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Syrie : l’action humanitaire doit être accrue pour répondre aux besoins

13-05-2013 Communiqué de presse 13/88

Genève (CICR) – Plus de deux ans après le début de la crise, le conflit en Syrie et ses retombées dans les pays voisins sont devenus une catastrophe humanitaire majeure. Aucune solution politique ne semble se profiler et l’aide humanitaire sur le terrain parvient de moins en moins à répondre aux besoins des Syriens. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) doit en conséquence augmenter de façon significative l’assistance qu’il apporte à la population civile gravement touchée par la violence.

Le CICR lance un appel à ses donateurs en vue de réunir 62,3 millions de francs suisses supplémentaires (quelque 65,2 millions de dollars américains ou 50,5 millions d’euros), qui lui permettront, d’ici la fin de l’année, de renforcer son action au profit des personnes vulnérables touchées par les répercussions qu’a le conflit armé à l’intérieur de la Syrie et dans les pays voisins. Ces fonds supplémentaires porteront le budget total de l’action du CICR en Syrie à 101, 3 millions de francs suisses (environ 82 millions d’euros) pour l’année 2013, faisant de cette opération du CICR la plus importante de ses opérations en termes budgétaires. 

Le chef des opérations du CICR pour le Proche et le Moyen-Orient, Robert Mardini, a déclaré au cours d’une conférence de presse à Genève : « Des millions de civils ont déjà reçu une aide en Syrie et dans d’autres pays. Ces derniers mois, nous avons eu un accès plus large à certaines des zones les plus touchées du pays. Mais face aux besoins croissants de millions de Syriens, toute l’aide humanitaire apportée reste insuffisante. Elle est en outre entravée par les difficiles conditions de sécurité et limitée par l’excès de bureaucratie et les contrôles militaires. Ce que nous prévoyons comme renforcement de notre action est certes modeste au regard des besoins, mais c’est ambitieux quand on connaît la réalité à laquelle nous devons faire face sur le terrain. »

« Pour beaucoup, la lutte pour la survie reste quotidienne, principalement du fait de l’intensification des combats et de l’extrême faiblesse de l’économie. Malgré nos appels répétés adressés aux parties au conflit pour qu’elles respectent les règles minimales de la guerre, nous ne voyons pas d’amélioration de la réalité sur le terrain. Tous les jours, des centaines de civils sont encore blessés ou tués, et des milliers sont toujours détenus ou portés disparus. Les attaques contre des structures médicales et du personnel de santé se poursuivent, a ajouté M. Mardini. Des familles entières ne cessent de se déplacer, à la recherche d’un abri dans un endroit plus sûr. On compte à ce jour quatre millions de personnes déplacées à l’intérieur de la Syrie, et 1,2 millions d’autres personnes qui ont dû chercher refuge au-delà des frontières, dans les pays voisins, et c’est une tendance qui se poursuit. Dans un certain nombre de villes et de villages où des gens sont restés, ces personnes n’ont presque plus rien et vivent dans un état de peur et d’angoisse permanent. »

Depuis le début du conflit, près d’un quart des Syriens ont perdu leur emploi. La production agricole est en chute libre, car des milliers d’agriculteurs ne sont plus en mesure de cultiver leurs terres sans risques ou d’obtenir les rendements voulus. Et l’inflation est galopante : d’après une étude du marché récemment effectuée par le CICR, le prix du panier de la ménagère aurait augmenté de plus de 50 % depuis mars 2011. Dans les zones assiégées et de conflit notamment, la demande élevée et l’offre réduite ont fait grimper les prix des biens de première nécessité, comme le pain par exemple, jusqu’à 1 000 %. Plus généralement, les prix de la nourriture, du carburant et des médicaments se sont envolés, et le pouvoir d’achat des gens ordinaires s’en est trouvé réduit comme une peau de chagrin, condamnant un pourcentage de plus en plus important de la population à l’insécurité économique.

« Aujourd’hui, des millions de personnes vivent dans une situation désespérée. Notre priorité est d’améliorer les conditions de vie et de rétablir les services publics essentiels, tels que l’approvisionnement en eau potable et le ramassage et le traitement des déchets, a précisé M. Mardini. Avec les volontaires du Croissant-Rouge arabe syrien, nous allons distribuer des colis contenant des vivres pour un mois à 450 000 personnes, des déplacés pour la plupart, ainsi que des assortiments d’articles ménagers de première nécessité à 112 500 personnes. En plus de cela, nous allons veiller à ce que l’eau potable continue d’arriver à plus de 12,5 millions de personnes à travers le pays. Et nous renforcerons notre soutien aux infrastructures sanitaires et formerons les agents de santé en vue d’augmenter leurs capacités à soigner les blessés de guerre. »

« Ces derniers mois, nous avons pu voir les résultats du dialogue que nous avons engagé avec les autorités et l’opposition. Avec le Croissant-Rouge arabe syrien, nous avons réussi à nous rendre dans des zones durement touchées par le conflit, notamment à Idlib, Alep, Homs, Hama, Deir Ezzor et Damas-campagne, où notre personnel a pu rester, jusqu’à une semaine parfois, a ajouté M. Mardini. La liberté d’accès et des trêves humanitaires plus fréquentes sont essentielles pour que nous puissions étendre nos opérations humanitaires. »

Les répercussions du conflit sont également lourdes pour les pays voisins, qui ont du mal à faire face à l’afflux des milliers de réfugiés qui, jour après jour, fuient les combats en Syrie. « Notre aide ne s’arrête pas à la frontière, et nous aidons aussi les Syriens qui ont cherché refuge dans d’autres pays, en Jordanie, au Liban et en Irak par exemple. Mais dans ces pays, notre rôle consiste à apporter un soutien à l’assistance humanitaire déjà en place », a précisé M. Mardini. Au Liban, le CICR va aider les services médicaux d’urgence de la Croix-Rouge libanaise à intensifier leur action au profit des personnes blessées qui arrivent de Syrie, et il financera le traitement d’un plus grand nombre de patients. En Jordanie, le CICR approvisionnera les postes de santé installés à la frontière et certains hôpitaux en fournitures médicales pour le traitement des patients blessés par armes. Il fournira également des secours d’urgence aux réfugiés à leur arrivée dans ces deux pays.

En 2012, le CICR et le Croissant-Rouge arabe syrien ont distribué des vivres à 1,5 million de personnes, de l’eau à 14 millions de bénéficiaires et des articles de première nécessité (articles d’hygiène, ustensiles de cuisine, couvertures et matelas) à un demi-million d’autres, en plus de fournitures médicales pour soigner des milliers de personnes malades ou blessées à l’intérieur de la Syrie. Le Croissant-Rouge arabe syrien, principal partenaire du CICR dans le pays, a aussi dispensé des soins médicaux d’urgence et les premiers secours aux personnes malades et blessées. « Les volontaires du Croissant-Rouge arabe syrien, dont 19 ont perdu la vie dans l’accomplissement de leur mission depuis le début du conflit, sont toujours extrêmement motivés, a fait observer M. Mardini. Ils continuent de risquer leur vie au quotidien pour sauver d’autres vies  et porter secours à ceux qui en ont besoin. »

 

 

Informations complémentaires :
Dibeh Fakhr, CICR Genève, tél. : +41 22 730 37 23 ou +41 79 447 37 26
Rima Kamal, CICR Damas, tél. : +963 930 33 67 18 ou +963 11 331 04 76
Samar El Kadi, CICR Beyrouth, tél. : +961 70 15 39 28
Hala Shamlawi, CICR Amman, tél. : +962 777 39 87 94