• Envoyer
  • Imprimer

Syrie : attaques contre des civils à Alep

22-04-2014 Communiqué de presse 14/65

Genève / Damas (CICR) – Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est alarmé par l'escalade de la violence à Alep, dans le nord du pays. Ces derniers jours, les parties au conflit y ont mené des attaques sans discrimination contre des civils, qu'ils ont délibérément empêchés d'accéder aux biens de première nécessité.


Alep, ruines d'une maison détruite lors des combats / CC BY-NC-ND / ICRC / H. Vanesian 

 

« Ces deux dernières semaines, des quartiers résidentiels ont été bombardés sans discrimination partout dans Alep et ils ont fait des centaines de victimes civiles. C'est inacceptable, déclare Boris Michel, chef de la délégation du CICR en Syrie. Nous appelons d'urgence toutes les parties à respecter leurs obligations au regard du droit humanitaire international, et à épargner non seulement les civils, mais aussi les infrastructures essentielles, canalisations d'eau, centrales électriques et installations médicales. »

Les combats intenses qui se sont déroulés à Alep ont coupé de nombreux habitants de la ville du reste du monde. « La fermeture, ces deux derniers mois, du seul point de passage entre les zones contrôlées par le gouvernement et celles contrôlées par l'opposition, ainsi que des principales routes reliant la ville à Damas, empêche la population de se déplacer librement pour obtenir des soins de santé, de la nourriture et d'autres biens essentiels, explique Hind Akooly, délégué du CICR en poste à Alep. On nous dit que certains patients sont obligés de faire jusqu'à 14 kilomètres pour trouver un hôpital. Et faute d'électricité dans tout le gouvernorat, les gens n'ont qu'un accès limité à l'eau potable. »  

Le CICR et le Croissant-Rouge arabe syrien sont prêts à apporter des secours aux habitants d'Alep et aux infrastructures médicales de la ville, mais ils en sont empêchés tant qu'ils ne peuvent obtenir de la part des parties au conflit l'assurance qu'ils pourront atteindre toutes les personnes ayant besoin d'assistance. « Même si ces deux derniers mois nous n'avons eu de cesse de chercher à accéder aux zones directement touchées par les combats à l'intérieur d'Alep et aux abords de la ville, nous attendons toujours le feu vert du gouvernement pour y distribuer les secours d'urgence dont la population a besoin », déclare Boris Michel. Malgré ces limitations, le CICR et le Croissant-Rouge arabe syrien travaillent ensemble à remettre en état les centres qui accueillent les personnes déplacées en raison des combats, et à garantir l'accès à l'eau potable pour tous.

Le CICR demande instamment à toutes les parties présentes à Alep de protéger et d'épargner les civils, et de prendre toutes les précautions possibles pour éviter de blesser ou de tuer des civils et d'endommager les infrastructures indispensables à la survie de la population civile. Le droit international humanitaire interdit les attaques menées sans discrimination et le CICR appelle toutes les parties à s'abstenir d'utiliser des armes imprécises dans des zones densément peuplées. En outre, bien qu'il incombe en premier lieu aux parties de veiller à ce que les besoins essentiels de la population civile soient couverts, ces mêmes parties doivent immédiatement autoriser l'acheminement de l'aide humanitaire et des secours médicaux à Alep, principalement dans les zones considérées comme assiégées.

Informations complémentaires :
Ralph El Hage, CICR Damas, tél. : +963 930 336 718
Sitara Jabeen, CIRC Genève, tél. : +41 22 730 24 78 ou +41 79 536 92 31