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Yémen : l'escalade de la violence fait payer un lourd tribut à la population civile

27-10-2011 Point sur les activités

À Sanaa, des services essentiels tels que les soins de santé, l'approvisionnement en eau et en électricité et l'éducation ont été profondément perturbés, voire interrompus. Pour le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et le Croissant-Rouge du Yémen, la priorité est de sauver des vies et d'atténuer les souffrances en apportant un soutien aux équipes de premiers secours et aux structures médicales.

La population civile prise dans la spirale de la violence

Ces dernières semaines, les moments d'accalmie ont été rares à Sanaa, la capitale. Il est difficile, voire impossible de se déplacer dans la ville en raison de la présence d'innombrables hommes armés, postes de contrôle et barrages routiers. « Les coups de feu et bombardements font désormais partie du quotidien des Yéménites à Sanaa et ailleurs dans le pays : la ville est méconnaissable, a déclaré Éric Marclay, chef de la délégation du CICR au Yémen. Des centaines de familles ont dû envoyer femmes et enfants dans des lieux plus sûrs ou quitter leur quartier pour s'installer dans des villages voisins ou chez des proches dans une autre partie de la ville. Certaines ne savent même pas si leur maison est encore debout. » Les coupures d'électricité, qui peuvent durer la majeure partie de la journée, et la grave pénurie d'eau ne font qu'aggraver les conditions de vie déjà difficiles des habitants.

En outre, des combats ont éclaté dans plusieurs zones résidentielles et dans des établissements civils, notamment des écoles, mettant en danger les écoliers et provoquant l'interruption des cours. Beaucoup de dommages pourraient être évités si aucune arme n'était introduite à l'intérieur des bâtiments publics. Des dizaines de personnes ont été tuées ces dernières semaines et plusieurs centaines ont été blessées dans les affrontements qui perdurent. Le CICR continue de faire pression sur les acteurs concernés afin qu'ils prennent toutes les précautions possibles pour que la vie des civils soit épargnée.

« Nous sommes préoccupés par l'escalade de la violence à Sanaa et dans d'autres régions du pays, a déclaré M. Marclay. Nous sommes déterminés à faire tout notre possible pour que des soins vitaux, à tout le moins, puissent être dispensés à ceux qui en ont besoin. »

Dans d'autres villes principales du pays telles que Taïz, la situation est tout aussi inquiétante voire plus inquiétante encore. Les quartiers d'Al-Hassaba et Sofan, situés dans le nord de la ville de Sanaa, et le gouvernorat d'Abyan (sud du pays) ont été le théâtre d'une véritable confrontation armée. Dans les gouvernorats de Saada et d'Amran (nord du pays), où les hostilités ne sont plus actives depuis mars, la population touchée tente de trouver des moyens de s'en sortir sans l'aide humanitaire du CICR. Cependant, les infrastructures menacent de s'effondrer après des années de guerre, et la plupart des habitants ne parviennent pas à reconstruire leur vie.

Le CICR fait tout ce qu'il peut pour apporter une assistance, souvent vitale, à des dizaines de milliers de personnes.  

Les services de soins de santé mis à rude épreuve

« En raison de la violence qui n'a cessé de frapper Sanaa avec toujours plus d'intensité ces dernières semaines, le nombre de victimes a augmenté très rapidement, de même que les besoins médicaux », a expliqué M. Marclay.

À cause des barrages routiers, des rues fermées et d'autres obstacles, les équipes médicales et de premiers secours ont souvent eu des difficultés à atteindre les blessés. « À plusieurs reprises, des secouristes n'ont pas pu se rendre auprès de victimes pour les évacuer, a ajouté M. Marclay. Certains secouristes et membres du personnel sanitaire ont fait l'objet de menaces ou d'attaques. Les structures médicales doivent être épargnées en tout temps et fournir des soins en toute impartialité. » Le CICR continue de rappeler à tous les acteurs concernés la responsabilité qui leur incombe de faire en sorte que les malades et les blessés aient accès aux soins dont ils ont besoin, et que les équipes médicales et de premiers secours puissent accomplir en tout temps leur travail, qui est de sauver des vies.

Ces derniers mois, le CICR a continué de travailler en collaboration avec les différentes sections du Croissant-Rouge du Yémen. Il a notamment aidé leurs équipes d'intervention d'urgence à fournir des premiers secours à plus de 1 600 blessés dans les zones touchées par la violence.

Opérations de secours d’urgence menées par le CICR et le Croissant-Rouge du Yémen ces derniers mois

  • À Sanaa, avec le soutien du CICR, des volontaires du Croissant-Rouge du Yémen ont prodigué les premiers secours à quelque 1 500 blessés, procédé au transfert de personnes grièvement blessées vers des structures médicales, et récupéré les corps de 50 personnes décédées. À Abyan, Al-Dahle et Aden, ils ont pris en charge environ 140 blessés et récupéré les dépouilles de sept personnes.
  • À Taïz, la Croix-Rouge allemande a apporté son soutien à 30 volontaires du Croissant-Rouge du Yémen, qui ont prodigué les premiers secours à plus d’une centaine de blessés et transporté quatre corps vers des hôpitaux. La Société nationale allemande a en outre fourni du matériel de premiers secours à la section locale du Croissant-Rouge.
  • Une équipe chirurgicale du CICR a opéré 30 personnes grièvement blessées, toutes venues d’Abyan, à l’exception de trois d'entre elles.
  • Le CICR et le Croissant-Rouge du Yémen ont distribué des vivres et des articles ménagers de première nécessité à plus de 66 500 personnes, dont beaucoup de déplacés, à Abyan et Lahj.

Autres activités au Yémen

Le CICR a :

  • veillé à ce que plus de 1 400 000 personnes touchées par la violence dans les gouvernorats de Sanaa, Aden, Abyan, Lahj, Saada et Amran disposent de suffisamment d’eau potable, en remettant en état des puits dans des mosquées, en acheminant de l’eau par camion et en fournissant du diesel pour alimenter les générateurs nécessaires, entre autres ;
  • distribué des rations alimentaires pour un mois et des articles d’hygiène à 22 400 habitants de la vieille ville de Sanaa, et à 7 000 personnes vivant dans des camps de déplacés, ainsi que des rations alimentaires pour deux mois et des articles ménagers de première nécessité à plus de 1 700 anciens déplacés qui étaient retournés dans leurs villages d'origine ;
  • visité plus de 70 personnes détenues par suite des derniers affrontements survenus à Sanaa, afin d'évaluer leurs conditions de détention, et apporté son soutien à 14 familles pour qu'elles puissent rendre visite à leurs proches incarcérés dans des lieux de détention à Sanaa, Taïz et Ibb.
  • organisé 23 appels téléphoniques et 12 liaisons par visioconférence entre des personnes détenues à Guantanamo Bay (Cuba) ou à Bagram (Afghanistan) et leurs familles vivant au Yémen.  

Informations complémentaires :
Rabab Al-Rifaï, CICR Sanaa, tél. : +967 1 213 844 ou +967 711 94 43 43
Hicham Hassan, CICR Genève, tél. : +41 22 730 25 41 ou +41 79 536 92 57


Photos

7.10.2011. De jeunes Yemenites dans école transformée en camp pour personnes déplacées à Aden.  

7.10.2011. De jeunes Yemenites dans une école transformée en camp pour personnes déplacées à Aden.
© Reuters

25.10.2011. Wounded anti-government protesters are being rushed to a makeshift clinic after clashes with police in Sana'a.  

25.10.2011. Des manifestants blessés sont évacués dans une clinique de fortune à Sanaa.
© Reuters / K. Al Mahdi

Sanaa, 24.09.2011. Le CICR et le YRCS, répondant à un appel, sont venus récupérer des cadavres au carrefour de Kentucky, théâtre de violents affrontements. 

Sanaa, 24.09.2011. Le CICR et le YRCS, répondant à un appel, sont venus récupérer des cadavres au carrefour de Kentucky, théâtre de violents affrontements.
© CICR / A. M. Ammar / ye-e-00754