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Côte d'Ivoire : un retour plein d'incertitudes

31-08-2012 Point sur les activités

Dans l'ouest rural, les tensions persistent et les personnes touchées par le récent conflit restent souvent vulnérables, notamment une fois de retour chez elles après avoir été déplacées. Le CICR a permis à 5 000 d'entre elles de retrouver une maison. Il améliore aussi l'accès des communautés aux soins de santé, réunit les enfants séparés de leurs parents et visite des détenus.

« Aujourd'hui, les déplacés et réfugiés rentrent progressivement chez eux, mais ce retour est souvent difficile », affirme Dominique Liengme, cheffe de la délégation du CICR à Abidjan. « Ces personnes ont souvent besoin d'aide pour reconstruire leurs maisons et reprendre une activité économique qui leur permette de subvenir à leurs besoins. » Les efforts du CICR visent principalement à ce que les communautés les plus vulnérables dans l'ouest du pays recouvrent leur autosuffisance.

Retrouver un toit

Dans les villages proches de Blolequin, Bin-Houyé, Zouan-Hounien et Sago, de très nombreuses maisons ont été détruites pendant le conflit. En coopération avec la Croix-Rouge de Côte d'Ivoire, le CICR a construit 540 nouvelles maisons et réhabilité 260 autres maisons. Quelque 5 000 personnes rentrées chez elles ont donc retrouvé un toit. Les derniers travaux de charpente et la remise des clés pour les derniers bénéficiaires auront lieu d'ici mi-septembre.

Soins de santé pour les communautés

« La population vivant au nord de Blolequin ne dispose toujours pas d'accès à des centres de santé », poursuit Mme Liengme. « Afin d'assurer un service médical minimal, nous mettons à disposition, avec la Croix-Rouge de Côte d’Ivoire, une structure médicale mobile qui a assuré plus de 30 000 consultations depuis janvier. » Plus de 7 500 doses de vaccins ont été administrées aux enfants de moins de cinq ans et aux femmes enceintes.

Le CICR a réhabilité et équipé l’hôpital de Blolequin et le centre de santé à Péhé (région de Toulepleu). Il a aussi régulièrement fourni des médicaments, du matériel et des articles médicaux à usage unique aux hôpitaux de Blolequin et Toulepleu, ainsi qu'aux trois centres de santé de Zéaglo, Doké et Sahibli.

Réunification familiale

« Pour les nombreuses familles dispersées lors du conflit, rétablir le contact avec leurs proches est une priorité, mais elles ne peuvent souvent pas y parvenir seules, surtout les enfants », dit Mme Liengme.

En collaboration avec le CICR, les volontaires des Sociétés nationales de Côte d’Ivoire, du Libéria et de Guinée ont permis à ces personnes de contacter leurs familles par téléphone ou par message et de leur faire savoir qu’elles sont en vie. Depuis la fin de la crise postélectorale, quelque 560 enfants séparés ont pu rétablir le contact avec leurs parents. Le CICR a aussi réuni plus de 130 enfants avec leurs familles. Par ailleurs, il effectue des démarches afin d’élucider le sort des personnes toujours disparues.

Initiatives micro-économiques pour des femmes seules avec des enfants

Dans les villes de Blolequin et Duékoué, 80 femmes ont bénéficié de projets générateurs de revenus qu'elles-mêmes ont conçu. Ayant des enfants à charge et un conjoint absent, elles sont devenues chef de famille. Moyennant un soutien financier et une formation en gestion, le CICR leur donne la possibilité de créer une micro-entreprise, ce qui leur garantit des revenus réguliers et leur permet de subvenir aux besoins de leur famille. Les initiatives couvrent diverses activités commerciales (vente de poissons ou de condiments, production de savon artisanal ou d'aliments à base de manioc).

Assistance aux agriculteurs

Plus de 60 000 personnes dans l'ouest du pays ont bénéficié du nettoyage de leurs plantations de cacao et de café envahies par la broussaille. « Ces champs ont souffert du manque d'entretien, de nombreux planteurs ayant dû fuir pendant le conflit », explique Mme Liengme. « Ce nettoyage permettra un meilleur rendement agricole. » Le CICR a facilité le nettoyage de plus de 13 000 hectares de champs dans les départements de Blolequin, Toulepleu et Zouan-Hounien.

De plus, 32 700 personnes rentrées chez elles ont bénéficié d’une distribution de semences (riz, maïs), d’outils (houes) et de vivres (riz, haricots, huile et sel) dans les départements de Toulepleu, Blolequin, Bangolo, Danané et Sassandra (Sago).

Visites aux personnes détenues

Entre janvier et fin juillet 2012, le CICR a effectué 62 visites dans 51 lieux en faveur de 5 200 détenus en Côte d'Ivoire. Les délégués ont suivi individuellement près de 280 détenus arrêtés en relation avec la crise postélectorale et des personnes vulnérables (indigents, femmes et mineurs).

La réouverture progressive des prisons après le conflit offre au CICR la possibilité de discuter avec les autorités – souvent nouvellement nommées – sur les moyens d’améliorer les conditions de détention, en particulier l’accès à la nourriture et aux soins de santé. Le CICR travaille de manière prioritaire dans sept maisons d’arrêt, couvrant ainsi environ 75% de la population carcérale en Côte d’Ivoire.

Formations de volontaires de la Croix-Rouge de Côte d'Ivoire

En 2012, plus de 250 volontaires ont bénéficié d’une formation du CICR, notamment en premiers secours. Les volontaires, ainsi formés, ont à leur tour sensibilisé 7 600 ménages aux mesures d'hygiène, au traitement de l'eau, au VIH-SIDA ou aux feux de brousse afin d'améliorer l’état sanitaire et les conditions de vie de leurs communautés.

Le CICR est présent en Côte d’Ivoire depuis 1989. La délégation régionale d’Abidjan couvre également le Ghana, le Togo, le Bénin et le Burkina Faso.

 

Informations complémentaires :
Layal Horanieh, CICR Abidjan, tél. : +225 93 99 404


Photos

Toulepleu, région du Cavally, Côte d’Ivoire, janvier 2012. Des villageois célèbrent le retour de leurs enfants, après des mois de séparation. 

Toulepleu, région du Cavally, Côte d’Ivoire, janvier 2012. Des villageois célèbrent le retour de leurs enfants, après des mois de séparation. Dans la panique engendrée par la crise postélectorale, les enfants avaient fui au Libéria.
© VGTRK / V. Duplich

Diboké, département de Bloléquin, Côte d’Ivoire, 10 janvier 2012. Remise des clés des maisons construites par le CICR pour les sinistrés de la crise postélectorale de 2011. 

Diboké, département de Bloléquin, Côte d’Ivoire, 10 janvier 2012. Remise des clés des maisons construites par le CICR pour les sinistrés de la crise postélectorale de 2011.
© CICR / J. Koffi / v-p-ci-e-00308

Bloléquin, région du Cavally, Côte d’Ivoire, novembre 2011. Une déléguée eau et habitat du CICR explique les procédures de gestion des stocks à des volontaires de la Croix-Rouge de Côte d'Ivoire. 

Bloléquin, région du Cavally, Côte d’Ivoire, novembre 2011. Une déléguée eau et habitat du CICR explique les procédures de gestion des stocks à des volontaires de la Croix-Rouge de Côte d'Ivoire.
© M. Henseler

Bloléquin, région du Cavally, Côte d’Ivoire, novembre 2011. Le CICR et des volontaires de la Croix-Rouge de Côte d'Ivoire inspectent une fabrique artisanale de briques. 

Bloléquin, région du Cavally, Côte d’Ivoire, novembre 2011. Le CICR et des volontaires de la Croix-Rouge de Côte d'Ivoire inspectent une fabrique artisanale de briques.
© M. Henseler / v-p-ci-e-00310

Bloléquin, région du Cavally, Côte d’Ivoire, novembre 2011. Maison détruite pendant la crise postélectorale. 

Bloléquin, région du Cavally, Côte d’Ivoire, novembre 2011. Maison détruite pendant la crise postélectorale.
© M. Henseler

Sago, région du Gbokle, Côte d’Ivoire, novembre 2011. Livraison de bois pour la reconstruction de maisons détruites pendant la crise postélectorale. 

Sago, région du Gbokle, Côte d’Ivoire, novembre 2011. Livraison de bois pour la reconstruction de maisons détruites pendant la crise postélectorale.
© M. Henseler / v-p-ci-e-00311

Diboké, région du Cavally, Côte d’Ivoire, octobre 2011. Une maison est reconstruite en étroite collaboration avec des artisans locaux. 

Diboké, région du Cavally, Côte d’Ivoire, octobre 2011. Une maison est reconstruite en étroite collaboration avec des artisans locaux.
© F. Colloni