République démocratique du Congo : pour les familles séparées par la guerre, l'espoir de retrouvailles prochaines
18-06-2009 Collection de photos
Un des volets les plus importants du mandat du CICR est de réunir les membres de familles séparées par les conflits. Au Nord-Kivu comme dans la plupart des contextes de guerre, il s'agit souvent de rassembler enfants seuls et parents angoissés.
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Shadu, 3 ans, a été retrouvé sur une route près de Rutshuru. À Goma, il a été confié à une grand-mère, déjà en charge de trois de ses petits enfants, qui a proposé de l'accueillir jusqu’à ce que l’on retrouve sa maman.
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Des voisins confirment que la femme est bien à la recherche de son fils. Mais, d'abord en photo puis face à face, Shadu ne la reconnaît pas. La femme admet alors que son fils est âgé de six ans, et non de trois. Depuis, Shadu vit toujours dans sa famille d’accueil.
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Depuis le retour de Gloria, ils sont désormais 18 à vivre sous le même toit. « Les enfants séparés ou perdus, on pense toujours que ça n'arrive qu'aux autres, mais le conflit rattrape tout le monde. Même nous qui travaillons au CICR, nous ne sommes pas à l'abri. »
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Le Pasteur Patrick Senzoga Bihuri a commencé à y accueillir des enfants séparés de leur famille ou orphelins en octobre 2008, date de la reprise de la violence au Nord-Kivu. Le CICR tente de retrouver les familles des enfants. En attendant, il a construit des dortoirs, un réfectoire et des latrines, afin d'améliorer le quotidien des enfants.
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« Beaucoup d’enfants sont déjà rentrés chez eux », raconte le Pasteur Patrick Senzoga Bihuri. « À l'automne dernier, ils étaient presque 190. Avec l'aide du CICR, nous avons retrouvé la plupart des familles. II en reste 92 aujourd'hui, dont 18 sont probablement orphelins. Pour eux comme pour les autres, nous continuons à chercher. »
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Ushindi Riziki, 13 ans, accueillie au centre du Pasteur Patrick Senzoga Bihuri à Goma : « Avec mes sœurs, nous venons de Kiwanja. Nous sommes parties toutes seules parce que notre mère était aux champs et notre père n’était pas là. Sur la route, nous avons rencontré d’autres enfants qui nous ont dit que le pasteur accueillait les enfants sans parents. Alors, nous sommes venus ici. Je ne sais pas si je retrouverai mes parents… un jour, peut-être. »
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Abraham Kishuhe-Nzuki est un employé du CICR à Goma. Il a l’habitude d’accompagner les équipes qui réunifient les enfants non accompagnés et leurs familles. Cette fois-ci, les rôles sont inversés. Avec son épouse Jacqueline, ils viennent de retrouver leur petite fille Gloria, âgée d'à peine un an et demi. Pourtant, aucune explosion de joie : en retrouvant Gloria, ils ont appris la mort de sa maman, leur fille, qui avait dû fuir les violences quelques mois plus tôt.
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Shukuru Ndagije, 17 ans, a suivi des militaires vers le nord lorsque le conflit a éclaté. Il s’est retrouvé dans la ville de Béni, où il a appris l'existence du programme de réunification familiale. Quand il est rentré chez lui, sa maman était partie à sa recherche en Ouganda. C'est sa tante, Gaudencia Nzamfurundi, qui l'a accueillie : « Ce fut une joie aussi intense que lorsque j'ai accouché de mes propres enfants. » Shukuru, lui, ne pense qu'à une chose : « retourner à l’école. »
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En consultant la photo de Shadu sur des panneaux installés dans la ville de Rubare, une femme dit reconnaître son fils. Les équipes du CICR et de la Croix-Rouge de la RDC vont alors vérifier les informations données par la mère supposée.
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À Rubare, un volontaire de la Croix-Rouge de la RDC explique à la maman comment faire pour tenter de retrouver son fils. Ensuite, elle déposera une demande de recherche auprès du CICR. C'est toujours un défi de retrouver les membres séparés d'une même famille sur la base d'informations parfois limitées.

