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Marcel Junod (1904-1961) : le médecin de la Croix-Rouge qui incarnait un certain esprit

01-06-2011 Collection de photos

    • © ICRC / hist-02893
    16 juin 1961 – 16 juin 2011

    Vidéos :

    • Red Cross unit bombed in Ethiopia
    • Marcel Junod en Corée – 1959
    • Le rapatriement de Coréens du Japon en République démocratique populaire de Corée - 1960

    Le 16 juin 1961, Marcel Junod, médecin suisse, pionnier de l’action humanitaire en Europe, en Afrique et en Extrême-Orient du milieu des années 30 à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, mourut cruellement et subitement d’une crise cardiaque. Il fut le premier médecin étranger à s’être rendu à Hiroshima après le bombardement atomique de la ville par les États-Unis le 6 août 1945.

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  • 1935
    • Né à Neuchâtel (Suisse) le 14 mai 1904, Marcel est le cinquième des six enfants du pasteur Richard Junod et de son épouse, Jeanne. Il est adolescent lorsque son père meurt et que sa mère emmène les enfants vivre à Genève, sa ville natale. Grâce à l'aide financière d'un parent, Marcel Junod réalise son ambition - être médecin - et se spécialise en chirurgie. En 1935, le CICR lui demande d'effectuer une courte mission en Éthiopie, où les forces italiennes interviennent contre l'empereur Hailé Sélassié.
      © CICR / 03-01
  • 03/1935.
    • 03/1935. Quelques semaines plus tard, il arrive en Éthiopie avec un collègue du CICR, Sidney Brown - un " grand garçon blond ", comme il le décrit plus tard. Ils ont fait connaissance à Genève, où Junod lisait tout ce qu'il pouvait pour préparer sa mission. Brown l'a prévenu : " Les livres, c'est bien beau… Il y a des textes Croix-Rouge, mais il y a surtout… un esprit ".
      © CICR / HIST-E-00087
  • 1935
    • L'Italie dit ne pas avoir besoin de l'aide humanitaire du CICR, mais les délégués sont accueillis à bras ouverts par les Éthiopiens, qui manquent quasiment de tout. Junod est chargé de coordonner une dizaine d'ambulances, dont plusieurs envoyées par des Sociétés nationales européennes. Pour se déplacer dans ce pays au relief accidenté, il dispose d'un avion - qui sera détruit par la suite dans un bombardement.
      © CICR / 04-01
  • 1936
    • 1936. Les deux parties ont signé le Protocole de Genève de 1925 interdisant l'emploi de gaz toxiques. Pourtant, l'Italie utilise de l'ypérite, qui l'aide à décimer les forces éthiopiennes et cause d'horribles souffrances aux " combattants aux pieds nus " de l'empereur.
      © CICR / Smith, Hylander / HIST-01943
  • 03/1937
    • 03/1937. Après la victoire italienne en Éthiopie, Junod est envoyé en Espagne en août 1936 pour coordonner les opérations du CICR pendant la guerre civile. C'est un nouveau défi pour lui et pour l'institution : à l'époque, dans les guerres civiles - contrairement aux conflits internationaux - aucune règle de droit reconnue ne protège les victimes. Les civils vivent en état de siège, sont privés de l'essentiel, pris en otage, séparés de leur famille…
      © CICR / HIST-01847-06
  • 1939
    • 1939. Junod et ses collègues négocient avec les deux parties pour pouvoir visiter les prisonniers et les persuadent de laisser ceux-ci communiquer avec leurs proches par messages Croix-Rouge. Plus de 5 millions de messages sont échangés pendant ce conflit.
      © CICR / HIST-02224-19A
  • 11/1939
    • 11/1939. Avec le début de la Seconde Guerre mondiale, Junod est envoyé dans toute l'Europe, visitant les prisonniers de guerre des puissances alliées et de l'Axe.
      © CICR / HIST-00883-24
  • 11/1939
    • 11/1939. La Convention de Genève de 1929 donne au CICR une base juridique solide pour visiter les militaires prisonniers de guerre, mais il n'existe rien de tel pour les internés civils.
      © CICR / HIST-02957-13
  • 08/1940
    • 08/1940. Les prisonniers et leurs proches échangent des millions de messages pendant cette guerre, par l'intermédiaire de l'Agence centrale de renseignements du CICR.
      © CICR / HIST-02956-30A
  • 1945
    • Après huit ans sur le terrain, Junod fait une pause. Il passe quelque temps au siège du CICR, où il fait la connaissance d'Eugénie Perret, qui travaille pour l'Agence centrale de recherches. Ils se marient en décembre 1944. Elle est enceinte de leur fils quand, en juin 1945, Junod repart en mission, cette fois en Extrême-Orient. Il se rend au Japon via le Caire et Moscou, où il prend le Transsibérien.
      © CICR / 08-06
  • 08/1945
    • 08/1945. Le CICR est surtout préoccupé par le sort des prisonniers alliés que détient le Japon, dont beaucoup sont dans un isolement total depuis des années. Alors que la guerre du Pacifique fait rage, leur libération et leur rapatriement ne peuvent que poser d'énormes problèmes logistiques, même dans le meilleur des cas. L'autorité japonaise chargée des PG n'est pas en mesure de donner une image claire de la situation.
      © CICR / HIST-00261-09A
  • 1945
    • Junod doit faire face à une nouvelle tâche éprouvante dès son arrivée à Tokyo, le 9 août : on commence à parler d'une terrible attaque des États-Unis sur Hiroshima, qui aurait causé des dégâts et des pertes humaines inimaginables, sans précédent. Peu après, alors que les Japonais viennent de se rendre, son collègue Fritz Bilfinger arrive dans la zone touchée et envoie un rapport apocalyptique...
      © CICR / 13-03
  • 08/1945
    • 08/1945. Le câble de Bilfinger, rendu encore plus dramatique par le style télégraphique, est terrifiant : "Situation épouvantable - ville oblitérée 80 pour cent - tous hôpitaux détruits ou sérieusement endommagés - inspecté deux hôpitaux d'urgence - conditions indescriptibles. Mystérieuse gravité effets bombe - nombreuses victimes apparemment en voie guérison ont rechute fatale due décomposition globules blancs… meurent en grand nombre."
      © Droits réservés / HIST-00261-40

    Le câble de Bilfinger : original, pdf format (67 kb)

  • 08/1945
    • 08/1945. Junod contacte immédiatement le commandement américain et demande des fournitures médicales d'urgence. Il participe à leur distribution lorsqu'il se rend quelques jours plus tard dans la ville dévastée. Premier médecin étranger arrivé sur place, il note : "Le centre-ville a été aplati comme le creux de la main. Plus rien. C'est une vision d'effroi..."
      © CICR / HIST-00261-39
  • 1946
    • En avril 1946, Junod rentre chez lui et peut enfin tenir dans ses bras son fils Benoît, né pendant qu'il était en Extrême-Orient. La famille s'installe à Lullier, dans la campagne genevoise. Junod le délégué redevient le docteur Junod. Il sera par la suite le premier chef du Département d'anesthésie de l'hôpital cantonal de Genève.
      © CICR / 18-03
  • 1947
    • En 1947, il écrit l'histoire de sa vie de délégué, sous le titre Le Troisième Combattant. Depuis, l'ouvrage a été traduit en une dizaine de langues et distribué dans le monde entier.
      © CICR
  • 1952
    • Mais l'activité internationale de Junod n'est pas finie : en 1948, il est nommé représentant du nouveau Fonds des NU pour l'enfance en Chine. Sa santé l'oblige à quitter ce poste l'année suivante. En 1952, il devient membre du Comité du CICR, ce qui l'amènera à effectuer plusieurs missions dans diverses régions du monde.
      © CICR / 22-03
  • 1979
    • Très respecté pour son engagement humanitaire, Marcel Junod meurt comme il a vécu : à l'œuvre - en réveillant une patiente d'une anesthésie à l'hôpital de Genève le 16 juin 1961. En 1979, un monument est érigé à sa mémoire à Hiroshima. C'est après Hiroshima qu'il notait dans son journal : "...je n'ai aucun doute : le monde, aujourd'hui, est confronté avec le choix de continuer à exister ou d'être annihilé si cette bombe est à nouveau utilisée."
      © CICR

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Rubriques associées

  • Histoire du CICR

A propos de Marcel Junod

  • Les ambulances à Croix-Rouge du CICR sous les gaz en Ethiopie
  • Le CICR et la guerre d'Espagne (1936-1939)
  • Regard sur Hiroshima, un mois après la bombe
  • Le troisième combattant

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Dernière mise à jour: 24-09-12