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Un nouveau rapport indique comment réduire les risques pour les ambulances

14-11-2013 Communiqué de presse 13/195

Genève/Sydney (CICR) – Un nouveau rapport sur les services ambulanciers et préhospitaliers dans les situations à risque propose des moyens de réduire les risques pour la sécurité des services de soins préhospitaliers et services ambulanciers dans les zones de violence armée. Il a été rendu public aujourd’hui dans le cadre des réunions statutaires du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge qui se tiennent actuellement à Sydney, en Australie.

Rédigé par la Croix-Rouge de Norvège avec le concours du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et le la Croix-Rouge mexicaine, ce rapport résume l’expérience de ces services sur le terrain dans plus d’une vingtaine de pays.

« Ces dernières années, il est arrivé régulièrement à travers le monde que des ambulances subissent des actes d’obstruction ou soient attaquées : en Afghanistan, en Colombie, au Liban, dans le territoire palestinien occupé, en Libye, au Yémen et en Syrie », précise le directeur général du CICR, Yves Daccord. « Ce rapport n’offre pas de solutions magiques. En revanche, il propose des mesures pratiques que peuvent prendre les autorités, les forces militaires et les fournisseurs de soins de santé eux-mêmes. Même au cœur de la violence armée, il existe des moyens de réduire les risques pour les premiers intervenants. »

Ces mesures consisteraient notamment à renforcer la législation nationale protégeant les services ambulanciers, à mieux coordonner l’action avec les autorités, les forces armées et les autres acteurs concernés, et à adopter les meilleures pratiques des pays où l’on s’est attaqué à ce problème –  par exemple, éviter le recours à des escortes armées pour les ambulances civiles et veiller à ce que le personnel ait la formation et l’équipement appropriés.

Il ne suffit pas que le personnel médical soit clairement identifiable comme tel pour que sa sécurité soit garantie. Une recommandation essentielle du rapport est d’établir un climat de confiance au sein de la communauté. « Il a fallu la mort de 12 volontaires de la Croix-Rouge au Liban avant 1987 pour que l’on se rende compte qu’il ne suffisait pas d’être neutres dans les faits – il fallait aussi être perçus comme neutres. Il n’est pas facile d’y parvenir. Cela exige un effort résolu et cohérent à tous les niveaux », explique Georges Kettaneh, secrétaire général de la Croix-Rouge libanaise.

 

Ambulance détruite lors d'une attaque. Il s'agit d'une réplique, mais la violence contre les soins de santé est bien réelle et souvent sous-estimée.  

Sydney, Australie.
Ambulance détruite lors d'une attaque. Il s'agit d'une réplique, mais la violence contre les soins de santé est bien réelle et souvent sous-estimée.
© CICR

Une autre recommandation essentielle : promouvoir l’adoption et l’application d’une législation nationale relative aux emblèmes de la croix rouge et du croissant rouge prévoyant des sanctions en cas d’abus de ces emblèmes. « Lorsqu’il n’est délibérément tenu aucun compte des symboles protecteurs, les autres mesures ne peuvent qu’offrir une protection limitée. Idéalement, il faudrait empêcher qu’il y ait des violations ; le défi consiste à trouver des moyens  d’y parvenir », dit Mads Harlem, chef de l’unité Droit international à la Croix-Rouge de Norvège. «  Pour commencer, il faut faire dans le monde entier un travail de sensibilisation au coût humain terrible de la violence contre le personnel et les structures de santé. Il faut qu’une culture de la responsabilité s’instaure chez tous les acteurs concernés. »

Les recommandations ont été élaborées pour tenter de remédier à divers problèmes auxquels sont régulièrement confrontés les premiers intervenants – problèmes qui peuvent aller de l’obstruction à leur travail aux attaques directes, tant dans des contextes de guerre que dans d’autres situations d’urgence.

Le CICR a recueilli des données sur 1 405 incidents de ce type survenus dans 22 pays entre janvier 2012 et juillet 2013. Sur ce total, 214 incidents concernaient des ambulances – plus de 270 –, dont la plupart ont été bloquées ou retardées alors qu’elles étaient en route pour une mission de soins médicaux ou de premiers secours.
 

Informations complémentaires :
Anastasia Isyuk, CICR Genève, tél. : +41 22 730 30 23 ou +41 79 251 93 02
Andrea Lundt, CICR Sydney, tél. : +61 4 1848 5120


Photos

Hôpital Mirwais, Kandahar, Afghanistan. Un taxi amène des personnes blessées, suite à des explosions dans leur village de Zhari. 

Hôpital Mirwais, Kandahar, Afghanistan. Un taxi amène des personnes blessées, suite à des explosions dans leur village de Zhari.
© ICRC / K. Holt / v-p-af-e-01707

Bent Jbail, Liban. Un convoi du CICR circule parmi les décombres, à la suite de bombardements. 

Bent Jbail, Liban. Un convoi du CICR circule parmi les décombres, à la suite de bombardements.
© CICR / J. Björgvinsson / v-p-lb-e-00494

Ligne de front de Ras Lanuf, Libye. Des médecins portent secours à un patient. 

Ligne de front de Ras Lanuf, Libye. Des médecins portent secours à un patient.
© CICR / A. Liohn / v-p-ly-e-00134

Al-Qusayr, Gouvernorat de Homs, Syrie. Un blessé est soigné dans un hôpital de campagne. 

Al-Qusayr, Gouvernorat de Homs, Syrie. Un blessé est soigné dans un hôpital de campagne.
© CICR / R. Garcia Vilanova / v-p-sy-e-00191