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Yémen : des équipes médicales luttent pour sauver des vies dans une situation de violence qui s'aggrave

09-12-2011 Point sur les activités

Des personnes continuent de mourir au Yémen, malgré l'accord passé entre le gouvernement et l'opposition. L'escalade de la violence à Taïz et ailleurs touche les services médicaux et d'autres services essentiels. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et le Croissant-Rouge du Yémen font tout leur possible pour sauver des vies.

Des affrontements intenses ont lieu dans toutes les rues et les habitations de Taïz, la troisième ville du Yémen. Des explosions se sont produites tous les jours à Taïz pendant plusieurs semaines, et les combats ont fait des dizaines de morts et de blessés au cours des derniers jours seulement.

« La flambée de violence à Taïz a aggravé la situation humanitaire dans la ville », déclare Eric Marclay, chef de la délégation du CICR au Yémen. « Il devient de plus en plus difficile d'accéder en toute sécurité aux services de base, et la vie quotidienne est pratiquement paralysée. De nombreux magasins qui vendent des produits de première nécessité ont fermé en raison des combats, et les routes sont bloquées. Il est extrêmement dangereux de circuler dans une grande partie de la ville. »

Les secouristes risquent leur vie pour sauver la vie d'autres personnes

« Malheureusement, certaines personnes qui sont mortes seraient encore en vie si les combattants avaient laissé passé les ambulances qui les transportaient à l'hôpital. De plus, les structures médicales ont été la cible d'attaques à plusieurs occasions, indique E. Marclay. Il devient de plus en plus difficile pour les blessés de se faire soigner, et les attaques visant les ambulances signifient que même le transport jusqu'à l'hôpital peut être fatal, à la fois pour les patients et les secouristes. »

Camillo Oscar Avogadri coordonne les opérations médicales du CICR au Yémen. « Le Croissant-Rouge du Yémen et d'autres équipes médicales travaillent 24 heures sur 24 pour récupérer les blessés et apporter les premiers secours sur place, explique-t-il. Chaque jour qui passe, c'est de plus en plus dur, surtout parce qu'il y a rarement un moment de calme. Et pour corser le tout, les gens ont peur d'aller à l'hôpital pour se faire soigner, car certains hôpitaux ont été touchés dans les combats qui ont fait rage ces dernières semaines. Le fait que les hôpitaux ont subi des dommages fait très peur, tant aux personnels de santé qu'aux patients. Plus aucun endroit ne semble sûr à présent », ajoute-t-il.

Le CICR a envoyé à Taïz une équipe médicale, ainsi que du matériel médical et des médicaments, et les médecins du CICR aident leurs collègues yéménites à réaliser des dizaines d'opérations, souvent complexes, sur des personnes blessées par balle ou qui présentent des blessures causées par d'autres armes.  

Le CICR fournit de l'eau, des vivres et des médicaments malgré les obstacles

Des milliers d'habitants du village de Dammaj, dans le gouvernorat de Saada (nord du pays), n'ont pas du tout accès aux produits essentiels, y compris les médicaments. Le chef de la délégation du CICR au Yémen explique : « Le CICR a finalement réussi à entrer dans Dammaj début décembre. Cela veut dire que nous avons pu apporter une aide humanitaire de base, à savoir vivre et articles médicaux, et faciliter le transfert de plusieurs blessés vers un hôpital de la ville de Saada ».

Les habitants du district d'Arhab, dans le nord du gouvernorat de Sanaa, manquent cruellement de soins médicaux et d'autres types d'assistance. Actuellement, le CICR ne peut pas pénétrer dans cette zone, mais il s'entretient avec toutes les parties concernées en vue d'en obtenir l'accès.

Dans le gouvernorat d'Abyan (sud du pays), l'institution a multiplié les distributions d'eau, de vivres, de matériel médical et de médicaments aux personnes touchées par les combats.

Le CICR et les Sociétés nationales fournissent des soins vitaux aux blessés

• À Sanaa, les volontaires du Croissant-Rouge du Yémen soutenus par le CICR ont dispensé les premiers secours à plus de 2 000 victimes, transféré les cas graves aux structures médicales et enlevé au moins 17 corps.

• À Taïz, la Croix-Rouge allemande a soutenu 30 volontaires du Croissant-Rouge du Yémen, qui ont donné les premiers secours à près de 300 blessés et transféré 18 corps dans des hôpitaux.
• Dans les gouvernorats d'Abyan, d'Al-Dhale et d'Aden, le CICR a soutenu les volontaires du Croissant-Rouge du Yémen, qui ont procuré les premiers secours à plus d'une centaine de blessés et enlevé six corps. Il a également fourni du matériel de premiers secours aux sections du Croissant-Rouge de ces régions et aidé les sections d'Al-Dhale et d'Aden à former plus de 80 personnes aux premiers secours.

• Une équipe chirurgicale du CICR a réalisé des dizaines d'opérations dans plusieurs hôpitaux d'Aden, d'Amran et de Taïz.

Le CICR soutient les médecins yéménites

Au cours du dernier mois, le CICR a :

• fourni du matériel médical et des médicaments aux hôpitaux d'Abyan, de Lahj et de Taïz pour les aider à soigner des dizaines de blessés ;
• fait don de gaze, de bandages, de coton, de gants et d'antiseptiques à l'hôpital de campagne d'Al-Hassaba, nord de Sanaa ;
• fourni du matériel médical et des médicaments à l'hôpital de campagne du district d'Arhab pour lui permettre de soigner des dizaines de blessés ;
• procuré du matériel médical et des médicaments à un hôpital privé du gouvernorat d'Amran (prenant en charge les personnes transférées du district d'Arhab) pour lui permettre de soigner des dizaines de personnes blessées par arme ;
• fourni des assortiments de pansements, des solutions intraveineuses, des analgésiques et des antibiotiques au village de Dammaj, dans le gouvernorat de Saada, et facilité le transfert de 12 personnes du village à l'hôpital de la ville de Saada ;
• aidé le ministère de la Santé à vacciner près de 3 400 enfants de moins de 5 ans contre la rougeole, dans le district de Harf Sufyan, gouvernorat d'Amran ;
• organisé un atelier sur la chirurgie de guerre à l'intention de 50 membres du personnel de la faculté de médecine et d'infirmerie de l'université d'Aden ;
• organisé un autre atelier sur la gestion d'un grand nombre de victimes, à l'intention d'une quarantaine de médecins d'un hôpital de Sanaa.

Informations complémentaires :
Rabab Al-Rifaï, CICR Sanaa, tél. : +967 1 213 844 ou +967 711 94 43 43
Hicham Hassan, CICR Genève, tél. : +41 22 730 25 41 ou +41 79 536 92 57


Photos

Sanaa, Yemen. Un homme blessé lors des récentes violences est soigné.  

Sanaa, Yémen. Un homme blessé lors des récentes violences est soigné.
© Reuters / L. Larbi / RTR2TTPI

Al-Hassaba, Nord de Sanaa, Yémen. Une équipe du CICR et du Croissant-Rouge du Yemen récupère un corps. 

Al-Hassaba, Nord de Sanaa, Yémen. Une équipe du CICR et du Croissant-Rouge du Yemen récupère un corps.
© ICRC / M. Ammar

Hart Sufyan, Yémen. Un employé du ministère de la Santé vaccine une petite fille contre la polio, dans le cadre d'une campagne visant à vacciner 3 4000 enfants de moins cinq ans. 

Hart Sufyan, Yémen. Un employé du ministère de la Santé vaccine une petite fille contre la polio, dans le cadre d'une campagne visant à vacciner 3 4000 enfants de moins cinq ans.
© ICRC / S. Abdulelah