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Réfugiés, rapatriés et déplacés : déclaration du CICR aux Nations Unies, 2012

07-11-2012 Déclaration

Assemblée générale des Nations Unies, 67e session, Troisième commission, Point 62 de l’ordre du jour, déclaration du CICR, New York, le 7 novembre 2012

Rapport du Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, questions relatives aux réfugiés, aux rapatriés et aux déplacés et questions humanitaires

 

Il est urgent de s’assurer que les personnes victimes d’un déplacement de longue durée puissent bénéficier de systèmes de protection sociale et de projets de développement dans la même mesure que les autres couches de la population (...)"

Ces dernières années, le sort des personnes déplacées ne se s’est pas amélioré, mais l'attention que lui confère la communauté internationale s’est relâchée au fil du temps. Les vastes opérations menées en faveur des personnes déplacées en Somalie, en Irak, en République démocratique du Congo ou en Colombie, pour n'en citer que quelques-unes, témoignent de cette dramatique réalité humanitaire. La communauté internationale participe aussi activement à l’élaboration de la politique et des normes en la matière avec l'adoption des Principes directeurs relatifs aux déplacements de personnes à l’intérieur de leur propre pays, la Convention de Kampala et la Politique du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge relative au déplacement interne.

Dans l'ensemble, nous pensons que la réponse humanitaire aux besoins urgents lors des phases « aiguës » des conflits armés s'est améliorée, mais il ne s’agit que de la « partie émergée de l’iceberg », or le déplacement continue de détruire et de perturber la vie et les moyens de subsistance de millions de personnes dans le monde entier. Pour sa part, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), par ses activités d’assistance et de protection, répond aujourd’hui aux besoins des personnes déplacées et de leurs communautés d'accueil dans quelque 35 pays. Il poursuit aussi son action de prévention du déplacement. Ce faisant, le CICR encourage également le respect de la protection octroyée aux personnes déplacées par le droit international humanitaire, le droit des droits de l’homme et les normes internationales pertinentes.

 

(...) ce n'est pas nécessairement la première année de déplacement qui est la plus dure ou la plus compliquée pour les personnes touchées, ce sont plutôt les années qui suivent, lorsque l'intérêt des médias baisse et quand les ressources commencent à se raréfier."

À cette occasion, le CICR souhaite attirer une attention particulière sur la situation critique des personnes touchées par un déplacement prolongé dans une quarantaine de pays. D'après notre expérience, ce n'est pas nécessairement la première année de déplacement qui est la plus dure ou la plus compliquée pour les personnes touchées, ce sont plutôt les années qui suivent, lorsque l'intérêt des médias baisse et quand les ressources commencent à se raréfier. Ces personnes, au nombre de plusieurs millions, ont peut-être échappé aux dangers les plus immédiats, pourtant, elles sont souvent en proie à une immense incertitude quant à leur avenir ou vivent avec la menace constante d'une expulsion forcée. Trop souvent, elles n’ont pas d'accès à un logement adéquat, à l'éducation, à des services de santé et à des activités génératrices de revenus, et cette situation peut durer de nombreuses années. Dans certains cas, cela est dû à l'ambiguïté quant à leur statut juridique ou à l'absence des documents nécessaires. Il est urgent de s’assurer que les personnes victimes d’un déplacement de longue durée puissent bénéficier de systèmes de protection sociale et de projets de développement dans la même mesure que les autres couches de la population, qu'elles jouissent de leurs droits fondamentaux et aient accès à des solutions durables, qu’il s’agisse d’intégration locale, de retour volontaire ou de réinstallation.

Le CICR, en coopération avec les États concernés et les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, prête une attention particulière aux principaux problèmes humanitaires découlant du déplacement. Les problèmes sont notamment la liberté de mouvement, la préservation de l'unité familiale, l'interdiction du retour forcé, le respect des droits patrimoniaux et des conditions de retour acceptables, par exemple la sécurité, l'accès aux services et aux activités économiques, et l'enlèvement des mines terrestres.

À cet égard, on peut relever un exemple tiré du terrain. Dans un contexte, les personnes déplacées dans les grands centres urbains - chassées par la violence des zones rurales où elles vivaient à l'origine - ont constaté que leurs mécanismes d'adaptation traditionnels n’étaient plus efficaces dans ce nouveau contexte. Après avoir étudié les modèles de vulnérabilité et le système de protection sociale mis en place par le gouvernement, les délégués du CICR ont examiné la question avec les autorités et la Société nationale, et quelques propositions ont été avancées pour contribuer à résoudre certains des problèmes identifiés. Il a alors été décidé que les volontaires de la Société nationale expliquent le fonctionnement du système de protection sociale aux personnes déplacées, ainsi que la procédure de demande et de réception des prestations auxquels elles ont droit. En outre, les groupes les plus vulnérables parmi les personnes déplacées reçoivent une aide pour couvrir leurs besoins immédiats en attendant de bénéficier des prestations gouvernementales.

En conclusion, le CICR demande instamment aux gouvernements, ainsi qu’aux agences humanitaires et de développement, de prêter attention aux besoins des victimes de déplacement à long terme. Ces besoins devraient rester au cœur des préoccupations pour les gouvernements et les organismes intéressés, et être une priorité dans leur agenda. Le CICR, dans ses opérations sur le terrain, continuera à œuvrer dans ce sens, au meilleur de sa capacité et à l'appui des gouvernements concernés.