.
Cinq stations de radio – Radio Bani Walid, Radio Libye et Sawt Trablus à Tripoli, Radio Libye Al Hurra à Benghazi et à Misrata – diffuseront les messages six fois par jour. Les annonces radiodiffusées font partie d'une campagne plus large qui vise à informer la population des dangers que représentent les engins non explosés. Des prospectus sont distribués et des affiches placardées dans les zones contaminées où des volontaires, pour la plupart du Croissant-Rouge libyen, font passer des messages d'avertissement.
Depuis plus d'une semaine, le CICR s'emploie à retirer physiquement les débris explosifs des rues et des habitations à Syrte et Bani Walid. Il a déployé dans chaque ville une équipe chargée de retirer les munitions non explosées. Chaque équipe est composée de deux experts en déminage, d'un médecin et d'un collaborateur local.
Les opérations de déminage sont organisées en coordination étroite avec les autorités locales et conduites avec le soutien des volontaires qui recueillent des informations auprès de la population sur les engins non explosés. « À Syrte et à Bani Walid, nous avons été submergés de rapports d'habitants qui craignaient pour eux-mêmes et pour leur famille », explique Jennifer Reeves.
« L'éducation aux risques est essentielle si nous voulons aider la population à se protéger en attendant que disparaisse le danger que représentent les débris de guerre non explosés, car leur retrait sera long et coûteux en ressources dans les zones gravement polluées, ajoute-t-elle. Nous travaillerons en collaboration étroite avec d'autres organisations humanitaires dès qu'elles se seront jointes aux activités de déminage et de sensibilisation de la population dans les deux villes. »
Depuis mars, le CICR a enlevé quelque 1 400 engins non explosés dans des lieux où les hostilités ont fait d'énormes dégâts, comme à Misrata, Ajdabiya et dans le Djebel Nafoussa. Il a également formé plus de 140 volontaires de neuf sections locales du Croissant-Rouge libyen pour qu'ils sensibilisent la population locale à cette menace.
Informations complémentaires :
Soaade Messoudi, CICR Tripoli, tél. : +218 913 066 198
Soumaya Beltifa, CICR Benghazi, tél. : +218 9 923 304 560
Steven Anderson, CICR Genève, tél. : +41 22 730 20 11 ou +41 79 536 92 50
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