Haut-Karabakh : les conséquences d'un conflit non résolu
27-12-2006 Collection de photos
Douze ans après le cessez-le-feu entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan le CICR poursuit ses activités de protection et d'assistance. Le sort de milliers de personnes disparues demeure inconnu, des mines et autres engins explosifs continuent de tuer ou de mutiler, et de nombreux déplacés n'ont toujours pas pu retourner chez eux.
-

Le conflit opposant l’Azerbaïdjan à l’Arménie sur la question du Haut-Karabakh n’est toujours pas résolu. Malgré le cessez-le-feu de 1994 la paix demeure précaire. Des incidents le long de la 'ligne de contact' continuent à faire des victimes, des mines et restes explosifs mutilent ou tuent sans discrimination et nombreux sont encore ceux qui vivent dans des camps pour déplacés.
L'une des priorités actuelles du CICR est de résoudre la question des milliers de personnes encore portées disparues en relation avec le conflit. -

Étant donné l'impossibilité pour les autorités de faire face à la complexité du problème de la tuberculose et aux coûts de la prise en charge des détenus malades, le CICR a, dans les premières années, pris en charge une part importante du programme. Il a notamment assumé la formation du personnel, l’approvisionnement en médicaments et en matériel, le dépistage, le traitement et suivi des détenus tuberculeux, ainsi que des travaux de réhabilitation des quartiers sanitaires des prisons.
-

Les délégués du CICR visitent des détenus dans les prisons d'Arménie et d'Azerbaïdjan et suivent de près le traitement et les conditions matérielles des groupes de détenus les plus vulnérables. Ils vérifient les conditions de détention et donnent aux détenus la possibilité de maintenir des contacts avec leur familles grâce aux messages Croix-Rouge. De janvier à octobre 2006 plus de 10 000 détenus ont été visités en Arménie et Azerbaïdjan.
-

Depuis le début de ses activités dans la région, en 1992, le CICR s’est efforcé de soutenir les autorités dans l’accomplissement de leurs obligations selon le droit international humanitaire. Celui-ci reconnaît le droit des familles d’être informé de ce qu’il est advenu de leur parent disparu. Le CICR encourage les autorités arméniennes et azéries à entreprendre des recherches et à informer les familles au fur et à mesure.
-

Le CICR se rend régulièrement dans les régions proches de la ligne de front pour identifier les besoins des populations qu'il transmet aux autorités ou à d'autres organisations humanitaires. Dans le cadre de ses programmes de soutien, le CICR assiste les personnes les plus vulnérables en leur distribuant de la nourriture et d'autres biens de première nécessité.
-

Afin de prévenir les accidents et de protéger tout particulièrement les enfants, le Croissant Rouge d'Azerbaïdjan, soutenu par le CICR, a aménagé une vingtaine d’aires de jeu sécurisées destinées aux populations vivants dans des zones à risque. Des enfants ont été associés à la conception de ces aires de jeu et à l’élaboration de conseils de sécurité.
-

Dès les premières visites des prisons dans la région, à la suite au déclenchement du conflit du Haut-Karabakh, les délégués du CICR ont eu à faire face à une situation d'urgence : la tuberculose se propageait rapidement dans le milieu carcéral et aucun système de dépistage ou de traitement n’avait été mis en place. Le CICR a lancé alors un programme de prévention et de traitement de cette maladie dans toutes les prisons d'Azerbaïdjan et d'Arménie.
-

Depuis plus de dix ans le CICR soutient les autorités azéries et arméniennes dans la lutte contre la tuberculose en prison en appliquant la stratégie prônée par l'OMS : le DOTS (directly observed treatment, short course). Selon cette stratégie, l'enregistrement et le dépistage des cas se font d’après des règles strictes, les médicaments sont pris sous étroite supervision et les stocks doivent être régulièrement approvisionnés afin de ne pas risquer une interruption du traitement.
-

Aujourd'hui les autorités financent déjà les médicaments du programme de lutte contre la tuberculose. L'objectif est que, d'ici 2008, elles soient en mesure de prendre les programmes entièrement en charge afin que le CICR puisse se retirer. En Azerbaïdjan, un projet pilote destiné aux prisonniers ayant développé des résistances aux traitements, le «DOTS-plus », sera lancé prochainement grâce à une collaboration entre les autorités et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
-

Les victimes de mines ont besoin de soins spécialisés, à commencer par une intervention chirurgicale d’urgence (qui dans la majorité des cas consiste en l’amputation d’un ou plusieurs membres) puis d’un service de réhabilitation physique. Il faut ensuite se procurer des membres artificiels qui doivent être régulièrement remplacés. En Azerbaïdjan le CICR soutient plusieurs services de santé, tout particulièrement dans le domaine de la réhabilitation physique.
-

Depuis le début du conflit des centaines de milliers de personnes ont été contraintes au déplacement. Les personnes vivants des deux côtés de la 'ligne de contact', qu'elles soient résidentes ou déplacées, sont exposées à des incidents de sécurité entre parties au conflit et à la présence de mines ou autres engins explosifs.
-

Actuellement plus de 4 000 personnes sont toujours portées disparues en relation avec le conflit du Haut-Karabakh. Ignorer ce qu’il est advenu d’un être cher est une souffrance que doivent endurer de nombreuses familles d’Arménie et d’Azerbaïdjan. Le CICR maintient le contact avec ces familles et les aide dans leurs démarches. Pour chaque cas une demande de recherches est ouverte, puis le CICR soumet des listes de personnes disparues aux autorités.
Un projet de collecte de données ante mortem, qui pourraient être utilisées pour identifier les restes de personnes exhumées, est en préparation dans les deux pays.
-

Un grand nombre de mines et autres débris explosifs ont été laissés après la phase d'hostilités actives et constituent un danger permanent pour la population, particulièrement au sud-ouest du pays dans la région de la "ligne de contact" (ligne séparant le Haut-Karabakh du reste de l'Azerbaïdjan); ces engins continuent de tuer ou mutiler et entravent le retour à une vie normale.

