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Syrie : les convois humanitaires ne doivent pas être pris pour cible

10-02-2014 Communiqué de presse

Genève / Damas – Le samedi 8 février, après plusieurs heures de négociation, des camions du Croissant-Rouge arabe syrien chargés d’aide humanitaire sont entrés dans la vieille ville de Homs, avec un véhicule des Nations Unies. Ces véhicules – qui portaient clairement l’emblème protecteur du croissant rouge sur fond blanc – ont été accueillis par des coups de feu. Un des chauffeurs a été blessé. Des obus de mortier ont également été tirés à proximité du convoi. Communiqué de presse conjoint du CICR, de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et du Croissant-Rouge arabe syrien.

Le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge est profondément inquiet que les diverses parties au conflit en Syrie ne respectent pas les emblèmes protecteurs du Mouvement et que, en conséquence, la vie du personnel médical et humanitaire, notamment des volontaires et du personnel du Croissant-Rouge arabe syrien, soit régulièrement menacée. Dans tout conflit armé, le droit international humanitaire interdit les attaques contre quiconque – dans ce cas les volontaires et le personnel du Croissant-Rouge arabe syrien, leurs véhicules et leurs bâtiments – porte l’emblème de la croix rouge ou du croissant rouge.

« Étant donné les conditions extrêmement difficiles qui règnent en Syrie aujourd’hui, en particulier dans des villes comme Homs, il est absolument vital que toutes les parties au conflit facilitent le travail du personnel humanitaire et sanitaire », déclare Abdul Rahman al-Attar, président du Croissant-Rouge arabe syrien. « Elles doivent respecter les emblèmes de la croix rouge et du croissant rouge qui figurent sur les tentes, les bâtiments, les véhicules et les vêtements et épargner ceux qui les portent. »

Le Croissant-Rouge arabe syrien, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge s’unissent pour demander que des mesures immédiates soient prises pour protéger le personnel sanitaire et humanitaire. Ils pressent vivement toutes les parties de respecter et de faciliter leur mission humanitaire. Si les emblèmes ne sont pas respectés et si ceux qui les portent ne sont pas protégés, il leur est tout simplement impossible de franchir les lignes de front pour sauver des vies. Le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge réaffirme en outre que les parties doivent faciliter la fourniture rapide et sans encombre d’aide humanitaire pour les civils en détresse, et que les blessés et les malades doivent, dans la mesure du possible, recevoir les soins médicaux dont ils ont besoin. Les civils ne devraient pas avoir à partir de chez eux pour pouvoir satisfaire leurs besoins alimentaires et autres besoins essentiels.

Le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge demande à avoir accès à toutes les zones assiégées en Syrie et exige le respect des fournisseurs de soins de santé. Robert Mardini, chef des opérations pour le Proche et Moyen-Orient au CICR, dit que toutes les parties au conflit doivent faciliter le passage sans encombre de secours destinés aux civils, et souligne que tous doivent avoir pour priorité d’améliorer l’accès des malades et des blessés aux soins de santé. « Selon le droit international humanitaire, toutes les parties au conflit doivent permettre aux civils présents dans les zones de combat de fuir vers des zones plus sûres s’ils le désirent », dit-il.

Malgré l’attaque de samedi, les volontaires du Croissant-Rouge arabe syrien ont pu poursuivre leurs activités humanitaires et ont distribué 250 colis de vivres, 190 kits d’hygiène et des médicaments contre les maladies chroniques à Homs. Quelque 600 personnes ont été évacuées de la vieille ville de Homs. Par ailleurs, des collaborateurs du Croissant-Rouge et d’autres travailleurs humanitaires ont réussi à obtenir que 47 camions chargés d’aide humanitaire puissent entrer à Barzeh, dans la banlieue de Damas. De plus, au camp de réfugiés de Yarmouk, le Croissant-Rouge a administré des premiers secours aux blessés et dispensé des soins psychosociaux aux personnes profondément traumatisées par les violences, avant d’évacuer les cas les plus graves vers des infrastructures médicales en dehors du camp.

Informations complémentaires :

Anastasia Isyuk, CICR Genève, tél. : +41 79 251 93 02, courriel

Benoit Matsha-Carpentier, Fédération internationale, communications publiques,
tél. : +41 79 213 24 13, courriel

Vivian Tou’meh, Croissant-Rouge arabe syrien, Damas, tél. : +963 95 999 9639