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Vue d'ensemble des opérations du CICR en 2011

02-12-2010

Ce document présente les priorités opérationnelles fixées par le CICR dans le monde entier pour 2011. Il est fondé sur le processus interne d'examen et de planification des activités conduit, comme chaque année, par les 80 missions et délégations du CICR sur le terrain.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a le plaisir de présenter ses appels d’urgence 2011, qui offrent une vue d’ensemble des situations auxquelles font face les personnes touchées par un conflit armé ou d'autres situations de violence, des objectifs prioritaires des délégations et des missions du CICR sur le terrain dans quelque 80 pays à travers le monde, ainsi que des besoins de financement correspondants. Les appels d’urgence décrivent les besoins tels qu’ils ont été définis au moment de la rédaction de ce document, fin octobre 2010.   Extrait de l’introduction rédigée par Pierre Krähenbühl, directeur des opérations du CICR. 

   

Tendances des conflits armés contemporains 

Le CICR a effectué une analyse des principales caractéristiques des conflits armés actuels et autres situations de violence où il opère, qui met nettement en évidence les points suivants.

Le premier élément frappant est la diversité des contextes dans lesquels le CICR intervient : alors que, parfois la technologie et les armes les plus sophistiquées sont déployées dans des confrontations asymétriques, d’autres conflits sont caractérisés par le recours à des moyens technologiques rudimentaires et une situation très fragmentée, où une multitude de groupes créent un climat de forte insécurité.

Les conflits armés ne cessent d’évoluer. Les conflits armés non internationaux, qui représentent la forme de conflit la plus répandue actuellement, sont souvent dus à la faiblesse de l’État, qui permet à des milices locales et à des groupes armés de profiter de la situation. Dans ce contexte, le pillage et le trafic, les extorsions et les enlèvements, peuvent devenir des stratégies économiques rentables, soutenues par la violence et par les intérêts nationaux, régionaux et internationaux. Les civils sont les principales victimes des violences, alors que les confrontations directes entre groupes armés ou entre forces armées et groupes armés tendent à être rares. Les groupe s armés vivent aux dépens de la population et commettent des actes d'une brutalité inouïe pour susciter la peur, maintenir leur emprise et attirer de nouvelles recrues. D’autres facteurs, par ailleurs interconnectés, jouent un rôle dans ce contexte, même s’ils semblent souvent secondaires. Il s’agit notamment de différends politiques, ethniques ou religieux, que les groupes armés utilisent parfois comme prétexte pour justifier leurs actes.

Certaines de ces caractéristiques sont aussi très présentes dans d’autres situations de violence. Les différences entre confrontations idéologiques et non idéologiques se sont progressivement estompées et le niveau de violence et de brutalité de ces situations dépasse parfois celui des conflits armés généralisés. Cette tendance semble de plus en plus courante.

Le second élément frappant est la durée des conflits armés. La plupart des opérations actuelles du CICR se déroulent dans des pays où il est présent depuis deux, trois, voire quatre décennies, notamment parce que les conflits sont souvent de nature économique et portent sur des rivalités d’accès à des ressources naturelles vitales. Ces causes sont à la base des nombreuses situations de conflit prolongées en cours dans le monde, où le niveau d’intensité et d’instabilité fluctue, sans que des solutions permettent l’instauration d’une paix durable.

Ces paramètres contribuent à établir un sentiment croissant d'anarchie dans de nombreuses régions du monde, urbaines ou rurales. Ce sont des régions qui échappent totalement à l’autorité de l’État et à l’influence de la communauté internationale. En fait, ces dernières années, peu de conflits armés ont été résolus par des actions militaires ou par des négociations, probablement du fait que la plupart des situations actuelles opposent des forces étatiques et des groupes armés.

Dans le monde entier, l’absence de lois et de règlements, ainsi que la dégradation de l’environnement, provoquent en outre des déplacements de population importants. Les déplacés internes, les réfugiés et les migrants sont tous exposés à des risques et à des menaces considérables lorsqu’ils traversent des zones de conflit ou sont bloqués aux frontières dans des environnements extrêmement instables. Les conséquences de la dégradation de l'environnement sur les conflits armés et les autres situations de violence commencent tout juste à faire l'objet d'analyses adéquates. Cependant, la désertification, la rareté de l’eau et l’accès limité aux terres accroît la vulnérabilité de populations déjà touchées par la violence armée organisée ou les conflits armés.

 

Nature des vulnérabilités et de la résilience lors de conflits armés et d’autres situations de violence 

 

Au cours de l’année 2010, le personnel du CICR et des Sociétés nationales a encore une fois répondu aux multiples risques, menaces et souffrances qui touchent la vie des hommes, des femmes et des enfants qui vivent dans des zones de conflit à travers le monde. Il est toujours essentiel que le CICR place le sort de ces personnes et de ces communautés au cœur même de ses analyses et de son action.

Pour analyser les vulnérabilités, il est nécessaire de comprendre la situation précise des personnes et des communautés en question. Le CICR s’efforce donc de tenir dûment compte des besoins spécifiques liés au contexte, à la nature des risques et des violations qui les menacent, et à leur sexe et leur âge. Cette analyse doit s’accompagner d’une volonté accrue de s’appuyer sur la résilience des populations, c’est-à-dire sur leur capacité de s'adapter ou de prendre des mesures permettant d'améliorer ou de transformer leur situation.

Les extraits suivants, tirés des documents de planification de plusieurs délégations du CICR, montrent que les conflits peuvent accroître les vulnérabilités de nombreuses manières différentes. Tout d’abord, certaines personnes sont directement touchées par les combats : les blessés par arme, les civils en danger, les personnes déplacées à l’intérieur de leur pays qui fuient des zones de combats et les détenus exposés aux risques de mauvais traitements ou de disparition. Les organisations humanitaires ont toujours accordé une grande attention à leurs besoins, car ceux-ci peuvent être attribués précisément à des actes commis par les porteurs d’armes.

  « La contamination par les armes contribue à accroître la vulnérabilité des civils touchés par le conflit dans de nombreuses régions du pays. En plus de tuer et de blesser, les engins explosifs improvisés et les restes explosifs de guerre contribuent au déplacement et à l'isolement des communautés rurales, empêchent leur retour, entravent la liberté de mouvement des personnes, provoquent des difficultés financières considérables et exacerbent le climat de peur et d’insécurité. […] La prolifération des armes légères et de petit calibre dans les zones urbaines est un autre facteur touchant la population civile. »  

     

  « Les violences et leurs conséquences ont porté un coup très dur aux moyens de subsistance de la population civile. Les logements, les magasins, les taxis et les bus des habitants ont été brûlés, ce qui signifie que leurs moyens de subsistance et leurs éventuels mécanismes d’adaptation ont été détruits. Ils survivent grâce au soutien de familles d’accueil et à l'aide humanitaire. »  

     

    « Les actes perpétrés par la police civile et militaire durant ses opérations comprennent : le recours systématique à la force létale, l’exécution extrajudiciaire ou arbitraire de suspects, les disparitions forcées, l’absence de soins aux suspects blessés, la gestion irrespectueuse des dépouilles mortelles et les incursions dans les logements sans mandat de perquisition, qui s’accompagnent souvent de passages à tabac et de pillages. L’impunité et l’absence d’obligation de rendre des comptes sont omniprésentes. Par ailleurs, les problèmes de protection dus au comportement des factions […] comprennent : les mauvais traitements et les exécutions arbitraires ou sommaires, l’expulsion de familles, le recrutement de mineurs et les violences sexuelles et autres formes de harcèlement contre les femmes. »  

     

Les conflits armés ont en outre des effets indirects pour une population plus vaste, à l'intérieur et à proximité des zones de conflit, imputables notamment aux restrictions de mouvement prolongées, à diverses formes d'humiliation, et à la constante détérioration des conditions sanitaires et d'hygiène : manque d’accès à l’eau potable, aux terres agricoles, aux services essentiels ou à l’assistance humanitaire, voire décès dus à des maladies pouvant en grande partie être évitées. Ces dernières années, le CICR a approfondi sa connaissance de ces besoins indirects, ce qui lui a permis de mieux en tenir compte dans ses interventions.

  « L’intensification du conflit a progressivement compromis l’accès aux services de santé essentiels, en particulier pour les enfants et les femmes. Le taux de mortalité infantile et maternelle figure encore parmi les plus élevés au monde […]. Un enfant sur six n’atteint pas l’âge de cinq ans. Dans toutes les régions, la population civile souffre d’une détérioration de l’accès aux premiers secours, aux consultations de pré-hospitalisation et aux services d’orientation des patients, en raison de l’insécurité, du manque de matériel et de la corruption. Du fait de l’insécurité accrue, le transport des patients à l’hôpital en ambulance est extrêmement difficile, en particulier dans les zones de conflit. »  

     

De tout temps, la communauté humanitaire en général et le CICR se sont concentrés sur les besoins physiques et ne se sont pas suffisamment intéressés aux conséquences mentales ou psychologiques des conflits armés. De nos jours, cependant, les efforts visant à répondre aux besoins des familles des personnes portées disparues et des victimes de violences sexuelles s’intensifient. Le CICR s’attache aussi à mieux intégrer les problèmes de santé mentale dans l’aide qu’il apporte aux détenus.

  « Il est de plus en plus manifeste qu’une proportion non négligeable des familles croient encore ou espèrent que leurs proches sont vivants et qu’ils vont revenir. Plus de 15 ans après la disparition, la charge émotionnelle des proches est encore très importante. Ils disent avoir des pensées intrusives et souffrir de l'impossibilité de partager ce qu’ils ressentent avec qui que ce soit. De plus, on a observé un véritable état de souffrance psychologique, associé à des signes visibles de dépression et d'anxiété, ainsi qu’à des symptômes psychosomatiques. Le statut économique et social de ces familles en souffre : le traumatisme psychologique de la disparition les empêche de saisir des occasions d’améliorer leur situation économique. »  

     

L’impact des conflits armés varie en fonction du sexe ou de l’âge de la personne. Le CICR a nettement amélioré son analyse des besoins spécifiques des femmes et des filles ainsi que la manière dont il s’emploie à y répondre. Il est actuellement en train de mettre au point diverses réponses aux besoins des enfants en général et des personnes âgées.

  « En l’absence de recensement récent, le nombre de ménages ayant à leur tête une femme (veuve, femme de personne portée disparue ou de détenu, divorcée) est estimé à environ un million [...]. Dépendant traditionnellement du revenu de leur mari, les femmes [...] demandaient auparavant l’aide de leur famille, mais, affaiblies sur le plan économique, les familles ne peuvent plus offrir ce filet de sécurité et les femmes adoptent de plus en plus souvent des rôles nouveaux et inattendus... »  

     

 

Incidences sur les opérations actuelles du cicr 

 

En 2010, le CICR a pu répondre à divers besoins aigus et chroniques dans les conflits armés et autres situations de violence, grâce à sa présence étendue, à sa proximité avec les populations, à sa neutralité, son indépendance et son impartialité, à ses réseaux, à ses partenariats stratégiques avec les Sociétés nationales, et à sa capacité d'intervenir rapidement en cas de situation d'urgence.

Le CICR s’est montré fermement déterminé à faire face aux responsabilités et aux pressions que lui imposaient un budget terrain initial élevé (983,2 millions de francs suisses) et six rallonges budgétaires s’élevant à 161 millions de francs (Haïti, Kirghizistan, délégation régionale de Niamey, Pakistan, Somalie et Yémen), ainsi que diverses autres opérations coûteuses dans des contextes comme l’Afghanistan, la Colombie, l’Irak, Israël et les territoires occupés, l es Philippines, la République démocratique du Congo et le Soudan.

 

Principaux défis pour le cicr en 2011 

 

  Qualité de l'accès et champ d'action  

     

L’ambition du CICR, un défi fondamental, est de pouvoir accéder aux populations et aux personnes en détresse. Conformément à sa Stratégie institutionnelle 2011-2014, il vise à :

  • comprendre la diversification croissante des situations et des acteurs et répondre à toute la gamme des besoins dans les contextes où il mène des activités ;

  • renforcer son champ d’action pour accroître la pertinence et l'efficacité du soutien qu'il apporte aux personnes touchées par des conflits armés, notamment lors de la phase de redressement rapide ( early recovery ), ou d’autres situations de violence ;

  • intensifier les efforts visant à améliorer l’acceptation du CICR et à décentraliser la prise de décisions – éléments clés de sa gestion de la sécurité – et, le cas échéant, adapter son mode de fonctionnement au contexte local.

Les objectifs fixés pour 2011 et le budget correspondant visent à atteindre plusieurs buts, notamment :

  • une action consolidée et approfondie dans certains conflits armés ;

  • une présence et une intervention fortes dans les principaux environnements touchés par l’interaction de questions locales et de préoccupations plus générales relatives à la lutte contre le « terrorisme » ;

  • une réponse continue aux besoins des personnes touchées par les violences et les conflits généralisés là où l'État est faible ;

  • une présence et une intervention renforcées dans d'autres situations de violence, notamment en cas de répression de l'État, d'affrontements intercommunautaires ou de violence urbaine ;

  • l’inclusion explicite des interventions dans les phases de redressement rapide.

  Réponse contextualisée et multidisciplinaire  

     

Face aux difficultés que présentent des conflits très diversifiés et de longue durée, le CICR doit continuer à améliorer sa capacité de définir des approches adaptées aux contextes et axées sur les besoins. Il doit avoir la force nécessaire pour s’attaquer à certains problèmes à moyen et à long terme, et la flexibilité requise pour mener une intervention décisive en cas de catastrophe soudaine ou de situation d'urgence. Deux objectifs feront l’objet d’attentes élevées :

  • renforcer et systématiser la capacité du CICR de placer les besoins des populations touchées résolument au centre de son action humanitaire, et accroître sa capacité de prendre en compte leurs vulnérabilités et de s'appuyer sur leur résilience ;

  • améliorer la pertinence de l’action du CICR concernant la santé, les personnes privées de liberté, la protection des civils et les besoins des femmes, des enfants, des déplacés internes et des migrants.

  Gestion des opérations et de la sécurité  

     

Ces dernières années, on a beaucoup parlé des problèmes de sécurité toujours plus importants auxquels doivent faire face les organisations humanitaires. Celles-ci risquent d’être instrumentalisées et d’être considérées trop dépendantes des objectifs politiques et militaires. Il s’avère que, de plus en plus souvent, de nombreux groupes armés rejettent l’action humanitaire, notamment pour cette raison. En 2010, les travailleurs humanitaires ont à nouveau été la cible de nombreuses attaques.

On a assisté aussi à de nombreux cas de banditisme, en particulier à une augmentation des enlèvements contre rançon. Plus l’action humanitaire s’étendra dans des environnements fortement urbanisés où la criminalité est forte, plus la sécurité du personnel sera compromise. Les conséquences touchent le personnel lui-même, mais aussi leur famille, comme le CICR en a fait l’expérience tragique lorsque l’épouse d’un de ses collaborateurs a été assassinée à Nairobi en avril 2010.

Le CICR est convaincu de l’importance de continuer à décentraliser la gestion de la sécurité par le biais de son vaste réseau de collaborateurs nationaux et internationaux. Il est conscient que son vaste champ d’action actuel implique un certain niveau de risque, qui doit être géré systématiquement et avec soin. Cela signifie que l’institution doit reconnaître la fragilité inhérente des opérations qu’elle mène dans de nombreux contextes. Du point de vue de la sécurité, nombre d’aspects doivent être mieux compris, consolidés et améliorés.

  Relations avec les acteurs influents et dialogue avec toutes les parties prenantes  

     

Dans les situations de conflit où il travaille actuellement, le CICR fait face à des défis permanents en termes d’image et d’acceptation. Ces deux facteurs sont fortement influencés par la qualité et la pertinence perçue des activit és qu’il mène en faveur des personnes touchées, par la crédibilité des efforts qu’il fournit pour faire respecter les règles du droit international humanitaire, et par la discipline à laquelle l’institution et ses collaborateurs se soumettent pour se conformer aux Principes fondamentaux. Ils sont également conditionnés par la qualité du dialogue que le CICR entretient avec toutes les parties engagées dans des conflits armés ou d’autres situations de violence ou qui sont en mesure de les influencer. Le CICR cherchera donc à améliorer son accès et à renforcer l'efficacité de son intervention en nouant de nouvelles relations et en créant de nouveaux réseaux avec les acteurs influents, tout en renforçant ceux qui existent déjà. En fait, on ne peut jamais prétendre être parvenu à une acceptation positive.   L’institution continuera d’entretenir et de renforcer ses relations avec ceux qui la soutiennent depuis toujours, mais elle doit aussi diversifier et élargir ses relations avec divers États ayant une influence régionale ou mondiale, l'objectif étant d'accroître la capacité du CICR à intervenir dans ces pays le cas échéant et d'améliorer la compréhension mutuelle dans le but d’obtenir le soutien nécessaire pour mener à bien son travail dans le monde entier.

  Partenariats et coordination  

     

Le CICR a consacré beaucoup d'efforts à la création de partenariats avec les Sociétés nationales dans les pays où il travaille, notamment en intégrant de façon plus systématique leurs capacités et leurs attentes dans sa planification et dans l’élaboration de ses programmes, et en contribuant de manière plus ciblée au renforcement des capacités des Sociétés nationales.

En 2011, le CICR s’emploiera tout particulièrement à maintenir ou à renforcer son interaction opérationnelle avec les Sociétés nationales dans divers contextes tels que l’Afghanistan, la Colombie, Israël et les territoires occupés, le Pakistan, les Philippines, la République démocratique du Congo, la Somalie, le Soudan et le Yémen. En outre, le CICR poursuivra et intensifiera ses efforts visant à établir des relations plus étroites et plus diversifiées avec une série de Sociétés nationales souhaitant travailler dans des pays tiers, à promouvoir une coordination solide entre les composantes du Mouvement et à encourager des approches novatrices dans le domaine des partenariats.

Par ailleurs, le CICR continuera d’entretenir des relations structurées avec diverses ONG et divers organismes des Nations Unies, pour discuter de questions stratégiques et opérationnelles.

 

Composantes du budget et priorités opérationnelles pour 2011 

 

Le présent document contient un appel initial d’un montant de 1,0469 milliard de francs destiné à couvrir les activités du CICR sur le terrain en 2011.

Une des principales particularités du budget du CICR pour 2011 est qu’il tient compte du niveau actuel de l’engagement général de l’institution dans le monde entier et de sa capacité à répondre de façon crédible aux besoins des populations à risque. Il s’agit du budget initial le plus élevé jamais présenté par le CICR.

L’importance de l’engagement de l'institution s'explique en partie par l'accès durable qu’elle a réussi à préserver dans certaines des principales zones de conflit. Parallèlement, le CICR conservera la flexibilité nécessaire pour déployer ses équipes d’intervention rapide lors de crises imprévues ou de nouvelles situations d’urgence majeures.

En 2011, les dix opérations les plus importantes du CICR dans le monde seront menées en Afghanistan (CHF 89,4 millions), en Irak (CHF 85,8 millions), au Soudan (CHF 82,8 millions), au Pakistan (CHF 82,4 millions), en Israël et dans les territoires occupés (CHF 64,8 millions), en République démocratique du Congo (CHF 63,1 millions), en Somalie (CHF 53,0 millions), au Yémen (CHF 48,8 millions), en Colombie (CHF 40,9 millions) et par la délégation régionale de Niamey (CHF 29,3 millions).

 

Conclusion 

 

Dans une perspective humanitaire, les conflits armés et les autres situations de violence concernent au premier chef les personnes , les souffrances auxquelles elles sont exposées et l’ action qui doit être entreprise pour prévenir, atténuer ou faire cesser ces souffrances. Ils se rapportent aussi à la détermination et à l'engagement dont fait preuve le personnel du CICR et des Sociétés nationales pour faire face – notamment sur le plan personnel et émotionnel – aux multiples effets que produisent les conflits armés et les violences sur la sécurité, l’intégrité, la dignité et les moyens de subsistance des populations. Il est fondamental, pour progresser dans ces environnements sensibles, de comprendre le contexte, de faire preuve de créativité dans la recherche de solutions, de résister à la tentation de juger, et d'engager un dialogue ouvert – et parfois critique – avec les parties au conflit.

La réalisation d’objectifs concrets requiert aussi – et c’est essentiel – le soutien des donateurs : les gouvernements, les Sociétés nationales, la société civile et le secteur privé. Dans une époque encore marquée par l’incertitude née de la crise financière, le CICR est tout particulièrement reconnaissant du soutien et de la confiance remarquables que lui ont témoignés les donateurs au cours d’une année durant laquelle plusieurs nouvelles situations d'urgence et des conflits persistants ont requis une attention suivie.

Ce précieux soutien est essentiel pour que le CICR puisse donner un sens à son mandat et assumer les responsabilités qui y sont associées. Le CICR est en outre reconnaissant du profond respect dont font preuve ses donateurs pour son indépendance et sa neutralité.

L’énergie et l’engagement qui animent le CICR trouvent leur origine dans le devoir qu’il s’est assigné d’améliorer le sort des personnes touchées par un conflit armé ou d’autres situations de violence. Chaque jour, nos 12 000 collaborateurs travaillent sans relâche à réaliser cet objectif fondamental, et leur détermination à y parvenir est immense.

  Pierre Krähenbühl  

  Directeur des opérations