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Israël : une étude du CICR révèle l'opinion du public sur le droit de la guerre

13-08-2009 Communiqué de presse 09/157

Tel Aviv (CICR) – Une nouvelle étude du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) montre que 50 % des Israéliens pensent qu'il est interdit d'attaquer des combattants ennemis dans des zones habitées, sachant qu'un grand nombre de femmes et d'enfants pourraient être tués.

Cependant, ils estiment qu'il n'y a parfois pas d'autre choix que de se résoudre à cette extrémité. En revanche, un tiers des Israéliens considèrent que de telles attaques sont autorisées.

Cette enquête a été demandée par le CICR à l’occasion du 60e anniversaire, aujourd'hui même, des Conventions de Genève, qui protègent les personnes qui ne participent pas ou plus aux hostilités. Les Conventions de Genève sont la pierre angulaire du droit international humanitaire, également appelé droit des conflits armés. Les pays du monde, y compris Israël, sont tous parties aux Conventions de Genève.

Cinq cents personnes ont participé à l'enquête menée par le groupe Geocartography Knowledge. De plus, le CICR a conduit des sondages d'opinion similaires dans huit autres pays touchés par des conflits armés ou d'autres situations de violence, afin de recueillir le point de vue du public sur certains principes essentiels du droit international humanitaire.

« Il semble que bon nombre d'Israéliens pensent que les pertes civiles sont inévitables ; toutefois, lorsqu'ils sont confrontés à des scénarios spécifiques, la majorité d'entre eux estime qu'il y a des limites aux comportements admis en temps de guerre », déclare Pierre Wettach, chef de la délégation du CICR pour Israël et les territoires palestiniens occupés.

Un peu plus de la moitié des participants (52,6 %) juge qu'il est strictement interdit de priver les civils de médicaments, de vivres ou d’eau. Plus d'un tiers (36,3 %) déclare que les attaques menées contre des institutions médicales, religieuses ou éducatives sont absolument interdite s. Sur la question de savoir s'il est acceptable d'empêcher tout contact entre les membres d'une famille séparés par le conflit dans le but d'affaiblir l'ennemi, l'opinion est partagée : 29,8 % des personnes interrogées estiment que cette pratique est autorisée, 28,1 % pensent qu'elle est strictement interdite et 36,3 % considèrent qu'elle est interdite, mais qu'il n'y a parfois pas d'autre choix.

Lorsque l’on demande aux participants pourquoi les combattants attaquent des civils ou leur infligent d'autres maux alors que ces actes sont interdits, presque la moitié (49,1 %) affirme que les combattants doivent protéger leur propre vie et celle de leurs frères d'armes. Dans le même ordre d'idées, plus d'un quart des personnes interrogées (28,6 %) estime qu'en situation de combat, un combattant devrait prendre pour cible toute personne qui s'approche de lui, même s'il n'est pas certain de savoir si cette personne est un combattant ennemi ou un civil non armé.

Les participants qui estiment que certaines actions sont strictement interdites en temps de guerre ont été priés d'expliquer pourquoi. Pour à peine plus de la moitié d'entre eux, ces actions sont contraires aux droits de l'homme, et elles s'opposent aux valeurs et aux principes de 32 % des personnes interrogées. Seulement 7 % ont cité les Conventions de Genève comme justifiant l’interdiction de certaines actions.

Par ailleurs, l'étude montre que si huit Israéliens sur dix (82,1 %) connaissent les Conventions de Genève, près de la moitié d'entre eux (46,2 %) pense que ces traités n’ont pas un impact suffisant pour empêcher les guerres de dégénérer.

« L'écart constaté entre la connaissance des règles et leur impact perçu peut indiquer que la population souhaite voir le droit mieux respecté et mis en œuvre », explique M. Wettach. « Nous continue rons de déployer des efforts pour promouvoir la compréhension et le respect des instruments du droit international humanitaire, notamment les Conventions de Genève. Cependant, c'est aux autorités politiques et aux forces et groupes armés qu'il incombe en dernier ressort de se conformer aux lois, et de veiller à ce que même les guerres aient des limites. »

  Informations complémentaires :  

  Yael Segev-Eytan, CICR Tel Aviv, tél. : +972 0522757517 (hébreu)  

  Iris Meierhans, CICR Jérusalem, tél. : +972 52 601 91 49 ou +972 259 17 900  

  Voir aussi: