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Syrie : le CICR demande instamment que le droit international humanitaire soit pleinement respecté

04-08-2012 Communiqué de presse 12/161

Genève/Damas (CICR) – Alors que le conflit armé s’intensifie et fait un grand nombre de victimes civiles, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est plus résolu que jamais à poursuivre l’action qu’il mène pour répondre à des besoins humanitaires croissants.

Il appelle toutes les parties à respecter pleinement les règles et principes du droit international humanitaire, ou « droit de la guerre ».

« Nous demandons instamment à toutes les parties combattantes d’honorer les obligations qui leur incombent au titre du droit international humanitaire », déclare Robert Mardini, chef des opérations du CICR pour le Proche- et Moyen-Orient. « Nous avons déjà exprimé dans un cadre bilatéral nos préoccupations aux autorités syriennes et à certains groupes d’opposition armés. Nous lançons maintenant cet appel public urgent afin qu’il soit entendu sans délai par les parties au conflit sur le terrain, au moment même où les événements se produisent. Notre objectif est d’empêcher qu’il y ait plus de victimes et de souffrances au sein de la population civile prise au piège des combats. »

La conduite des hostilités est soumise à des règles qui lui imposent des limites dans le but de protéger la population civile et les personnes qui ne participent pas ou ne participent plus au combat, notamment les détenus et les blessés.

« En vertu du droit international humanitaire, les parties au conflit doivent en tout temps faire la distinction entre les civils et les personnes participant directement aux hostilités. Les attaques ne peuvent viser que des objectifs militaires – jamais des civils, ni des biens civils tels qu’habitations, écoles ou lieux de culte », rappelle M. Mardini, qui ajoute : « Surtout lorsque les affrontements ont lieu dans des zones urbaines densément peuplées, comme à Alep, Homs ou Damas, les parties doivent constamment exercer la plus grande précaution dans leur choix de moyens et méthodes de combat afin d’épargner, dans toute la mesure du possible, la population et les infrastructures civiles. Les civils doivent pouvoir se déplacer librement vers des zones plus sûres. »

Il est particulièrement important que les services médicaux soient protégés. « Dans des situations d’urgence comme celle-ci, avoir accès à temps à des soins médicaux appropriés est souvent une question de vie ou de mort, précise à cet égard M. Mardini. Les blessés et les malades doivent pouvoir recevoir des soins sans délai. Les parties doivent prendre toutes les mesures possibles pour leur fournir les soins médicaux dont ils ont besoin ou pour faciliter leur évacuation, tout à fait indépendamment du camp que soutiennent ou ne soutiennent pas ces personnes. » L’accès de la population aux soins dépend aussi de la mesure dans laquelle le personnel de santé, les ambulances, les hôpitaux et autres structures médicales, ainsi que le personnel humanitaire présent pour porter secours sont respectés et protégés contre les attaques. En outre, les emblèmes de la croix rouge et du croissant rouge doivent être respectés en toutes circonstances. « Le Croissant-Rouge arabe syrien a déjà perdu cinq collaborateurs, déplore M. Mardini. Plusieurs ambulances ont été la cible de tirs ou ont été volées. Ce manque de respect rend le travail du Croissant-Rouge encore plus dangereux alors même qu’il est plus nécessaire que jamais. »

« Les personnes détenues, ou qui se trouvent d’une façon ou d’une autre au pouvoir d’une partie au conflit doivent être traitées avec humanité en toutes circonstances », ajoute-t-il. Le meurtre, la torture et les autres traitements cruels sont interdits en tout temps.

Enfin, le chef des opérations du CICR pour le Proche- et Moyen-Orient demande avec insistance que « les parties au conflit prennent toutes les mesures possibles pour que les personnes qui ont fui leurs foyers à cause des combats soient en sécurité et reçoivent un abri et des soins de santé adéquats ».

Depuis le début de l’année, le CICR, en coopération avec le Croissant-Rouge arabe syrien, a fourni de l’aide dans plusieurs régions du pays à plus d’un demi-million de personnes déplacées et autres victimes de la violence. Malgré les circonstances difficiles et dangereuses dans lesquelles elles agissent, les deux organisations sont résolues à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour répondre aux besoins les plus urgents.

Informations complémentaires :
Hicham Hassan, CICR Genève, tél. : +41 22 730 25 41 ou +41 79 536 92 57
Rabab Al-Rifaï, CICR Damas, tél. : +963 993 700 847 ou +963 11 331 0476