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Somalie : les civils en quête d’un lieu sûr

21-10-2010 Point sur les activités

Ces derniers mois, des centaines de civils ont été blessés lors des combats tandis que des milliers d’autres ont été forcés à fuir leur foyer et à chercher refuge dans des camps surpeuplés ou chez des proches. Dans le même temps, les conditions de vie dans les camps installés dans le couloir d’Afgoye au nord-ouest de Mogadiscio et ailleurs se sont encore dégradées.

     
    ©CICR/A. Hersi      
   
    Guriceel, Province de Galgaduud. Des agriculteurs gravement touchés par la sécheresse persistante.      
           

   
       
    ©CICR/A. Hersi      
   
    Guriceel, Province de Galgaduud. Des gens fuyant le conflit à Mogadiscio et des agriculteurs de la région qui sont victimes de la sécheresse vivent dans un camp pour personnes déplacées.      
           

   
       
    ©CICR/A. Hersi      
   
    Laas Caanood, Province de Sool. Plus de 1 500 chefs de familles se rassemblent sur le site d'une distribution du CICR.      
           

   
       
    ©CICR/A. Hersi      
   
    Bitaale, région du Mudug, près de Gaalkacyo. Projet CICR pour créer de nouvelles infrastructures d'eau (avec, entre autres, un réservoir d'eau et une station de pompage) bénéficiant à plus de 4 600 agriculteurs.      
           

Tous les civils qui le peuvent tentent de fuir la capitale défigurée par les balles en quête d’un lieu sûr. Beaucoup se retrouvent dans des camps installés aux environs de la ville, par exemple dans le couloir d’Afgoye ou à Daynile, au nord de Mogadiscio, où les conditions de vie sont extrêmement difficiles. Faute d'accès à l’assainissement, à des soins de santé et à d'autres biens et services essentiels, un grand nombre de personnes sont fortement dépendantes de l’aide que leur fournissent des proches ou des organismes humanitaires. Or, certains de ces organismes ont été expulsés du pays, et la précarité des conditions de sécurité entrave toujours les opérations de secours dans de nombreuses régions.

En dépit de l’insécurité, nombre des personnes qui ont fui la capitale n’ont d’autre choix que d’y retourner régulièrement pour faire un peu de commerce, charger des camions, conduire des taxis ou accepter toute autre activité qui leur permettra de gagner un peu d’argent pour survivre. Elles s’aventurent dans Mogadiscio au péril de leur vie, avant de finalement revenir dans les camps installés en périphérie, où elles ont un toit et sont à l'abri des combats.

Le nombre de blessés de guerre admis dans les hôpitaux de Mogadiscio soutenus par le CICR a fortement augmenté depuis 2009. De janvier à septembre, Keysaney et Medina, les deux établissements de référence de la ville pour le traitement des blessures par arme, ont soigné 5 000 cas de ce genre, dont 1 900 femmes et enfants. Durant la même période de 2009, 4 000 blessés de guerre avaient été pris en charge, dont 1 100 femmes et enfants. Le nombre total des victimes de la guerre admises dans ces hôpitaux a ainsi connu une hausse de 25 % – et même de 72 % pour les femmes et les enfants.

« Nous sommes préoccupés par les effets dévastateurs des combats actuels sur la population civile. Les attaques ne peuvent être dirigées que contre les personnes qui participent directement aux hostilités et les objectifs militaires », explique Pascal Mauchle, chef de la délégation du CICR en Somalie. « Les parties au conflit doivent prendre toutes les précautions possibles, en particulier quant au choix des moyens et méthodes de guerre, pour protéger la population et les biens civils, notamment les infrastructures médicales. »

Durant le « gu », la principale saison des pluies (avril-juin), des précipitations supérieures à la moyenne sont tombées dans la plupart des régions de Somalie, ce qui a donné un peu de répit à de nombreuses communautés agricoles. Ces mêmes précipitations ont toutefois causé des inondations dans les zones situées le long des cours d'eau, dévastant villages et terres.

  Assistance aux victimes des combats et des catastrophes naturelles  

Le CICR fournit des articles ménagers essentiels et du matériel pour construire des abris aux victimes des combats et des catastrophes naturelles dans les régions reculées de la Somalie.

Entre avril et septembre, des articles ménagers de première nécessité ont été distribués à plus de 40 000 personnes, pour la plupart déplacées. Dans le cadre d'un projet pilote, le CICR en a aidé 600 autres en améliorant le rendement de 100 hectares de terres dans la région du Moyen Shabelle. En fonction de leurs besoins, les fermes ont reçu des intrants agricoles (semences, engrais, pompes, outils agricoles, etc.) et ont bénéficié de services tels que la modernisation des canaux d'irrigation ou le labourage.

Quelque 120 000 personnes dans les régions de Sool, Mudug et Ga lgadud et 55 200 autres déplacées dans les environs de Mogadiscio ont reçu des rations alimentaires pour deux mois. Plus de 5 000 orphelins et 19 500 personnes démunies, ainsi que le personnel des deux hôpitaux de la capitale bénéficiant du soutien du CICR, ont reçu des rations alimentaires pour un mois pour le Ramadan.

Environ 72 200 habitants de la région de Juba, dont les récoltes ont été balayées par les inondations, ont reçu des semences de contre-saison (maïs ou sorgho) à cultiver pour leur propre consommation, ainsi que des semences de dolique et de sésame pour les cultures de rapport. Les pompes d'irrigation distribuées dans les régions de Hiraan, du Bas et du Moyen Shabelle, du Bas et du Moyen Juba, de Gedo et de Mudug au centre et au sud du pays, ainsi que dans la région de Nugal au nord, ont bénéficié à plus de 1 800 personnes. Un total de 255 000 sacs de sable ont été distribués dans les zones situées le long des cours d'eau pour protéger les terres des inondations. En outre, quelque 132 000 sinistrés qui ont dû quitter leur foyer en raison des inondations ont reçu des feuilles de plastique avec lesquelles ils ont pu se construire un abri temporaire.

Des semences de cultures vivrières et des rations alimentaires complètes pour deux mois ont été distribuées à 40 000 personnes pour leur permettre de survivre durant la saison des plantations et de varier leur alimentation en attendant d'obtenir les revenus des cultures de rapport.

Le CICR apporte son soutien à 14 centres ambulatoires de nutrition thérapeutique gérés par le Croissant-Rouge de Somalie, où 4 000 enfants souffrant de malnutrition ont été soignés entre avril et septembre. Plus de 80 % d'entre eux sont guéris.

Le CICR a distribué des rations alimentaires pour trois mois à 60 000 personnes et des compléments nutritionnels à 4 800 en fants à Abudwak, dans la région de Galgadud frappée par le conflit armé.

  Soins de santé  

Le CICR continue de fournir du matériel médical et chirurgical aux hôpitaux Keysaney et Medina, les deux établissements de la capitale spécialisés dans la prise en charge des blessés de guerre. L’hôpital Keysaney, dans le nord de Mogadiscio, est géré par le Croissant-Rouge de Somalie, tandis que Medina, dans le sud de la ville, est un hôpital communautaire. Tous deux offrent des services 24 heures sur 24, et il n’est pas rare que les médecins et le personnel infirmier travaillent toute la nuit pour faire face à l’afflux de blessés. Ces deux structures médicales acceptent tous les patients, indépendamment de leur origine ethnique ou de leur appartenance religieuse ou politique.

D’avril à septembre, le CICR a également fourni du matériel de pansement et d’autres secours médicaux pour soigner quelque 50 blessés de guerre aux hôpitaux situés dans le nord du pays et aux dispensaires de Bakool.

Les 28 dispensaires du Croissant-Rouge de Somalie et les cinq postes de premiers secours soutenus par le CICR dans le centre et le sud du pays ont effectué plus de 175 000 consultations et plus de 16 000 vaccinations entre avril et septembre. Le CICR leur apporte une assistance sous forme d’aide financière, de médicaments et de formations. Il offre un soutien similaire à six centres de soins de santé primaires mis en place provisoirement par la Société nationale à la périphérie de Mogadiscio, sur les routes qui mènent à Afgoye et à Daynile, afin de répondre aux besoins sanitaires des quelque 400 000 personnes déplacées qui vivent dans la région.

  Accès à l’eau potable  

L’arrivée de la saison des pluies a été marquée par d’abondantes précipitations dans le centre de la Somalie. Le CICR a ainsi pu mettre un terme à son opération d’acheminement d’eau par camion fin avril, après avoir approvisionné plus de 223 000 victimes de la sécheresse dans les régions de Galgadud et de Mudug, et plus de 63 000 personnes déplacées dans celles de Belet Weyne et de Dhusa Mareb.

Le CICR a achevé la réalisation de 11 projets de mise en place d’infrastructures visant à fournir de l’eau à quelque 41 000 personnes dans les régions du Moyen et du Bas Juba grâce à des systèmes de captage de l’eau de pluie. Il a en outre réhabilité divers forages dans les régions du Bas Juba, de Hiraan et de Mudug.

  Rétablissement des liens familiaux  

Le CICR aide les membres des familles dispersées par le conflit en Somalie à rester en contact et à rechercher des proches portés disparus. Depuis avril, grâce au réseau de volontaires du Croissant-Rouge de Somalie, le CICR a recueilli près de 4 000 messages Croix-Rouge (contenant de brèves nouvelles familiales) et en a distribué plus de 6 000.

Le programme radio BBC-Somalie a diffusé les noms de quelque 3 000 personnes à la recherche de membres de leur famille en Somalie et à l’étranger et a publié près de 9 000 noms sur son site Internet. Cela a permis à plus de 150 personnes de retrouver des proches entre avril et septembre. En tout, 37 documents de voyage ont été délivrés à des personnes qui n’avaient pas de pièce d’identité afin de leur permettre de rejoindre des membres de leur famille vivant à l’étranger, notamment au Canada, en Autriche et en Nouvelle-Zélande.

  Promotion du droit international humanitaire  

Rappeler aux parties à un conflit armé qu’elles ont l’obligation de protéger les civils est un aspect fondamental des activités menées par le CICR en vue de promouvoir le respect du droit international humanitaire dans le monde entier. L’institution s’emploie également à faire mieux connaître cette branche du droit au sein de la société civile. Pour illustrer les principes du droit international humanitaire en Somalie, il peut se révéler utile de faire référence à la tradition somalienne qui veut que les femmes, les enfants, les blessés et les malades, entre autres, soient protégés contre les attaques (« biri ma gedo »).

  Informations complémentaires :  

  Nicole Engelbrecht, CICR Genève, tél. : +41 22 730 22 71 ou +41 79 217 32 17  

  Yves Van Loo, CICR Somalie, tél. : +254 20 2723 963 ou +254 736 084 015