• Envoyer
  • Imprimer

Libye : suivi de la situation des détenus

01-12-2011 Point sur les activités N° 16/2011

Ces dernières semaines, le CICR a continué de visiter des centaines de personnes détenues par les différentes autorités dans le pays et à enlever les munitions non explosées à Syrte et Bani Walid. Il a fourni une assistance urgente à 30 000 personnes qui rentraient au centre de Syrte.

« Au cours des dix derniers jours, nos délégués ont visité des personnes détenues dans des divers lieux, à Tripoli, Khoms, Tarhouna, Zawiyah, Zlitan, Misrata et Benghazi, et Zintan, dans les montagnes Nefusa au sud-ouest de Tripoli », a déclaré Georges Comninos , chef de la délégation du CICR en Libye.

La priorité du CICR est de visiter toutes les personnes détenues, y compris les anciens dirigeants. Ces visites ont pour but de vérifier les conditions de détention et le traitement qui est réservé aux détenus, et de leur fournir des soins médicaux en cas de besoin. Les détenus ont aussi la possibilité de contacter leurs familles.

Ces dernières semaines, des articles d'hygiène et des couvertures ont été distribués aux détenus qui en ont le plus besoin.

Les visites aux détenus se déroulent selon les modalités de travail habituelles du CICR. Les délégués du CICR visitent tous les locaux, s'entretiennent en privé avec les détenus de leur choix, répètent leurs visites et font part de leurs observations et recommandations exclusivement aux autorités compétentes. Le CICR estime que c'est la meilleure façon d'obtenir des résultats satisfaisants.

« Dans nos nombreux contacts avec les autorités détentrices, nous soulignons le caractère strictement humanitaire de notre travail », a précisé M. Comninos.

Depuis mars, le CICR a visité plus de 8 500 détenus dans quelque 60 lieux de détention. La plupart des visites ont eu lieu à Tripoli, à Misrata et d'autres villes proches.

Aide aux personnes rentrant à Syrte

«  Les habitants de Syrte commencent à regagner leurs maisons, sauf dans les zones les plus dévastées de la ville, notamment le quartier n° 2 et la zone n°700 où peu de maisons ont l’eau et l’électricité», a indiqué M. Comninos.

En collaboration avec les volontaires du Croissant-Rouge libyen, le CICR continue de fournir une assistance urgente à ceux qui retournent au centre de Syrte. À ce jour, plus de 30 000 personnes ont reçu des rations alimentaires et divers articles (couvertures, jerrycans et assortiments d’articles d'hygiène). De la nourriture pour bébés et des couches sont distribuées aux mères ayant des petits enfants.

Un point de distribution permanent a été mis en place à la section jeunesse du Croissant-Rouge libyen où les habitants viennent pour prendre les articles dont ils ont besoin.

Enlèvement de centaines d’engins non explosés

Des quartiers de Syrte et Bani Walid sont toujours dangereux en raison des nombreux engins non explosés qui s’y trouvent. Le nombre de ces engins serait considérable à Syrte.

« Les accidents se produisent généralement lors de la manipulation de ces engins, notamment par les enfants, et lorsque les habitants essayent de procéder eux-mêmes à leur enlèvement dans les différents quartiers, » a précisé Jennifer Reeves, déléguée du CICR. « Au cours des 20 derniers jours, ces incidents auraient provoqué dix morts dans la ville ou à proximité. La plupart des victimes ont entre 10 et 22 ans. Dans un village situé à la périphérie de Syrte, trois membres d’une même famille - un frère, une sœur et leur grand-mère - ont perdu la vie dans l’explosion d’un engin. »

« À Syrte, depuis le 15 novembre, notre personnel a procédé physiquement à l’enlèvement de ces engins (grenades, roquettes et mortiers) à l’hôpital Ibn Sina, dans les rues et les maisons », a-t-elle ajouté. « À ce jour, 240 engins non explosés, dont 70 pièces de munitions d'armes légères ont été enlevés. Nous envisageons de détruire les engins cette semaine. »

À Bani Walid, le CICR a enlevé plusieurs centaines d'engins non explosés depuis le 13 novembre. Quatre routes, 45 maisons, trois écoles et un terrain de football ont été dépollués dans des zones à forte population.

Le CICR assure la formation des volontaires du Croissant-Rouge libyen et autres volontaires dans les communautés afin de sensibiliser la population aux dangers inhérents à la manipulation des restes explosifs de guerre. Le CICR et le Croissant-Rouge libyen ont installé des panneaux d'affichage à Syrte et Bani Walid et distribué des affiches et des dépliants. Le 22 novembre, ils ont lancé une campagne radio de trois semaines avec cinq chaînes de radio. « La radio est un moyen efficace pour atteindre les habitants et les personnes déplacées, on peut l’écouter partout », a précisé Mme Reeves.

Assistance médicale pour les personnes à Ghat et dans d’autres villes dans le sud

Tout en évaluant la semaine dernière les besoins dans le sud du pays, le CICR a distribué 24 000 seringues à insuline et des fournitures chirurgicales pour traiter des patients blessés au centre médical de Sabha, et 26 000 seringues à insuline pour diabétiques à la clinique de Qurda. Il a aussi distribué trois trousses avec des assortiments de pansements et des fournitures en quantité suffisante pour traiter mille patients à une structure médicale à Qutroun et à une autre à Ghat.

Dans l’ensemble, le système de soins médicaux en Libye est de nouveau opérationnel. Toutefois, la distribution d'articles médicaux à certaines installations situées loin de la capitale n'est pas encore revenue à la normale.

Le CICR est la première organisation internationale humanitaire à s’être rendue à Ghat, ville située à la frontière avec l'Algérie, depuis le début du conflit.

Informations complémentaires :
Soumaya Beltifa, CICR Tripoli/Benghazi, tél. : +88 16 22 43 70 61 ou +218 9 923 304 560
Steven Anderson, CICR Genève, tél. : +41 22 730 20 11 ou +41 79 536 92 50


Photos

Tripoli, Libye. Des hommes détenus dans le cadre du récent conflit. 

Tripoli, Libye. Des hommes détenus dans le cadre du récent conflit.
© Reuters / M. Salem

Près de Syrte, Libye. Le mur et la porte de ce bâtiment (voir gros plan) portent encore les marques de l'explosion qui a tué trois membres d'une même famille - un frère, une sœur et leur grand-mère – lorsqu'une munition non explosée a sauté fin novembre 2011. 

Près de Syrte, Libye. Le mur et la porte de ce bâtiment (voir gros plan) portent encore les marques de l'explosion qui a tué trois membres d'une même famille - un frère, une sœur et leur grand-mère – lorsqu'une munition non explosée a sauté fin novembre 2011.
© CICR

Libye. Quelqu'un a tenté de brûler ces obus de mortier abandonnés. Le CICR et le Croissant-Rouge libyen mettent la population en garde contre une telle pratique, potentiellement mortelle. 

Libye. Quelqu'un a tenté de brûler ces obus de mortier abandonnés. Le CICR et le Croissant-Rouge libyen mettent la population en garde contre une telle pratique, potentiellement mortelle.
© CICR