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Syrie: pour une action humanitaire immédiate

12-11-2013 Conférence de presse

Lors d’une conférence de presse tenue à Sydney le 11 novembre, les dirigeants du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge se sont dits vivement préoccupés par la dégradation de la situation humanitaire en Syrie. Le président du CICR, Peter Maurer, a lancé un appel pressant à une action humanitaire immédiate. Ci-après, en bref, les points essentiels.

Près de trois ans après le début du conflit en Syrie, la tragédie humaine s’aggrave sans aucune issue en vue. Ce conflit d’une extrême violence n’a épargné personne et les civils en particulier paient un tribut inacceptable.

Le système de santé s’écroule. Beaucoup meurent faute de médicaments et de matériel médical ou parce qu’ils ne peuvent pas se rendre dans un centre de santé pour y être soignés. Le personnel médical et les structures sanitaires ne font même pas l’objet du respect le plus élémentaire. Les centres de santé, les ambulances, le personnel de santé et les travailleurs humanitaires sont souvent pris pour cibles.

Les volontaires de nos partenaires au sein du Croissant-Rouge arabe syrien sont régulièrement visés par des attaques alors qu’ils tentent d’apporter une aide ou d’évacuer les blessés. À ce jour, 31 volontaires et collaborateurs ont perdu la vie dans l’exercice de leurs fonctions. En dépit de tous nos appels aux parties au conflit afin qu’elles respectent le droit de la population à bénéficier de soins médicaux, sans discrimination aucune, nous ne voyons pas encore le bout du tunnel.

Désormais, quoi qu’il arrive, on se souviendra du conflit en Syrie comme d’un conflit dans lequel le droit fondamental des blessés et des malades à être soignés aura été systématiquement bafoué. Une action humanitaire s’impose de toute urgence.

Travailleurs humanitaires et collaborateurs du CICR se voient souvent purement et simplement refuser l’accès aux zones les plus durement touchées ou n’ont qu’un accès limité à ces zones.

Il est tout aussi urgent de pouvoir atteindre plus facilement les régions et les villes assiégées afin de pouvoir non seulement évacuer partiellement les civils, mais également permettre aux organisations humanitaires d’accéder en toute indépendance aux personnes ayant besoin de leur aide.

Dans certaines zones assiégées, nombre de civils sont privés depuis plus d’une année de vivres, d’eau, d’électricité et de soins médicaux. Des personnes, principalement des enfants, seraient en train de mourir de faim.

Déjà désastreuse, la situation en Syrie ira en s’aggravant. En effet, l’hiver approche, le troisième depuis le début du conflit. Les habitations n’ont ni chauffage, ni électricité, ni eau courante. Les gens n’ont bien souvent même plus de toit au-dessus de leur tête.

Des milliers de familles recherchent désespérément leurs proches détenus ou portés disparus. Les efforts inlassables que nous avons déployés pour visiter des détenus sont à ce jour restés vains, mais nous ne baisserons pas les bras. Il s’agit d’une de nos principales priorités.

La question des armes chimiques a donné lieu à une mobilisation internationale très louable. ll faut désormais s’attacher à faire pression sur toutes les parties au conflit pour qu’elles veillent à ce que les civils ne soient pas pris pour cibles, à ce qu’ils reçoivent l’aide humanitaire, notamment des secours pour les blessés qui en ont si désespérément besoin, et à ce que les blessés et les malades de part et d’autre bénéficient des soins auxquels ils ont droit en vertu du droit international.

Nous sommes déterminés à apporter notre aide, et à intensifier notre action, mais nous ne pouvons le faire que lorsque les forces gouvernementales et l’opposition armée acceptent notre rôle humanitaire. Sans accès sûr, il ne nous est guère possible d’atteindre les personnes les plus démunies. Il faut que toutes les parties au conflit prennent des mesures concrètes pour garantir notre sécurité – celle des collaborateurs de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge – et la sécurité des personnes auxquelles nous prêtons notre assistance. En Syrie, il est plus que nécessaire que les principes les plus élémentaires d’humanité soient respectés.