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Quinze ans après l’interdiction des mines : veiller à ne pas relâcher la vigilance

20-06-2014 Communiqué de presse 14/108

Genève (CICR) – Quinze ans après que la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel est devenue un instrument de droit international contraignant, les mines antipersonnel continuent à faire payer un tribut en vies humaines terriblement lourd. Les États qui se réuniront la semaine prochaine à Maputo (Mozambique) devront s’atteler à maintenir et à renforcer la dynamique d’éradication de ces armes, et à améliorer le soutien dont ont cruellement besoin les victimes de ces engins.

Les États qui participeront dès le 23 juin à la troisième conférence d’examen de cette convention se pencheront sur les défis qu’il faut encore relever pour parvenir à un monde sans mines, objectif à la réalisation duquel ils s’étaient engagés pour la première fois lors d’une réunion du même type qui s’était tenue à Maputo déjà, en 1999. Alors lui-même durement touché par le fléau, le Mozambique en est aujourd’hui presque venu à bout, grâce au déminage de quasiment tous ses champs de mines.

.., les mines antipersonnel continuent à faire payer un tribut en vies humaines terriblement lourd.

Dans le discours qu’elle prononcera lors de cette conférence d’une semaine, Christine Beerli, vice-présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) saluera les progrès tangibles accomplis ces quinze dernières années, non sans toutefois mettre en garde contre tout relâchement de la vigilance. « L’utilisation des mines antipersonnel n’est acceptable sous aucun prétexte. Chaque nouvelle victime nous rappelle irrémédiablement l’urgence du déminage, ainsi que le devoir collectif qui est le nôtre de tout mettre en œuvre pour que ces armes cessent de faire des ravages. »

Le CICR insistera auprès des États sur l’importance que les victimes des mines – survivants, familles et communautés – reçoivent l’appui dont elles ont besoin, notamment en termes de soins médicaux, réadaptation physique, soutien psychosocial et autre, pour leur permettre de se réinsérer socialement et économiquement. Et Mme Beerli d’ajouter : « Beaucoup trop nombreuses sont les personnes ayant été victimes d’accidents dus à des mines, qui n’ont pas accès aux services dont elles auraient besoin. Davantage doit être fait si nous voulons constater des améliorations sensibles ; il faut notamment renforcer le système de santé publique au sens large. »

La conférence de Maputo se tient juste après que des inondations en Serbie et en Bosnie-Herzegovine ont déplacé des mines terrestres héritées du conflit de 1992-1995, et les ont charriées hors des zones où leur présence était signalée jusque-là, retardant considérablement le processus de déminage. « Dix-neuf ans après la fin du conflit, les mines antipersonnel continuent à faire peser une véritable menace sur la population. Cela montre une fois de plus, qu’en matière de déminage, il n’y a pas de temps à perdre », déclare Nicole Hogg, conseillère juridique à l’Unité armes du CICR.

Le CICR mène tout un éventail d’activités visant à réduire l’impact des mines antipersonnel, des armes à sous-munitions et autres restes explosifs de guerre, notamment dans les domaines de la sensibilisation, de la promotion du respect du droit, de la prévention – par le biais de programmes de formation à la réduction des risques – et de l’assistance chirurgicale. Il soutient également des programmes de réadaptation physique en fabriquant et en fournissant des membres artificiels et des orthèses dans 27 pays, parmi lesquels l’Afghanistan, l’Irak et le Soudan du Sud.

Informations complémentaires :
Tendayi Sengwe, CICR Maputo, tél. : +263 772 24 09 60
Ewan Watson, CICR Genève, tél. : +41 22 730 33 45 ou +41 79 244 64 70, Twitter @EWatsonICRC