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Journée mondiale de la santé : patients et personnels toujours victimes d’agressions

04-04-2014 Communiqué de presse

Genève (CICR) – À l'occasion de la Journée mondiale de la santé, le 7 avril, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) publie un rapport sur la violence qui touche les soins de santé. Établi d'après de nombreux cas recensés, le rapport vise à sensibiliser le public aux situations de violence que subissent les personnes ayant besoin de soins ou celles qui les dispensent.

En 2013, les personnels de santé ont été victimes de plus de 1 800 incidents violents. Comme l’indique le rapport, fournir des soins de santé ne s’est jamais révélé aussi dangereux que ces deux dernières années. En plus de présenter des informations sur les agressions, l’étude fait ressortir certains types d’incidents moins notoires, comme les incursions armées dans les services hospitaliers ou les actes de violence sexuelle à l'encontre des personnels de santé.

« Les médias ne parlent généralement de la violence contre les services de santé que lorsqu'elle frappe certains pays en proie à un conflit, comme la Syrie », explique Pierre Gentile, responsable du projet du CICR « Les soins de santé en danger » sur les risques qui menacent les services de santé. « Or le rapport du CICR indique que d’autres pays sont concernés. Il est donc urgent que les gouvernements, les forces militaires et les professionnels de la santé accentuent les efforts déployés pour rendre la fourniture des soins plus sûre partout dans le monde. »

Le rapport repose sur des informations recueillies en 2012 et en 2013 sur 1 809 incidents survenus dans 23 pays, où des actes de violence ont été perpétrés à l'encontre des patients, des personnels de santé, des ambulances ou des structures médicales.

« C'est la première fois qu'un rapport de cette nature s’appuie sur un si grand nombre d'incidents », poursuit M. Gentile. « Cela montre nettement que la situation ne connaît pas d’améliorations : les structures de santé sont encore trop souvent prises pour cibles et les patients maltraités voire tués. »

Les attaques dirigées contre les structures médicales ou qui ont lieu en leur sein représentent 40 % de l'ensemble des incidents ayant été confirmés. Dans de nombreux cas, des hôpitaux et des centres de santé ont été bombardés, ciblés par des tirs ou pillés, ce qui a souvent causé des dégâts considérables.

Dans certaines situations, les personnels de santé ont été contraints d'enfreindre la déontologie médicale et, par exemple, de ne pas administrer leur traitement médical aux patients de la partie adverse. Dans d'autres cas, ils ont été la cible d'attaques directes, notamment des assassinats, des enlèvements et des menaces.

« Nous avons été menacés par des hommes armés qui voulaient monter dans notre voiture et nous forcer à les conduire quelque part », raconte Liana Kakesa, coordonnatrice médicale adjointe du CICR à Bangui (République centrafricaine). « Quand nous avons essayé de leur expliquer notre travail, ils se sont mis en colère et ont brandi des machettes et des fusils. »

Les menaces que subissent les personnels de santé, qui peuvent priver des communautés entières de l’accès aux soins, ont des conséquences au moins aussi graves que le recours direct à la violence.

Journée mondiale de la santé : Les soins de santé en danger dans les conflits à travers le monde – Images pour les télévisions
 

Informations complémentaires :
David-Pierre Marquet, CICR Genève, tél. : +41 22 730 25 02 ou +41 79 536 92 48