Personnes portées disparues au Népal : le droit de savoir
21-08-2008 Collection de photos
En 2001, après la rupture de la trêve entre le gouvernement népalais et les Maoïstes, 20 jeunes hommes ont quitté leur foyer à Jogimara, dans le district de Dhading, pour aller travailler sur le chantier d'une piste d’aéroport à 800 km de chez eux, dans l’ouest du Népal. Dix-sept d’entre eux ne sont jamais revenus.
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En 2001, après la rupture de la trêve entre le gouvernement népalais et les Maoïstes, 20 jeunes hommes ont quitté leur foyer à Jogimara, dans le district de Dhading, pour aller travailler sur le chantier d'une piste d’aéroport à 800 km de chez eux, dans l’ouest du Népal. Dix-sept d’entre eux ne sont jamais revenus.
Six ans après leur disparition, certaines familles gardent toujours l'espoir qu'ils reviendront, alors que d'autres craignent qu'ils ne soient morts. La plupart de ces familles ont effectué à contrecœur des rites funéraires en l'hommage de leurs proches disparus. Elles souhaiteraient avoir des réponses aux questions qu’elles se posent. Elles tiennent à ce que le sort de leurs proches soit rendu public et désirent avant tout faire leur deuil.
Les personnes anéanties par la disparition d’un proche, dont 18 enfants et dix femmes, ont, pour la plupart, perdu leur soutien de famille. Des centaines de ménages au Népal et des milliers d'autres dans le monde connaissent un destin semblable.
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« Nous ne savons ni lire, ni écrire, expliquent-ils, nous ne savons pas où aller, à qui parler, vers qui nous tourner pour faire la lumière sur la disparition de nos êtres chers. »
Le CICR demande instamment aux autorités d’élucider le sort de toutes les personnes disparues à la suite du conflit, de les localiser et d’officialiser leur statut. « Nous recommandons au gouvernement népalais de reconnaître officiellement la disparition des personnes dont on est sans nouvelles à Kotbada, a déclaré la délégation du CICR au Népal. Leurs proches pourront ainsi bénéficier d'un soutien financier, psychologique ou juridique du gouvernement. »
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N’ayant pas vu le corps de ses fils, Sankha Bahadur Gurung avait refusé d’accomplir des rites funéraires. Quand sa sœur est décédée, sa famille a été considérée comme impure et des proches parents n'acceptaient plus de boire de l'eau de son foyer. Lui-même n’a pas été autorisé à toucher sa propre sœur. « Lorsque j’ai effectué les derniers rites pour mes fils, j’avais le cœur lourd. Si je ne l’avais pas fait, toute ma famille aurait été stigmatisée. »
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Six ans après l’incident, il n’a plus de larmes pour pleurer. « Aucun père ne devrait avoir à accomplir un rite funéraire pour son fils, gémit-il, j’ai le cœur brisé quand je pense que je ne le reverrai plus jamais. » La rumeur de la mort de son fils s’étant répandue dans la communauté, Shrestha a effectué des rites funéraires en son hommage pour ne pas être taxé d’impur par ses voisins. Accablée de tristesse, la mère de Raj s’est empoisonnée. Shrestha n’a reçu des autorités aucune réponse officielle au sujet du sort de son fils ni aucun témoignage de sympathie pour les souffrances causées par sa disparition.
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Leur mère, Moti Maya Gurung, est convaincue qu’ils reviendront un jour. « Ils sont partis gagner de l’argent. Je crois encore qu’ils reviendront, mais cela fait si longtemps qu’ils ont disparu. Que puis-je faire ? »
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« Nous n’avions pas suffisamment à manger, alors j’ai poussé mon jeune fils à partir travailler à Kalikot. Et voilà ce qui lui est arrivé », dit-elle les larmes aux yeux.
« Chaque matin, à mon réveil, je pense avant tout à mon fils et me demande s’il va revenir à la maison dîner en famille. Ne le voyant pas le soir, je me console en me disant qu'il sera là demain matin. »
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Le père de Kumle Chepang, Bishnu Chepang, aux côtés de ses petits-enfants, fait tout son possible pour que les enfants de Kumle ne ressentent pas l’absence de leur père. Samita, la fille cadette de Kumle, était encore dans le ventre de sa mère quand il a disparu. Après plus de six ans d’attente, Bishnu ne sait pas combien de temps il pourra encore espérer le retour de son fils.
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Neuf membres de la famille de Bir Bahadur Chepang – dont le fils, Bikas Chepang, a également disparu – partent travailler comme journaliers dans les champs. Et pourtant, chaque année, sa famille a tout juste de quoi manger pour six mois.

