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Fédération de Russie/Nord-Caucase : le CICR maintient ses activités d'assistance dans un contexte de sécurité instable

01-03-2011 Point sur les activités N° 01/11

Dans un contexte de sécurité instable, le CICR continue à répondre aux besoins des personnes touchées par les conflits passés et par la violence en cours dans le Nord-Caucase.

Dans le Nord-Caucase, le CICR cherche à la fois à aider la population à se remettre des conflits passés – en particulier en Tchétchénie et en Ingouchie –, et à répondre de manière appropriée à la détérioration de la situation que l'on observe depuis deux ans dans certaines zones. «Des centaines de familles de tous les milieux ont été touchées de manières diverses et ont des besoins différents», explique Juan Luis Coderque Galligo, chef de la délégation régionale du CICR à Moscou. «Le rôle du CICR, en tant qu'organisation humanitaire neutre et indépendante, consiste à coopérer avec les autorités, avec la Société de la Croix-Rouge russe et avec nos autres partenaires pour alléger les souffrances de ces familles, qui dans bien des cas ont maintenant des femmes à leur tête.»

Avec 212 employés dans la région et un budget de 10,5 millions de francs suisses pour ses activités humanitaires dans le Nord-Caucase en 2011, le CICR mène les activités suivantes :

  • financement d'initiatives économiques à petite échelle susceptibles d'aider les personnes dans le besoin à recouvrer leur autosuffisance;

  • soutien d'un programme de visites à domicile par des infirmières, administré par les sections locales de la Société de la Croix-Rouge russe;

  • poursuite des activités sur les cas de personnes disparues et soutien à leurs familles;

  • appui supplémentaire aux personnes qui pâtissent des problèmes actuels de sécurité.

Afin de réagir efficacement aux situations d'urgence, le CICR :

  • propose une formation au personnel médical et fournit des installations de soins de santé dotées de matériel chirurgical pouvant être utilisées en cas d'urgence;

  • soutient un programme de formation aux premiers secours administré par les sections locales de la Société de la Croix-Rouge russe dans le Nord-Caucase;

  • aide les sections à renforcer leurs mesures de préparation aux situations d'urgence.

Le CICR poursuit par ailleurs son action de vulgarisation du droit international humanitaire et des principes humanitaires au sein des autorités, des forces armées et de sécurité, et des écoles et universités.

  Les séquelles des conflits d'hier  

Les conflits passés ont toujours de graves répercussions sur les personnes déplacées, les personnes âgées, les ménages dont le soutien de famille a disparu ou a été détenu, les personnes vivant dans les zones infestées par les mines, ainsi que les amputés et les autres personnes handicapées.

Aider les habitants à recouvrer leur autosuffisance

Pour aider les personnes dont les besoins sont les plus criants, le CICR soutient des initiatives microéconomiques. Grâce à un programme lancé en 2005, de nombreuses personnes ont pu créer de petites entreprises familiales dans les secteurs de l'agriculture, de l'élevage de bétail, de l'artisanat, du commerce ou d'autres services. Une formation professionnelle leur a aussi été offerte pour développer des compétences spécifiques. Depuis son lancement, ce programme a aidé plus de 25 000 personnes à accroître leur revenu.

«Dans notre région, le stockage du foin pour la vente est très rentable. Lorsque j'ai entendu parler des initiatives microéconomiques, j'ai demandé une moissonneuse», explique Adam, l'un des bénéficiaires du programme. «À présent, je gagne près de 15 000 roubles par mois pendant la saison, qui dure six mois. Grâce à ce revenu, ma famille peut vivre sans crainte des lendemains.»

Entre 2008 et 2010, le CICR a soutenu quelque 2400 initiatives de ce type, au profit d'autant de familles en Tchétchénie et en Ingouchie, leur permettant d'accroître leur revenu de 40% en moyenne.

Aide à la population dans les zones infestées par les mines

Les mines demeurent un fléau pour les habitants de la Tchétchénie. Au deuxième semestre de l'année dernière, elles auraient causé le décès de trois soldats, blessant quatre civils et cinq autres soldats. En outre, en l'absence d'opérations de déminage et comme les zones dangereuses ne sont pas toujours marquées, de nombreux habitants sont empêchés de travailler dans leurs champs et doivent ainsi renoncer à une source de revenus importante, en particulier dans les zones rurales. Les projets microéconomiques soutenus par le CICR leur offrent des options de substitution pour gagner de l'argent, tout en réduisant leur exposition au danger des mines. Quelque 140 projets de ce type ont été lancés à ce jour dans sept villages du sud de la Tchétchénie : Yandie, Bochie, Varandy, Djougourty, Benoï, Tsa-Vedeno et Vachindaroï. Selon un représentant des autorités locales du village de Djougourty (district de Kourtchaloï), «ces projets ont contribué à éviter de nouveaux incidents dus aux mines et ils ont aidé les villageois à améliorer leurs conditions de vie».

Approvisionnement en eau potable de villages isolés

En raison des conflits passés et de la dégradation des infrastructures, l'accès à l'eau demeure difficile dans certaines régions, en particulier dans les districts du sud de la Tchétchénie. Le CICR continue à soutenir les activités de remise en état des installations d'approvisionnement en eau et d'assainissement.

L'été dernier, le CICR a lancé, en coopération avec le service des eaux de Tchétchénie, un projet d'approvisionnement dans le village de Betti-Mohk (district de Nojaï-Yourt). Le CICR a fourni le matériel nécessaire, construit une citerne de stockage en béton et réparé, puis remis en exploitation deux installations de captation d'eau dans des sources. Le projet permet aujourd'hui à 970 villageois de disposer d'eau salubre.

En octobre, le CICR a fait don de deux kilomètres de conduites en plastique et de 21 accessoires de canalisation au village de Meskety, afin de permettre la construction d'une nouvelle conduite qui améliorera l'approvisionnement en eau pour 800 habitants d'une partie du village.

Aide aux personnes ayant des besoins spéciaux

Afin de répondre aux besoins particuliers des personnes âgées vivant seules et des familles de personnes portées disparues, qui vivent dans l'énorme tension psychologique causée par l'ignorance du sort de leurs proches, le CICR soutient un programme de visites d'infirmières à domicile, qui a pour objet d'assister les personnes âgées et d'apporter un réconfort psychologique aux familles des disparus. Le programme est administré par les sections locales de la Société de la Croix-Rouge russe en Tchétchénie, en Ingouchie et au Daghestan. Entre juin 2010 et janvier 2011, plus de 1060 personnes âgées isolées ont reçu des soins, des colis de vivres ainsi que des assortiments d'articles d'hygiène. Quelque 60 familles de personnes disparues en Tchétchénie ont bénéficié d'une aide psychologique.

La question des personnes disparues reste préoccupante. Elle exige volonté politique et coordination des efforts pour être traitée de manière appropriée et efficace. Le CICR continue donc à appeler l'attention sur les souffrances endurées par les personnes san s nouvelles de leurs proches, et à rappeler aux autorités fédérales et locales leur obligation de répondre à leurs interrogations. En outre, en coopération avec l'Assemblée inter­parlementaire de la Communauté des États indépendants, le CICR a rédigé et proposé une loi type relative aux personnes disparues.

Les enfants directement ou indirectement touchés par les conflits ou par d'autres formes de violence – y compris, en particulier, les enfants des familles déplacées – constituent un groupe particulièrement vulnérable. Au cours du second semestre de l'année 2010, plus de 600 enfants ont régulièrement fréquenté sept salles de jeu en Tchétchénie et en Ingouchie, ainsi que le Centre de soutien psycho-social de Beslan, en Ossétie du Nord, qui sont administrés par les sections locales de la Société de la Croix-Rouge russe, avec l'appui du CICR. En outre, les 8 et 9 août, 32 enseignants et représentants de l'administration locale de l'enseignement ont participé à un séminaire organisé par le CICR en coopération avec le ministère de l'éducation et des sciences de la République de Tchétchénie, consacré aux instructions à donner aux enfants sur le comportement à adopter dans les régions contaminées par des armes.

Préserver les liens familiaux

Le CICR finance des visites de familles de toutes les républiques du Nord-Caucase à leurs parents séjournant dans des centres de détention dans toute la Fédération de Russie. Entre juin 2010 et janvier 2011, quelque 240 détenus ont reçu la visite de membres de leur famille, et plus de 150 colis ont été remis aux détenus de la part de familles empêchées de leur rendre visite. En outre, le CICR a pris des dispositions permettant des appels téléphoniques entre les personnes internées dans le centre de détention des États-Unis à Guantanamo Bay (Cuba) et leurs parents vivant dans le Nord-Caucase.

Dans le domaine du rétablissement des liens f amiliaux, le CICR a aussi porté à l'attention des autorités les cas de familles dont les membres ont perdu contact en raison de conflits passés ou des violences en cours.

  La préparation aux situations d'urgence  

Afin de renforcer les capacités du personnel sanitaire de soigner les personnes blessées dans des incidents de sécurité, le CICR offre une formation au personnel médical employé dans les unités de chirurgie et de traumatologie ainsi que dans les services de soins d'urgence. Au mois d'octobre, 19 spécialistes de diverses républiques du Nord-Caucase ont suivi un cours sur la traumatologie des urgences organisé par le CICR en coopération avec l'Académie médicale d'État d'Ossétie du Nord. Cinq infirmières de Tchétchénie ont participé à un cours de certification au centre de formation de Rostov-sur-le-Don.

Entre juin 2010 et janvier 2011, le CICR a fourni à des hôpitaux de Tchétchénie et du Daghestan trois assortiments d'articles d'urgence, contenant chacun suffisamment de fournitures pour soigner jusqu'à 25 blessés. Au mois de novembre, six hôpitaux de Tchétchénie ont reçu un approvisionnement ponctuel en médicaments et consommables afin de compléter leur stock.

Le CICR s'efforce par ailleurs de renforcer les capacités des sections de la Société de la Croix-Rouge russe en matière de réaction aux situations d'urgence; il soutient à cet égard un programme de formation aux premiers secours destiné à la population, réalisé par les sections de la Société nationale en Tchétchénie, en Ingouchie, en Kabardino-Balkarie et en Ossétie du Nord. Près de 2400 personnes ont suivi cette formation entre juin 2010 et janvier 2011.

  Encourager le respect du droit  

     

Faire mieux connaître le droit international humanitaire ainsi que les autres textes et normes juridiques au sein des autorités, des forces armées et de sécurité et des écoles et universités demeure une composante essentielle des activités du CICR dans le Nord-Caucase.

Le CICR veille tout particulièrement à ce que les forces de police et de l'intérieur chargées d'opérations de sécurité soient dûment informées des règles applicables. Entre juin 2010 et janvier 2011, 23 séances d'information ont été organisées à l'intention de plus de 500 membres des forces de l'ordre au Daghestan, en Tchétchénie, en Ingouchie, en Ossétie du Nord et en Kabardino-Balkarie. Le CICR maintient en outre un dialogue constant avec les responsables des services de police, à l'échelon fédéral comme au plan local, concernant le recours à la force, les arrestations et la détention.

Le CICR continue à encourager l'enseignement du droit international humanitaire dans les universités. Une équipe de l'Université d'État de Tchétchénie a remporté le premier prix d'un concours sur le droit international humanitaire organisé par le CICR à Moscou en novembre à l'intention des étudiants en journalisme.

Un séminaire consacré à l'enseignement du droit international humanitaire organisé à Vladikavkaz sous les auspices de l'Université d'État d'Ossétie du Nord, en coopération avec le CICR, a réuni une vingtaine de professeurs des principales universités du Nord-Caucase.

Le CICR est actif dans le Nord-Caucase depuis 1992 et il dispose actuellement de bureaux à Grozny, Khasavyourt, Naltchik, Nazran et Vladikavkaz.

  Informations complémentaires :  

  Yuriy Shafarenko, CICR Moscou, tél. : +7 495 626 5426  

  Vassily Fadeev, CICR Genève, tél. : : +41 79 536 92 48