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Syrie : les besoins augmentent rapidement

29-12-2011 Point sur les activités N° 11/02

La situation en Syrie a continué de se détériorer, notamment ces derniers jours, et les violences ont fait des centaines de morts et de blessés, sans compter les personnes détenues en grand nombre.

Neuf mois après le début des troubles, les effets de la violence se font sentir d'autres manières. « Même si la crise humanitaire ne s'étend pas à tout le territoire syrien, elle a un impact majeur et direct sur de larges pans du pays », dit Béatrice Mégevand-Roggo, chef des opérations du CICR pour le Proche et Moyen-Orient. « Les besoins augmentent rapidement, d'autant plus que l'hiver arrive. Les pénuries de carburant et les difficultés pour se déplacer librement et acheter de la nourriture sont parmi les problèmes qui rendent la vie quotidienne encore plus dure. »

Les sanctions imposées à la Syrie par différents pays rendent également la vie des gens ordinaires plus difficile. Des usines et des magasins ferment, et les coupures d'électricité ne sont pas rares. De nombreux Syriens comptent sur leur salaire à la journée pour vivre. S'ils n'étaient pas payés, beaucoup se retrouveraient dans une situation encore plus difficile.

Le CICR est particulièrement préoccupé par les obstacles que doivent surmonter les blessés et les malades pour recevoir des soins de santé. « On nous a signalé plusieurs cas de manque de respect à l'égard des personnels de santé et des structures médicales », indique Mme Mégevand-Roggo. À Idlib, Homs, Hama, Daraa, Deir Al-Zor, notamment, beaucoup de personnes risquent de mourir si les services médicaux d'urgence n'obtiennent pas le passage rapide et sans encombre de leur personnel.

« Nous sommes en Syrie depuis plus de 40 ans, principalement pour porter assistance à la population du Golan occupé. Aujourd'hui, nous avons considérablement étendu nos activités pour venir en aide aux personnes touchées par la situation de violence interne, explique Mme Mégevand-Roggo. Nos partenaires au sein du Croissant-Rouge arabe syrien travaillent jour et nuit pour fournir une aide médicale et alimentaire dans des circonstances particulièrement difficiles et dangereuses. Tout retard ou toute entrave dans la fourniture des premiers soins pourrait coûter la vie aux personnes blessées. »

Le CICR reste très préoccupé par le sort de milliers de détenus. En septembre, il a visité la prison centrale de Damas, dans la banlieue d'Adra, dans le cadre de son dialogue confidentiel avec les autorités syriennes et des démarches qu'il entreprend pour développer la confiance et la compréhension mutuelle. « Les discussions avec les autorités se poursuivent en vue de trouver un terrain d'entente qui nous permettrait de visiter les détenus conformément à nos modalités habituelles », indique Mme Mégevand-Roggo. Les délégués du CICR doivent pouvoir visiter les installations, s'entretenir en privé avec les personnes de leur choix et renouveler les visites autant de fois qu'ils le jugent nécessaire. « Nous faisons ensuite part de nos constatations et de nos recommandations aux autorités concernées, et ensemble nous en discutons. Nous pensons que c'est le meilleur moyen d'obtenir des résultats satisfaisants », ajoute-t-elle.

Depuis que les troubles civils ont éclaté, le CICR coordonne ses activités en Syrie avec celles du Croissant-Rouge arabe syrien. Depuis juin dernier, date à laquelle le CICR a obtenu un meilleur accès aux zones touchées par les troubles, l'institution fournit aux personnes concernées une aide médicale et alimentaire, ainsi que d'autres articles de première nécessité.

Faits et chiffres (de mai à décembre 2011)

  • Le CICR a distribué 14 000 colis alimentaires (contenant chacun suffisamment de vivres pour nourrir six personnes pendant un mois), en faveur de 85 000 personnes au total.
  • 30 000 kits de matériel scolaire, contenant chacun un cartable et un assortiment complet de fournitures scolaires, ont été distribués aux enfants des familles pauvres vivant dans les zones touchées.
  • Le CICR et le Croissant-Rouge arabe syrien ont distribué 3 000 couvertures et près de 1 400 assortiments d'articles d'hygiène, contenant chacun des articles pour six personnes.
  • Le CICR a donné aux hôpitaux publics et privés de Hama, Daraa, Homs et Idlib, ainsi qu'au siège de la Société nationale (à l'intention des secouristes volontaires), du matériel de pansement et des articles pour traiter les personnes blessées dans les violences.
  • Il a fait don de systèmes de triage, de civières, de fauteuils roulants et de chariots aux hôpitaux où les blessés et les morts sont amenés.
  • Il a fourni à la Société nationale quatre unités mobiles de premiers secours et de soins de santé, 700 trousses de premiers secours, une grande variété de matériel médical et de médicaments, ainsi que 600 sacs mortuaires.
  • Le Croissant-Rouge arabe syrien a distribué des milliers de colis alimentaires, des couvertures, des matelas et des médicaments aux personnes qui en avaient le plus besoin dans au moins une vingtaine de villes et de villages touchés par les troubles.
  • Le CICR a organisé un séminaire de perfectionnement aux premiers secours, à l'intention de plus d'une soixantaine de médecins qui s'étaient proposés pour aider la Société nationale à soigner les blessés.

Outre ces activités liées à la situation actuelle, le CICR poursuit ses activités habituelles.

En lien avec la sécheresse dans le nord-ouest du pays, le CICR a :

  • construit ou remis en état des usines de désalinisation de l’eau dans les gouvernorats de Homs, Deir Al-Zor et Al-Hasakah, afin d'approvisionner en eau potable 10 500 personnes ;
  • installé une pompe à eau dans un puits à Al-Hasakah, desservant 3 500 personnes et leur bétail ;
  • amélioré trois réservoirs souterrains d'eau potable à Deir Al-Zor et Al-Raqqa, en faveur de 2 400 personnes et leur bétail ;
  • amélioré deux bassins d'eau potable à Deir Al-Zor, desservant 2 500 personnes et leur bétail ;
  • soutenu les services de transport routier du Croissant-Rouge arabe syrien qui permettent à plus de 21 000 personnes vivant dans les régions reculées des gouvernorats de Deir Al-Zor, Al-Raqqa et Al-Hasakah de continuer à recevoir gratuitement de l'eau potable.

En lien avec le Golan occupé, le CICR a :

  • aidé 538 pèlerins à traverser la ligne de démarcation pour rendre visite à leur famille et à leurs amis vivant dans d'autres parties de la Syrie ;
  • pris des dispositions pour permettre à 175 étudiants de se rendre du Golan occupé à Damas ;
  • pris des dispositions pour permettre à 240 étudiants de revenir dans le Golan occupé soit pour les vacances, soit après avoir obtenu leur diplôme à l'université de Damas.

En outre, le CICR a organisé à Damas et à Alep, en coopération avec la Société nationale et certains ministères, six ateliers sur le droit international humanitaire et le droit international des droits de l'homme, à l'intention de 56 juristes, 40 journalistes, près de 200 juges et 33 volontaires chargés de la communication au Croissant-Rouge arabe syrien.

Informations complémentaires :
Hicham Hassan, CICR Genève, tél. : +41 21 730 25 41 ou +41 79 536 92 57