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CICR – Bulletin n° 25 – Séisme en Asie du Sud

16-12-2005 Communiqué de presse

Dernier rapport sur les activités de terrain du CICR

 
    cid.gva@icrc.org  
 

Informations co mplémentaires :

Islamabad / Pakistan

Leyla Berlemont

 
    attention: L. Berlemont

New Delhi / India

Michael O'Brien

 
         
 

Geneva / Switzerland

Vincent Lusser

mobile +41 79 217 32 64

ICRC Geneva press secretariat

tel. +41 22 730 34 43

 
     

Pakistan: GMT + 4 hours; India: GMT + 4.5 hours; Geneva: GMT +1

 

  Des besoins apparaissent encore dans les régions reculées  

Deux mois après le tremblement de terre, les équipes d’évaluation du CICR découvrent encore des personnes qui ont désespérément besoin d’aide dans des régions montagneuses reculées. Une équipe qui a visité deux villages de la région de Nura Seri, dans la vallée de la Neelum, a déclaré que 95% des maisons en terre avaient été détruites. Elle a estimé que l’état de santé des villageois était alarmant, avec une augmentation des cas de diarrhée et de maladies de la peau, et des personnes souffrant de fractures n’ayant par été traitées depuis le séisme. Dans un des villages se trouvaient plus de 400 enfants de moins de cinq ans, un groupe particulièrement vulnérable.

Les villageois ont également exprimé leur souci quant à la situation sociale des veuves et d’autres personnes vulnérables qui sont dans l’incapacité de se rendre aux points de distribution des secours. Ils ont indiqué que jusqu’à 90% du bétail avait succombé, entraînant une pénurie de produits laitiers, que la majeure partie de la récolte de maïs avait également été détruite et que tous les moulins étaient brisés. Les deux villages avaient reçu un peu d’aide d’œuvres charitables locales et de l’armée.

Depuis lors, le CICR a envoyé une équipe médicale sur place qui distribuera des rations alimentaires complètes pour deux mois à tous les villageois, ainsi que des plaques de tôle ondulée aux familles les plus vulnérables.

Lorsque les équipes du CICR retournent dans les villages après une première distribution et qu’ils ont plus de temps pour parler avec les gens en eff ectuant leur travail d’évaluation et de suivi, ils découvrent régulièrement de nouveaux besoins.

  Achèvement de la première phase des distributions d’urgence conformément au plan  

Le CICR a achevé la première phase de distribution avec une légère avance, grâce aux conditions atmosphériques exceptionnelles qui ont permis aux hélicoptères de voler pratiquement sans interruption. Il était prévu de distribuer avant la fin de l’année du matériel indispensable à la construction d’abris et des vivres à 200 000 personnes touchées par le tremblement de terre – soit approximativement 25% de la population vivant dans la partie du Cachemire sous administration pakistanaise. 

La distribution continue et dans sa deuxième phase, elle inclut de nouveaux articles tels que vêtements chauds, savon, plaques de tôle ondulée et outils.

À ce jour, le CICR a distribué plus de 4 850 tonnes de secours à plus de 204 000 personnes. Il s’agit notamment de :

  • produits non alimentaires : 184 800 couvertures, 61 000 bâches et 5 200 tentes ; 33 100 vêtements pour les hommes et autant pour les femmes, 16 500 vêtements d’enfants ; 33 tonnes de savon à lessive et 10 tonnes de savon de toilette ;

  • produits alimentaires : 1 869 tonnes de riz, 869 tonnes de pois cassés, 357 tonnes de ghee, 347 tonnes de sucre, 90 tonnes de thé et 53 tonnes de sel iodé.

  Premières livraisons de tôle ondulée et de jeux d’outils  

Depuis quelque temps, il est devenu évident que les articles les plus recherchés sont des plaques de tôle ondulée et des outils permettant de réparer les maisons écroulées ou de construire des abris temporaires pour l’hiver, surtout en haut e altitude où des tentes pourraient difficilement être utilisées en raison des fortes chutes de neige.

Mais c’est plus facile à dire qu’à faire, et il a fallu plusieurs semaines pour commander ce matériel à des fabricants pakistanais. Confectionner des caisses en bois assez solides pour les transports par hélicoptères a été un autre défi. Jean Vergain, ingénieur au CICR, s’en souvient : « La première fois que nous avons testé une caisse en la soulevant dans les airs, elle s’est cassée. Il a fallu concevoir des caisses plus solides, capables de transporter jusqu’à deux tonnes de matériel sans risquer de provoquer un accident en survolant les villages. »

Les premières livraisons sont parvenues au village de Batnara, situé à une altitude de plus de 2 000 mètres dans les montagnes séparant la vallée de la Neelum de celle de la Jhelum. Chaque lot est transporté dans un grand filet suspendu sous l’hélicoptère et comprend du matériel pour 20 foyers.

Pour commencer, 5 000 foyers recevront chacun environ 12 plaques de tôle ondulée, une fine plaque de métal et un kit de réparation. Les jeux d’outils comprennent un marteau, une scie, des pinces et des clous. Ce programme est avant tout destiné aux villages d’altitude qui seront les premiers touchés par la neige et qui se trouvent dans les régions ayant reçu le moins d’aide jusqu’à présent.

Il est prévu d’étendre ces programmes si ces premières distributions sont un succès.

  Des charpentiers s’envolent vers des villages éloignés afin d’aider à construire des abris pour l’hiver.  

Les plus vulnérables des victimes du tremblement de terre, comme les veuves ou les personnes âgées, sont incapables de porter le matériel de construction elles-mêmes ou de monter des abris temporaires, même si on leur fournit des outils.

C’est pou rquoi le CICR a engagé 20 charpentiers de Muzaffarabad , qu’il transporte par hélicoptère jusqu’aux villages où ont lieu les distributions de tôle ondulée. Ces artisans y restent quelques jours pour aider les personnes qui en ont besoin à construire un abri.

  Des vêtements chauds pour l’hiver et des articles de ménage essentiels  

Dans sa deuxième phase, la distribution de secours comprend également des vêtements chauds pour les hommes, les femmes et les enfants, des chaussures, du savon à lessive et de toilette, des serviettes de toilette et des bougies.

Ce programme a démarré la semaine dernière, et jusqu’à présent, quelque 8 000 ménages ont reçu de l’aide, dans neuf villages situés essentiellement dans la vallée de la Neelum. Le but est d’atteindre près de 42 000 ménages au cours de ces prochaines semaines.

  Les deux premières semaines du dispensaire mère-enfant de Cham  

Depuis deux semaines, le dispensaire mère-enfant que le CICR a ouvert à Cham fournit des soins de santé à la population isolée vivant dans cette vallée latérale à la vallée de la Jhelum. Il accueille déjà près de 100 patients chaque jour.

L’équipe de Cham se compose du responsable de l’équipe du CICR, d’une sage-femme et de deux infirmières, dont l’une a une formation en santé publique. Elle est secondée par deux traductrices et du personnel d’appui.

À Cham, la diarrhée est un problème courant, surtout parmi les enfants, et plusieurs d’entre eux sont réhydratés quotidiennement dans une tente réservée à cette tâche. Des mères et leurs enfants souffrent d’infections des voies respiratoires. C’est pourquoi l’équipe médicale organise des cours de promotion de l’hygiène pour les patients du dispensaire et les chefs des communau tés villageoises voisines. Ces chefs locaux sont invités à transmettre ces messages de santé à leurs familles après être rentrés chez eux.

L’unité médicale du CICR prend également part à la campagne de vaccination lancée par le ministère de la Santé. Au cours des trois premiers jours déjà, plus de 200 enfants ont été vaccinés contre la rougeole, les oreillons et la rubéole. Ceux qui en avaient besoin ont reçu un rappel de la polio et de la vitamine A. D’autres ont été vaccinés contre le tétanos.

  Retour dans des lieux déjà secourus  

Le 10 décembre, les équipes du CICR sont retournées dans la région de Gujar Bandi, dans la vallée de la Jhelum, pour évaluer la situation après les distributions. C’est une pratique courante qui permet d’évaluer l’utilisation qui est faite de l’aide et de rester en contact avec les communautés déjà secourues, afin de voir quels sont leurs besoins supplémentaires ou quels changements se sont produits dans leur situation.

Les villageois ont raconté qu’une partie de la population était partie vers d’autres lieux, en laissant au moins une personne sur place pour garder leur propriété et leur bétail et pour recueillir l’aide. Des familles se sont installées plus bas dans la vallée pour protéger leurs jeunes enfants du froid hivernal. Le sol est déjà recouvert de neige, et il faut s’attendre à ce qu’il neige davantage prochainement.

Les discussions ont révélé que tous les ménages avaient reçu de la nourriture et des abris distribués par le CICR, et les villageois ont confirmé que cette aide avait été répartie équitablement. La qualité de la nourriture n’a suscité aucune plainte.

La plupart des tentes n’ont pas résisté à la première neige et certains ont dit vouloir les utiliser au printemps. Toutefois, ceux qui vivaient dans des maisons de terre n’ont pas le choix, car ils ne peuvent pas se payer de la tôle et de la main d’œuvre, dont les prix ont grimpé depuis le séisme.

Les gens sont aussi devenus plus sensibles aux maladies, car leur régime alimentaire a fondamentalement changé, suite à la perte de près de 85% de leur bétail. De ce fait, les produits laitiers, qui sont une source essentielle de protéines pour la population, sont aussi devenus rares.

  Finances  

Afin de pouvoir répondre aux besoins des victimes du tremblement de terre, le CICR a revu à la hausse son budget 2005 pour le Pakistan, passant du chiffre initial de 5,6 millions de francs suisses à 62 millions de francs suisses, pour lequel il a lancé un appel aux donateurs le 17 octobre. Cette rallonge ne couvre les opérations que jusqu’au 13 décembre 2005.

À ce jour, le CICR a reçu des contributions de plus de 56 millions de francs suisses pour ses opérations au Pakistan. Le public a donné plus de deux millions de francs, dont 840 000 francs par Internet.

Pour ses opérations humanitaires au Pakistan en 2006, le CICR a lancé un appel pour plus de 97 millions de francs.

Le CICR demande à ses donateurs et au public de continuer à répondre avec générosité à ses appels.

  Photos pour la presse : plus de 200 photos récent es du tremblement de terre et de l’action menée par le CICR sont maintenant disponibles et peuvent être commandées par courriel à l’adresse suivante : cid.gva@icrc.org      

 
 

  Une sélection de photos est disponible sur le site du CICR