• Envoyer
  • Imprimer

Tchad : le CICR aide les migrants et les populations résidantes vulnérables

13-10-2011 Point sur les activités

Dans un contexte évoluant de l'urgence à une relative stabilité, à l'Est et au Sud, le CICR a poursuivi ses activités en faveur des populations vulnérables. L'organisation a mené des opérations en faveur des migrants, en particulier en provenance de Libye en raison du conflit armé qui secoue ce pays depuis février 2011.

Le Tchad reste structurellement fragile, directement affecté par les conflits du passé. Le pays continue d'accueillir sur son sol près de 285'000 réfugiés soudanais, 95'000 réfugiés centrafricains et plusieurs dizaines de milliers de migrants économiques revenus de Libye.

Malgré l'absence d’affrontements armés à l'intérieur du territoire, la situation sécuritaire demeure volatile. Le banditisme, la prolifération d'armes légères et la porosité des frontières maintiennent le pays dans une certaine incertitude.

Par son action en faveur des personnes déplacées, des blessés par balle, des détenus et des plus vulnérables parmi les populations locales, le CICR répond de façon flexible à un contexte humanitaire évolutif, mêlant une approche entre rationalisation et continuité à l'Est et au Sud, et de prise en compte de nouvelles dynamiques au Nord. Résumé des réalisations entre janvier et juin 2011

Visite aux personnes privées de liberté

  • Les équipes du CICR ont poursuivi leurs visites dans les principaux lieux de détention gérés par la Présidence, par les Ministères de la Défense, de l'Intérieur et de la Justice. Le but est d'évaluer la situation des détenus et de formuler des recommandations aux autorités détentrices afin d'améliorer les conditions de détention.
  • Au cours de la première moitié 2011, le CICR a:
    visité 3'570 détenus;
  • facilité le contact entre les détenus et leurs familles via des messages Croix-Rouge et des salamats téléphonique, de courts appels;
  • assuré une allocation de frais de transports aux détenus de sécurité ayant bénéficié d'une amnistie pour leur retour;
  • organisé un atelier à l'intention de divers acteurs du milieu carcéral, ainsi que d'une douzaine de régisseurs sur les thématiques de la santé, de l'eau et l'assainissement.

Rétablissement des liens familiaux

Afin de rétablir et de maintenir le contact entre les personnes séparées par les conflits et autres situations de violence, le CICR a continué ses activités de rétablissement des liens familiaux en faveur des réfugiés soudanais, centrafricains, des populations déplacées et des migrants  tchadiens fuyant les combats en Libye.

  • 793 messages Croix Rouge collectés et 616 distribués;
  • 144 enfants (incluant certains ex-enfants soldats et réfugiés soudanais) et leurs proches, ainsi que 34 réunions familiales facilitées;
  •  63 enfants associés aux forces armées et aux groupes armés ont rétabli des contacts avec leurs familles;
  •  sur demande de recherche de leur famille, 26 personnes ont été localisées;
  •  grâce à une coopération avec la Croix-Rouge du Tchad, le CICR a facilité plus de 3'000 appels et distribué plus de 1'300 cartes SIM à des Tchadiens fuyant le conflit libyen.

Assistance aux personnes déplacées, rentrant chez elles et aux résidants

Les populations de la région de Kounoh et Korbol au sud du pays, déplacées par les combats de décembre 2009, ont amorcé leur retour depuis le début de l'année. Le CICR a accompagné cette normalisation par un soutien matériel et financier à 12 groupements masculins et 7 féminins, alors que 77 ménages ont reçu des chèvres. Des produits maraîchers ont été fournis à quelques 100 familles. De plus, en raison d'une épidémie de peste caprine, le cheptel de quelques 1'020 ménages a pu être vacciné et préservé. Cette assistance a aidé près de la moitié des ménages affectés par les violences passées dans cette zone.
A l'Est du Tchad, où la situation se normalise également depuis les dernières échauffourées d'avril 2010, le CICR a finalisé son programme d'assistance économique basé sur la formation et le recyclage des auxiliaires vétérinaires, de l'assistance aux services vétérinaires et de l'appui agricole. Au cours de ces six mois, quelques 40'000 doses de vaccins ont été remises aux autorités et près d'une quarantaine d'auxiliaires vétérinaires ont bénéficié de formations et reçu de l'équipement pour assurer la santé des animaux de près de 2'700 familles. La distribution de houes, de semences à près de 3'000 ménages ainsi que des formations agricole pour une cinquantaine de représentants de communautés ont renforcé leurs capacités.

Soins aux blessés

Au vu de l'accalmie que connaît le Tchad depuis de nombreux mois, l'équipe chirurgicale du CICR a ouvert ses services aux urgences chirurgicales de façon inclusive, prenant en charge les frais médicaux encourus par les personnes démunies et les blessés par balles.

  • De début janvier à fin mai 2011, 442 opérations chirurgicales ont été effectuées.
  • Le CICR a poursuivi son appui à l'hôpital d'Abéché à travers l'encadrement des professeurs de l'École de santé (ESA), la formation des étudiants de l'ESA ainsi que la formation et la rémunération de nouveaux physiothérapeutes. De plus, des produits d'hygiène, des équipements et des médicaments ont été distribués et des interventions menées dans le domaine de l'eau et de l'assainissement.

Soutien aux centres de réhabilitation physique

Le CICR reste le principal acteur de soutien aux Centres d'appareillage et de rééducation de Kabalaye (CARK) à N'Djamena et à la Maison Notre Dame de la Paix (MNDP) à Moundou dans le sud du pays. Ces deux centres ont continué de bénéficier d'un appui afin d'améliorer les services offerts en faveur des victimes par armes ou munitions ainsi que plusieurs amputés de l'Est et du Nord :

  • 203 amputés ont reçu des services
  • 83 nouveaux patients ont été équipés de prothèses
  • 189 prothèses ont été livrées (dont 135 victimes de mines)
  • 78 nouveaux patients ont été équipés d'orthèses
  • 201 orthèses ont été livrées (dont 18 pour les victimes de mines).

Prévention des violations du droit international humanitaire (DIH)

A la suite de l'approbation d'un plan d'action sur la promotion du DIH entre le CICR et l'État Major des Armées du Tchad, le CICR a poursuivi ses efforts à faire connaître les règles du droit international humanitaire aux différents porteurs d'armes.
Plus de 1'500 membres des forces de défense et de sécurité des écoles militaires, commandements régionaux et unités opérationnelles ont acquis une meilleure compréhension du droit de la guerre et du rôle du CICR. Ces séances parfois conjointes avec les membres instructeurs militaires tchadiens se sont focalisées sur la protection des civils et des organismes humanitaires. Plusieurs séances ont été également organisées à l'attention de quelques 300 membres du Détachement intégré de Sécurité (DIS), responsables de la sécurité des personnes déplacées et des humanitaires.

Coopération avec la Croix-Rouge du Tchad

Dans le cadre de la coopération au sein du mouvement, le CICR a soutenu la Croix Rouge du Tchad (CRT) dans ses activités de préparation à la gestion de catastrophes, de diffusion des principes humanitaires et de rétablissements des liens familiaux.
En étroite collaboration avec la CRT, le CICR a facilité le rétablissement des liens familiaux de 16'000 migrants tchadiens ayant fui les violences en Libye afin de rétablir les contacts avec leurs familles via le réseau téléphonique mis sur pied à Faya Largeau.
En 2011, le CICR a soutenu la formation de premiers secours pour les élections et la construction de deux bureaux régionaux de la CRT dans le Batha et le Guera.


Photos

Distribution de semences à l'Est du Tchad 

Distribution de semences à l'Est du Tchad
© CICR / M. Keller

 

Des personnes rentrant chez elles après avoir séjourné en Libye
© CICR / CRT

 

Une réunification familiale
© CICR / T.Gassmann