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Armes à sous-munitions : le CICR se félicite du progrès décisif que constitue la nouvelle convention

30-05-2008 Déclaration

Allocution prononcée par Peter Herby, chef de l'unité Armes du CICR, à la cérémonie de clôture de la Conférence de Dublin sur les armes à sous-munitions, le 30 mai 2008

Voir aussi :

    le CICR réclame un traité fort
Déclaration de Jakob Kellenberger, Président du CICR, lors de la cérémonie d'ouverture de la Conférence diplomatique de Dublin.    

Interview
avec le Le chef de l’unité Armes du CICR, Peter Herby    

Film
Armes à sous-munitions : il est temps d’agir    

TV News footage    
Au nom du CICR, je tiens tout d’abord à vous remercier, vous tous ici présents, de la contribution que vous avez apportée à ce succès historique. Je salue particulièrement la détermination, l’humanité et la persévérance inégalables dont vous avez fait preuve, et qui nous ont permis d’être là où nous en sommes aujourd'hui. Autant de qualités que vous, Monsieur le Président, avez su incarner dans la conduite des négociations.

     
"Dans un monde où tant de choses semblent échapper à notre contrôle, nous avons prouvé que l'humanité, dans un effort collectif, a su réunir les moyens, la volonté et la sagesse nécessaires pour venir à bout d'une arme qui ne devrait jamais avoir existé" 
 
 
Lors de l’ouverture de cette conférence, le président du CICR, Jakob Kellenberger, a appelé chacun de nous à relever le défi consistant à déterminer où, en 2008, les nécessités de la guerre doivent céder le pas aux exigences de l’humanité. C’est ce que vous avez fait sans hésiter, au nom de l’humanité. Vous avez confirmé que les armes à sous-munitions, qui ont causé tant de pertes en vies humaines au cours des dernières décennies, sont non seulement moralement répugnantes, mais aussi désormais considérées comme illicites au regard du droit international humanitaire. Nous disposons ici d’un traité très fort, qui accorde une reconnaissance à tous ceux qui sont morts inutilement, ou qui ont vu leur existence brisée par ces armes, dont vous venez de prononcer l’interdiction. Une fois mis en œuvre, ce traité donnera sans aucun doute à beaucoup d’enfants des conflits à venir la chance de grandir et de devenir un jour des adultes. Il permettra aussi à leurs parents de leur offrir le produit de ce qu’ils auront récolté sur des terres non contaminées par des armes à sous-munitions, pour les nourrir.
 
En adoptant cette Convention, vous avez mis en place le dernier élément essentiel et nécessaire, dans un régime juridique international, pour venir à bout des effets de ces armes, qui n'en finissent pas de tuer. Avec la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel, le Protocole relatif aux restes explosifs de guerre et la nouvelle Convention sur les armes à sous-munitions, nous disposons aujourd'hui des outils indispensables pour prévenir ou atténuer les conséquences souvent tragiques pour les civils de toutes les munitions explosives utilisées dans les conflits armés. Nous avons en outre établi une norme de portée plus large, selon laquelle tous les acteurs impliqués dans un conflit armé ne peuvent plus se désintéresser purement et simplement des conséquences à long terme des munitions qu’ils utilisent, et laisser aux communautés locales, souvent dans les pays les plus pauvres de la planète, la lourde tâche de s’en occuper.
 
Dans un monde où tant de choses semblent échapper à notre contrôle, nous avons prouvé que l'humanité, dans un effort collectif, a su réunir les moyens, la volonté et la sagesse nécessaires pour venir à bout d'une arme qui ne devrait jamais avoir existé. Dommage qu’il ait fallu attendre si longtemps avant d’y parvenir. Il faudra certes encore beaucoup de temps, d’énergie et de moyens pour mettre en œuvre cette nouvelle norme. Ce qui est cependant indéniable, c’est que nous avons fait un pas en avant décisif.
 
Alors que nous sommes à la veille de nouvelles vagues de développement technologique dans les domaines de la biotechnologie, de la chimie et de la nanotechnologie, nous demandons instamment aux États et à la société civile de gar der constamment à l’esprit l’enseignement qui se dégage de l'histoire malheureuse des armes à sous-munitions. Certaines technologies ne devraient pas exister. Les nouvelles technologies peuvent certes apporter de nombreux de bienfaits à l'humanité. Mais, faire les choix qui permettront d’éviter les atroces souffrances que les armes à sous-munitions ont infligées à l'humanité nécessitera de la vigilance, une conscience individuelle et collective aiguë, ainsi que le respect scrupuleux des principes et des règles du droit international humanitaire.