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Les soins de santé en danger : exposé d'une urgence

10-08-2011 Publication Ref.. 4072

Cette publication vise à attirer l’attention sur l’un des défis humanitaires majeurs auxquels le monde fait face aujourd’hui, et qui est encore bien trop souvent négligé : la violence contre les soins de santé. Les attaques dirigées contre les structures médicales, les personnels de santé et les ambulances, de même que les actes délibérés ayant pour but d’empêcher les blessés de recevoir l'assistance dont ils ont besoin, sont en effet monnaie courante en temps de conflit, partout dans le monde.

Au Sri Lanka et en Somalie, des hôpitaux ont été bombardés ; en Libye et au Liban, des ambulances ont essuyé des tirs ; à Bahreïn, des membres du personnel médical se retrouvent aujourd’hui devant la justice après avoir soigné des manifestants ; et en Afghanistan, des blessés agonisent des heures durant dans des véhicules retenus aux postes de contrôle. De la Colombie à Gaza, de la République démocratique du Congo au Népal, la neutralité des structures médicales, des personnels de santé et des véhicules sanitaires est bafouée, tant par ceux qui les attaquent directement que par ceux qui s'en servent de manière abusive pour obtenir un avantage militaire.

Depuis 2008, dans le cadre d’une étude lancée dans 16 pays où il mène des activités, le CICR s’attache à recenser les actes de violence perpétrés contre les structures médicales, les membres du personnel de santé, et contre les patients. Si le nombre d'incidents enregistrés est spectaculaire, les statistiques peinent toutefois à refléter toute l'étendue du problème. Elles ne rendent par exemple pas compte des conséquences indirectes de cette violence : des travailleurs de la santé qui abandonnent leur emploi, des hôpitaux qui se retrouvent à court de fournitures médicales, ou des campagnes de vaccination qui sont interrompues. Ces répercussions désastreuses limitent considérablement l’accès aux soins de santé pour d’innombrables personnes qui souffrent de maladies chroniques ou de problèmes de santé liés à la guerre.

Les attaques délibérées contre les personnels et les structures de santé, les patients et les véhicules sanitaires constituent souvent des violations du droit international humanitaire. Les Conventions de Genève et leurs Protocoles additionnels affirment en effet le droit des blessés et des malades, qu’ils soient combattants ou civils, à ne pas endurer des souffrances excessives en temps de guerre, et à bénéficier d’une assistance. Pour que ce droit soit effectivement garanti, les structures médicales, les véhicules sanitaires et les personnels de santé bénéficient d’un statut protégé – qu’ils conservent tant que la neutralité de leur fonction est préservée et que les patients sont tous traités équitablement, indépendamment de leur appartenance politique, religieuse ou ethnique. Ils sont en outre clairement identifiés par des emblèmes protecteurs tels que la croix rouge, le croissant rouge ou le cristal rouge. Quant aux parties à un conflit, elles ont toutes l’obligation de rechercher et de recueillir les blessés après le combat, et de leur faciliter l’accès aux structures médicales. Ces normes juridiques sont contraignantes pour toutes les parties. Pourtant, elles ne sont pas toujours respectées.

Le CICR et ses partenaires au sein du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge mettent tout en oeuvre pour atteindre les personnes blessées lors de conflits armés ou de troubles internes et leur porter assistance, ainsi que pour protéger les structures de santé. Des démarches sont entreprises dans le domaine juridique, notamment en vue de diffuser le droit international humanitaire auprès des acteurs étatiques et non étatiques, et d’engager avec eux des discussions sur les violations de cette branche du droit, le cas échéant. En outre, des mesures plus pratiques sont mises en œuvre afin de protéger les hôpitaux, par exemple en construisant des murs de sacs de sable, en appliquant sur les fenêtres des films anti-explosion, en peignant les emblèmes protecteurs sur les toits et les façades, ou encore en apprenant aux ambulanciers des techniques pour un accès plus sûr aux blessés. Des mesures inédites sont parfois prises pour répondre à des besoins propres à certains contextes. C'est le cas du service spécial de taxis mis en place dans le sud de l’Afghanistan pour transporter les blessés des lignes de front vers les hôpitaux.

Cependant, beaucoup reste à faire pour mettre un terme à la violence contre les soins de santé, en agissant avant même qu’elle ne survienne. Or, c’est aux combattants et aux États, qui sont tenus de respecter le droit, qu’incombe au premier chef la responsabilité de protéger les soins de santé, et non pas aux organisations humanitaires, qui se retrouvent invariablement dans la situation de devoir gérer les conséquences des violations du droit.

Le CICR lance une campagne de grande ampleur pour sensibiliser le public à ce problème humanitaire urgent et s’emploie à mobiliser une communauté d’intérêts sur cette question. Cette initiative mondiale, qui s’étendra sur quatre ans, a pour ambition de changer radicalement le cours des choses partout où les soins de santé sont en danger.


  • Copyright: CICR
  • Année: 2011
  • Disponible en : anglais, français, espagnol*, arabe*
  • Type de produit: Brochure
  • Prix: CHF 1.-
  • Référence: 4072

24 p., photos, format A4, 21 x 30 cm

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